Juin 2022 - Nouvelle mandature : VAL’HOR partage ses convictions

Les recommandations de la filière pour la nouvelle mandature ont été présentées à des décideurs publics et privés dans le cadre d’un déjeuner débat à Jardins jardin le 9 juin dernier.

Elles s’articulent autour de quatre convictions fortes :

  • ‌La filière joue un rôle central dans la transition écologique. Il faut donc donner sa place au végétal en tous lieux et en toutes circonstances.
  • ‌Elle est une filière d’excellence, compétitive et qui se renforce.
  • ‌Elle s’inscrit dans les politiques de relance française et européenne.
  • ‌Cette filière propose en outre des emplois nombreux, en phase avec les aspirations pour des métiers qui ont du sens.


> À partir du 15 septembre : Téléchargez la brochure « Nos convictions »

 

Un message de VAL’HOR adressé aux pouvoirs publics :

« Faisons alliance…

Deux scrutins ont inscrit l’année 2022 dans un nouveau cycle de réflexions politiques. Place maintenant à l’action.

Dans ce contexte particulier, la filière des professionnels du végétal rassemblés au sein de l’Interprofession VAL’HOR témoigne de son engagement pour garantir la transition écologique, énergétique et solidaire de notre pays.

Ainsi nous souhaitons partager quatre de nos plus fortes convictions. Notre filière joue un rôle central dans la transition écologique. Il faut donner sa place au végétal en tous lieux et en toutes circonstances. Elle est une filière d’excellence, compétitive et qui se renforce.  Elle s’inscrit dans les politiques de relance française et européenne. Cette filière propose en outre des emplois nombreux, en phase avec les aspirations pour des métiers qui ont du sens.

Faisons alliance pour développer des territoires résilients, conçus autour d’infrastructures vertes, socles de la ville nature. Faisons alliance pour rapprocher les citoyens de la nature, en réponse à leur aspiration révélée pendant et après les confinements. Faisons alliance pour mettre en lumière des métiers non délocalisables et qui donnent un sens à la vie. Faisons alliance pour soutenir les hommes et les femmes de la filière, acteurs de la vie économique et sociale de nos cœurs de ville, de nos petites villes de demain et de villages de l’agenda rural. Faisons alliance pour garantir un avenir dans un environnement plus sain aux futures générations.

Nous sommes persuadés que vous partagez ces ambitions.
Les 52 000 entreprises de la filière, qui produisent, vendent et mettent en œuvre le végétal, s’engagent déjà dans leur transition numérique et technologique au service de la performance environnementale. Elles ont besoin de soutien pour rappeler que le végétal est essentiel à la vie et que le travail du Vivant impose de relever de nombreux défis et en appelle à des métiers qualifiés et spécialisés. 
Apprenez à mieux nous connaître, à nous comprendre, et vous découvrirez toutes les forces du végétal ! »

Catherine MULLER, Présidente de VAL’HOR, l’Interprofession de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage – Mai 2022

 

CONVICTION #1: La filière joue un rôle central dans la transition écologique. Place au végétal en tous lieux ! 

Ces mesures rappellent le rôle que doit jouer la filière du végétal dans la transition écologique et solidaire. Elle doit pour cela être accompagnée par les pouvoirs publics dans sa transformation comme dans l’amélioration de ses pratiques.

NOS PROPOSITIONS  :

1- Faire de la filière un acteur de premier plan de la transition écologique

  • ‌Généraliser l’adoption de plans de paysage pour la transition écologique et solidaire
  • ‌Expérimenter des plans de paysage agricoles

Comment ?

La filière du végétal a, par essence, la capacité de contribuer à la transition écologique et solidaire dans ses différents aspects : environnemental, économique et social.

Sur tous ces plans, le végétal est pourvoyeur de bienfaits. Capteur de carbone, il permet de lutter contre le réchauffement climatique. Grâce à ses propriétés, il participe au rafraîchissement de l’air et aide ainsi à s’adapter aux conséquences déjà perceptibles de la montée des températures. Le végétal est également central dans la gestion de la qualité des sols. De plus, il constitue un moyen de préserver la biodiversité et les espaces naturels, tout en créant des lieux plus agréables à vivre pour leurs habitants et en favorisant l’amélioration du tissu social. Enfin, la filière horticole a la capacité d’encadrer la transition du secteur agricole vers des pratiques plus vertueuses. 

