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La vocation alimentaire, sociale et environnementale des exploitations urbaines ou péri-urbaines n’est plus à démontrer, mais son modèle économique demeure fragile.

Comment associer horticulture, paysagisme et projets d’agriculture urbaine ? L’Interprofession VALHOR apporte son soutient à des travaux menés par les acteurs de l’innovation dans la filière pour apporter des réponses à ce défi.  

Une agriculture urbaine plurielle

Quelle est la définition de l’agriculture urbaine ? Car entre une ferme urbaine hors-sol et une exploitation maraichère périurbaine, la différence est grande. Or, toutes deux relèvent de l’agriculture urbaine, qui désigne « l’ensemble des jardins, cultures et élevages intra-urbains, qu’ils soient low-tech ou high-tech ».

(Source : Plante & Cité, Terres en villes, 2017. Agir pour les agricultures des aires urbaines. Guide d’aide à la décision. Plante & Cité, Angers, 145 p.)

Le recensement Agricole de 2000 a montré que ces exploitations agricoles urbaines se concentraient à 41% dans l’horticulture, 35% dans le maraîchage, 16% dans l’arboriculture fruitière et 9% dans la viticulture.

Les enjeux de l’