Le végétal est indispensable à une transition écologique et solidaire pérenne. Les professionnels de la filière disposent de compétences techniques clés qu’il convient de mettre au service de cette transition. Des outils doivent donc être déployés pour promouvoir l’intégration de ces derniers dans tous les projets en lien avec la transition écologique et solidaire. À titre d’exemple, l’adoption généralisée de « plans de paysage pour la transition écologique et solidaire » par les 1 251 intercommunalités de France permettrait d’affirmer la valeur du paysage et de favoriser la mise en œuvre de projets concertés. L’expérimentation de plans de paysage agricoles aiderait quant à elle à accélérer la transition agroécologique. La collaboration entre les différentes branches du végétal ainsi qu’avec les pouvoirs publics doit permettre de créer des synergies favorisant un développement durable, respectueux de l’environnement et socialement vertueux. 


2- Accompagner les entreprises dans leur transition écologique

  • ‌Soutenir les projets autour des énergies renouvelables, et plus largement, les investissements lourds mais indispensables à la transition énergétique des entreprises.
  • ‌Accorder un délai réaliste de transition du parc de véhicules de la filière.

Comment ?

S’il est indéniable que les professionnels du végétal doivent contribuer à la transition écologique, les pouvoirs publics doivent les accompagner dans ce processus afin de ne pas fragiliser la filière. En effet, la décarbonation des entreprises horticoles requiert de leur part des investissements lourds qu’elles auront du mal à assumer seules. De la mise en œuvre de mécanismes de soutien ciblés à destination du secteur horticole dépendent donc l’efficacité et la durabilité de la transition écologique. Les pouvoirs publics disposent d’ores et déjà de nombreux outils de soutien à l’investissement (crédits d’impôts, subventions, avances remboursables…) qu’il convient d’adapter aux besoins des entreprises du végétal.

La création d’un fonds spécifique à la filière, qui s’appuierait sur les différents instruments cités ci-dessus, serait une initiative pertinente. Ce fonds doit permettre de soutenir systématiquement les entreprises dans la mise en œuvre de dispositifs environnementaux, dès lors que ces derniers nécessitent des investissements lourds pour les opérateurs économiques. Il serait bienvenu d’amplifier le soutien aux projets d’énergie renouvelable afin d’accompagner la filière vers une moindre dépendance aux énergies fossiles. La mise en place d’un régime d’imposition spécial pour les activités annexes, comme le photovoltaïque et la méthanisation, est également à encourager. 

Au-delà du financement, la question de la temporalité est importante. Concernant le verdissement des véhicules de transport, par exemple, il ne pourra être rendu obligatoire qu’une fois un nombre suffisant de stations de recharge implanté et les aides à destination des professionnelles simplifiées et clarifiées. Il est nécessaire d’accorder suffisamment de temps aux entreprises pour entreprendre toutes les transformations nécessaires, sans quoi la transition, faite dans la précipitation, ne pourra être pérenne.


3 – Mettre le végétal et ses bienfaits au cœur des politiques publiques de développement des territoires

  • ‌Faire du végétal la composante essentielle de l’aménagement du territoire
  • ‌Mettre en œuvre un nouveau plan Pour la Nature en Ville pour soutenir financièrement les collectivités
  • ‌Renouer avec le respect et la renaturation des sols
  • ‌Incorporer les enjeux de biodiversité dans la RE2020


 
4- Rendre accessible les espaces végétalisés pour tous

  • ‌Faire baisser la fiscalité du consommateur pour l’achat de végétaux et la réalisation de travaux paysagers
  • ‌Soutenir les actions de végétalisation des villes

Comment ?

En 2018, 92% des Français estimaient qu’il « n’y [avait] pas assez de nature en ville ». À la suite de la pandémie de Covid et de ses confinements successifs, il y a fort à parier que ce plébiscite en faveur du verdissement urbain se soit encore renforcé. De la conception à la rénovation, en passant par la réalisation, les différentes étapes d’élaboration d’un projet urbain doivent être redéfinies pour inclure « l’Intelligence Nature ».

Les bénéfices à tirer d’une telle transformation sont nombreux : l’intégration du végétal dans les projets urbains permettra de rafraîchir la ville, de préserver la biodiversité, de désenclaver certains quartiers ou encore de revitaliser le centre-ville. Végétaliser la ville est donc loin d’être une variable d’ajustement : c’est une solution concrète aux enjeux d’ordre social, économique, sanitaire et environnemental qui sont aujourd’hui constatés dans les espaces urbains.
 
Les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer pour promouvoir la végétalisation des espaces urbains. La mise en œuvre d’un plan national « Pour la nature en ville », sur le modèle du Programme Action Cœur de Ville permettrait de soutenir financièrement, via des mécanismes fiscaux incitatifs, les collectivités désireuses d’investir dans des projets de végétalisation de leurs espaces. Le développement d’une feuille de route sur la ville verte à l’échelle nationale, qui serait portée par les ministères concernés, servirait en parallèle à accompagner les territoires dans leur transition, en partageant les bonnes pratiques notamment.

Le secteur du bâtiment doit également être une cible de ce mouvement de verdissement, en intégrant en son sein les considérations relatives à la biodiversité. Incorporer les enjeux de biodiversité à la « réglementation environnementale 2020 des bâtiments neufs » (RE2020) pousserait le secteur à adopter des pratiques plus vertueuses. La promotion des labellisations, certifications et normalisations en lien avec la nature en ville ainsi que le conditionnement des aides d’État au respect de critères environnementaux et de biodiversité constituent d’autres outils pour verdir le secteur du bâtiment.

Enfin, les professionnels du végétal, dont les compétences techniques leur permettent de maîtriser les fonctions « naturelles » et de les penser en système, doivent être mobilisés. En créant des synergies et passerelles entre le public et le privé, il est possible d’assurer un verdissement urbain viable et pérenne, où la nature retrouve son droit de cité. Et qu’il soit fait place au végétal en tous lieux.

CONVICTION #2: Une filière d’excellence , pourvoyeuse d’emplois, compétitive et qui se renforce.

Ces propositions traitent du soutien que les pouvoirs publics doivent apporter à la filière du végétal pour en faire une filière d’excellence, compétitive et pourvoyeuse d’emplois en soutien aux efforts qu’elle déploie pour assurer son renforcement.


NOS PROPOSITIONS : 

5 – Soutenir la compétitivité de la filière de l’horticulture et du paysage

  • ‌Reconnaître les organisations de producteurs de la filière éligibles aux programmes opérationnels européens.
  • ‌Mettre fin aux distorsions de concurrence
  • ‌Encourager les entreprises par un cadre bancaire et d’assurances favorable

Comment ?

La filière végétale souffre, à l’image de l’agriculture française, d'un recul net de sa compétitivité. Cette absence de compétitivité se traduit par un déficit commercial record de 1,1 milliard d'euros. La filière exportatrice repose aujourd’hui uniquement sur certaines niches d’excellence.

Il importe donc de donner à la filière végétale les moyens de retrouver sa compétitivité notamment par des allégements ou suppressions d’impôts de production, comme la C3S. La simplification des démarches pour obtenir des aides dont pourraient bénéficier les horticulteurs et producteurs doit être encouragée et approfondie.

Dans l’optique d’une compétitivité retrouvée, VAL’HOR plaide pour mettre fin aux distorsions de concurrence qui ont lieu entre les différents États membres. De nouvelles dispositions européennes ou nationales qui viendraient introduire des distorsions nuiraient à la filière et doivent être proscrites. À l'inverse, intégrer les normes et labels dans la négociation d’accords commerciaux permettrait une concurrence plus juste tout en donnant leur chance à des produits de qualité et respectueux de l’environnement.

La filière végétale se caractérise par un niveau de capitalisation élevé qui témoigne de la nécessité d’importants investissements. Les crises climatiques et structurelles qui frappent le secteur de l’horticulture rendent frileux le secteur bancaire. Pour retrouver des conditions favorables d’emprunt nécessaires à la compétitivité du secteur de la production horticole, le soutien et la coopération du secteur bancaire sont nécessaires.


6- Valoriser l’excellence des produits végétaux et des services de la filière

  • ‌Inciter les pouvoirs publics à encourager les achats responsables et l’utilisation de produits labellisés ou le recours à des prestations certifiées, par exemple Fleurs de France, Plante Bleue, Qualipaysage
  • ‌Amener l’État à soutenir l’excellence de l’horticulture française et à s’en faire le porte-voix

Comment ?

La filière du végétal renouera avec la croissance et la compétitivité en réaffirmant l’excellence des produits et des services qu’elle propose. À l’instar de plusieurs secteurs français reconnus pour leur excellence et le savoir-faire qu’ils requièrent, l’horticulture, la fleuristerie et le paysage français ont des atouts uniques à faire valoir.

Le rôle de l’État est structurant pour faire reconnaître la filière du végétal comme une filière de qualité supérieure qui emploie des hommes et des femmes aux savoir-faire professionnels d’excellence. La variété des métiers qui la composent, de l’amont à l’aval, en fait une filière aux compétences multiples, ce qui participe à sa richesse. Ce sont ces emplois qui soutiennent le dynamisme et le potentiel économique de la filière.
L’État doit s’emparer de son rôle et se faire le porte-voix de l’excellence de l’horticulture française et de ses savoir-faire.  
Il incombe à la filière et aux pouvoirs publics d’encourager des achats plus responsables. Dès lors, la mise en place de garanties certifiant l’origine, la qualité ou la soutenabilité des produits végétaux permettrait d’insister sur l’excellence de ces derniers et opérerait une différenciation hors prix.


7- Transformer la commande publique en levier de soutien à la filière

  • ‌Assouplir le droit de la commande publique pour faciliter l’accès des TPE et PME aux marchés, notamment par l’allotissement

Comment ?

Afin de répondre à la demande de la population en faveur de villes plus vertes VAL’HOR plaide pour la création d’un plan national pour aider et accompagner les collectivités dans leurs projets de végétalisation. Ce plan comporterait un programme de soutien financier à destination des collectivités pour leurs projets visant à végétaliser leurs espaces.
La mise en place de ce plan doit s’accompagner de l’assouplissement du droit de la commande publique pour favoriser la participation des entreprises locales aux appels d'offres. VAL’HOR insiste également sur la nécessité de garantir l’accès aux marchés publics pour les TPE et PME. Essentielles dans le tissu économique de nos territoires, ces petites et moyennes entreprises ont besoin du soutien de la commande publique.
La filière horticole est pourvoyeuse d’emplois locaux, non délocalisables et est créatrice de valeur au sein de nos territoires. La commande publique de végétaux s’inscrit parfaitement dans le contexte actuel du localisme et de demande pour davantage de circuits-courts. En favorisant les producteurs et artisans les plus vertueux, les pouvoirs publics pourraient orienter les pratiques et tirer l’ensemble de la filière vers le haut. VAL’HOR recommande de redynamiser et valoriser les chartes d’achat local pour favoriser l’approvisionnement local et de qualité.


8- Placer la filière de l’horticulture et du paysage au centre des politiques publiques

  • ‌Évaluer les propositions législatives et réglementaires avec une approche globale, en matière d’impacts sur l’économie de la filière.
  • ‌Considérer les représentants de la filière de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage comme parties prenantes essentielles des travaux législatifs et réglementaires concernant le végétal et ses usages.
  • ‌Créer un indicateur précis sur la balance commerciale en matière de produits horticoles

Comment ?

La filière du végétal – horticulture, fleuristerie, paysage - , par la place centrale qu’elle occupe, est affectée par de nombreuses politiques publiques, qu’elles traitent d’urbanisation, de souveraineté, d’écologie, ou encore d’agriculture. Pourtant, les enjeux de la filière ne sont que rarement pris en compte lors de l’élaboration de ces lois qui peuvent entraîner des conséquences importantes sur l’industrie horticole et son équilibre.  
Si certaines politiques publiques peuvent sembler a priori sans effet sur la filière du végétal, il importe pourtant de veiller aux conséquences « en cascade » qu’ont certaines décisions sur la filière. VAL’HOR interpelle les autorités sur la cohérence des politiques publiques notamment en matière de foncier et de bâti, secteurs dont l’impact sur le secteur horticole est considérable. 
VAL’HOR plaide pour une approche de l’horticulture et du paysage comme matrices de la décision publique. Il y a là un paradoxe entre un plébiscite des Français pour davantage de végétal et l’absence de considération des enjeux de la filière lors des prises de décision. La création d’un comité d’évaluation des propositions législatives et réglementaires sur le secteur de l’horticulture répondrait à cet enjeu. Ce comité offrirait une approche systémique de l’horticulture et lui donnerait la centralité qu’elle mérite.

 
9 – Simplifier et stabiliser le cadre juridique, fiscal et réglementaire : la filière repose sur des investissements qui s’inscrivent dans le temps long.

  • ‌Appliquer le droit européen sans surtransposition​ excessive
  • ‌Faciliter les aides « à la source » afin de bénéficier de tous les soutiens existants 
  • ‌Simplifier les démarches administratives

Comment ?

La filière horticole repose sur des investissements importants qui s’inscrivent dans le temps long. Les choix stratégiques des entreprises les engagent sur plusieurs années. Seul un cadre juridique, fiscal et réglementaire stable permettra aux entreprises de se développer sereinement, contribuant ainsi à la compétitivité de la filière. 
Pour ce faire, il importe de prendre des mesures instaurant une réelle sécurité juridique. La réglementation européenne doit être stabilisée et appliquée de manière uniforme. Les sur-transpositions à outrance doivent être évitées et des mesures de compensation prises en l’absence d’harmonisation. À la suite de la publication d’une nouvelle loi, un temps d’adaptation doit être accordé aux entreprises de la filière afin de leur permettre d’engager sereinement leurs transformations.

CONVICTION #3 : La filière s’inscrit dans les politiques de relance proposées par la France et l’Europe.

Ces propositions visent à promouvoir l’innovation au sein de la filière horticole, qui nécessite le drainage de flux financiers publics et privés et le partage de connaissances entre les différents acteurs. L’impératif de qualité qui pèse sur la filière impose également la sécurisation de l’accès à l’eau comme à des moyens de protection des cultures renforcés.

NOS PROPOSITIONS : 

10- Accompagner la filière du végétal dans la transition numérique, énergétique et écologique

  • ‌Soutenir la filière dans sa transformation digitale
  • ‌Encourager les efforts de la filière dans la décarbonation de ses activités, en considérant parallèlement les bénéfices procurés par le végétal, capteur de carbone pendant toute sa vie.

Comment ?

Le numérique est au cœur des politiques mises en œuvre par les pouvoirs publics, aux niveaux national et européen. Le plan de relance post-crise et le programme France 2030 lui accordent une place prépondérante. Les aides accordées par l’Union européenne à ses États membres dans le cadre du plan NextGenerationEU doivent également contribuer à la numérisation des économies européennes. Ainsi l’a résumé Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur : « Le numérique constituera un pilier de notre effort de relance ». Le contexte est donc favorable pour que le secteur du végétal accélère sa transition numérique. 
 

11- Favoriser l’innovation par un encouragement à l’investissement

  • ‌Amplifier l’usage du crédit d'impôt recherche, ainsi que les programmes d’investissement d’avenir (PIA)
  • ‌Identifier les projets de la filière dans France 2030

Comment ?

En tant que filière d’excellence, le secteur du végétal cherche sans cesse à se renouveler et s’inscrit dans une quête perpétuelle d’innovation. Un niveau élevé d’investissement est requis pour permettre à la filière horticole de financer sa R&D.

Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer pour soutenir l’innovation au sein de la filière. Dans cette optique, VAL’HOR appelle de ses vœux le déploiement massif de flux financiers publics visant la modernisation des outils de production et des capacités logistiques. Le crédit d'impôt recherche permet déjà de soutenir les entreprises engagées dans des démarches de R&D. Son usage doit être amplifié. Les différents dispositifs de financement public (Programmes d’investissement d’avenir (PIA), plan de relance, plan France 2030) constituent également des canaux intéressants.

De plus, un travail conjoint avec le secteur bancaire devra permettre de pallier les obstacles au financement privé qui persistent. Face aux aléas qui pèsent sur la filière horticole, les banques sont parfois frileuses à l’idée d’accorder des prêts aux professionnels du végétal. Des échanges constructifs entre les différentes parties prenantes pourraient contribuer à débloquer cette situation, afin d’assurer à la filière un niveau satisfaisant d’investissements. 


12- Développer les collaborations public-privé

  • ‌Favoriser les collaborations entre recherche publique et privée, notamment sur la robotisation, l’innovation variétale, le biocontrôle, le numérique, le recyclage et l’écoconception des emballages.
  • ‌Soutenir les études d’impact sur le changement climatique

Comment ?

Les collaborations entre les secteurs privé et public doivent être intensifiées afin de favoriser une recherche et une innovation partenariales. Chacun de ces secteurs dispose de ses propres ressources, atouts et compétences et une mise en commun permettrait d’accélérer le processus de recherche et d’innovation.

Le renforcement des dispositifs de financement public (Programmes d’investissement d’avenir (PIA), plan de relance, plan protéines, France 2030) doit contribuer à encourager les collaborations entre recherches publique et privée. Notamment, les programmes de recherche sur la robotisation, l’innovation variétale, le biocontrôle, le numérique et les emballages, doivent y être priorisés.

Les fruits de ces collaborations doivent ensuite se propager rapidement aux professionnels du végétal, qui en seront les utilisateurs au quotidien, via des canaux de transmission efficaces. Les transferts de compétences vers la production doivent être accélérés et les moyens d’accompagner les horticulteurs dans l’intégration des nouvelles innovations à leur activité clairement identifiés


13- Sécuriser l’accès à l’eau et renforcer la protection des cultures

  • ‌Accompagner les efforts déployés par la filière en matière d’usage raisonné de l’eau : assurer un accès à l’eau des entreprises de production
  • ‌Considérer l’importance d’un arrosage raisonné pour garder le végétal vivant, pour pouvoir bénéficier de tous les services qu’il rend une fois vendu et planté.
  • ‌Accompagner la transition vers des techniques nouvelles et écologiques de protection des cultures, notamment en matière de recherche d’alternatives aux produits phytosanitaires.

Comment ?

La préservation de la qualité des produits horticoles nécessite un accès à l’eau sécurisé et des moyens de protection des cultures efficaces. Les pouvoirs publics et les professionnels de la filière ont chacun un rôle à jouer : la sécurisation des ressources nécessaires à la production par les premiers ne dispense pas les seconds d’améliorer au maximum leurs pratiques.

Les pouvoirs publics doivent sécuriser l’accès à l’eau en favorisant les applications d’eau d’appoint à certains stades clés de la production. La mise en place de plans d’investissements publics doit permettre de développer des nouvelles techniques d’irrigation et de récupération et traitement des eaux. En parallèle, la filière du végétal doit s’engager à renforcer et promouvoir les bonnes pratiques, dans le but de contrôler sa consommation en eau. Cela requiert de mieux mesurer les besoins en eau des plantes, de recycler l’eau excédentaire, d’utiliser des systèmes d’arrosage plus efficients ou encore de développer le recours aux outils d’aide à la décision. Les pouvoirs publics devront accompagner cet effort déployé par la filière.

Concernant les produits de protection des cultures, leur utilisation doit être rationalisée. La recherche permettra de développer des solutions alternatives à l’utilisation de produits phytosanitaires, dont la protection biologique intégrée. Si la généralisation de ces techniques est souhaitable, elle ne doit pas se faire dans la précipitation, au risque de mettre la filière dans une situation d’impasse technique. L’interdiction de certains produits phytosanitaires doit donc être confrontée aux besoins réels et à l’existence de solutions alternatives efficaces et accessibles.

CONVICTION #4: La filière propose des emplois d’avenir, non délocalisables , en phase avec les aspirations pour des métiers qui ont du sens.

Ces propositions tentent de résoudre le problème d’attractivité et de recrutement auquel la filière horticole est confrontée dans son ensemble pour chacun de ses métiers. Il s’agit de valoriser ces métiers qui répondent aux enjeux et préoccupations actuelles et de mettre en place des mesures qui font correspondre l’offre de formation et la demande d’emplois des différents secteurs de la filière.   

NOS PROPOSITIONS :

14 – Mettre en avant les opportunités professionnelles de la filière du végétal

  • ‌Mettre en avant les formations en apprentissage sur les plateformes d’orientation au collège et au lycée
  • ‌Identifier les métiers de la filière sans les englober tous parmi ceux de l’agriculture au sens large
  • ‌Favoriser l’enseignement du vivant à l’école

Comment ?

La filière horticole n’échappe pas au vieillissement de la masse salariale qui touche l’ensemble du monde agricole et menace la transmission. Depuis 1980, le nombre d’exploitations agricoles a diminué de 3% par an en moyenne et le taux de remplacement des agriculteurs est aujourd’hui de 77%. Garantir l’avenir de la profession implique une meilleure communication sur les nombreuses opportunités professionnelles qu’offrent les entreprises horticoles.
Les entreprises de l’horticulture doivent avoir davantage d’occasions de présenter la variété de leurs métiers. C’est au cours de la formation au collège et au lycée que la sensibilité aux métiers du végétal doit être construite. Les centres de formation d’apprentis (CFA) et les entreprises doivent pouvoir présenter leurs offres de formation notamment aux élèves de 3ème. L’organisation de stages de découverte des métiers au sein d’entreprises horticoles doit également être encouragée.
Les régions, dont le rôle dans le soutien à la formation et à l’emploi est crucial, doivent également prendre part à cet effort. Un rendez-vous annuel organisé par les CREPOF serait l’occasion de communiquer sur les offres de formation disponibles au sein des territoires.            
Lors du choix d’études supérieures, les formations qui mènent aux métiers de l’horticulture sont peu visibles et peu connues. VAL’HOR souhaite que les offres de formation, notamment en apprentissage, soient davantage mises en avant sur les plateformes Affelnet et Parcoursup. L’offre de formation en alternance au sein des CFA doit jouir d’une visibilité nationale pour accroître l’attractivité des offres du secteur horticole. Enfin, au sein de l’enseignement agricole, les métiers et les filières horticoles doivent être davantage représentés.  


15– Former aux métiers de l’horticulture, du paysage et du commerce horticole

  • ‌Maintenir l’aide unique à l’apprentissage
  • ‌Renforcer le plan de valorisation de l’enseignement agricole pour les métiers de la filière
  • ‌Soutenir les projets de formations transversales : production, paysage, commerce

Comment ?

Outre la valorisation des métiers de l’horticulture, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures en faveur des formations qui préparent à ces métiers.  
La formation aux métiers de l’horticulture passe majoritairement par la voie de l’apprentissage. Il convient donc de soutenir et de revaloriser l’apprentissage. VAL’HOR demande le maintien de l’aide unique à l’apprentissage consacrée par la loi Avenir Pro ainsi que la majoration des montants pour la première année. De plus, les pouvoirs publics devraient tenir compte, à travers une exonération ou un crédit d’impôt, des investissements en faveur de l’apprentissage et de la formation déjà réalisés par les entreprises.     
VAL’HOR plaide pour une évaluation de l’impact réel de la contribution unique à la formation professionnelle pour les entreprises. Si le bilan n’est pas satisfaisant, les dispositifs et les fonds devront être réorientés vers d’autres systèmes d’aide. Enfin, le plan de valorisation de l’enseignement agricole pour les métiers du paysage doit être renforcé pour satisfaire pleinement ses objectifs. 

Auteurs : VAL’HOR, avec SciencesPo Junior Consulting – Mai 2022
Sources : VAL’HOR, et ses fédérations membres notamment UNEP, FNPHP, FFP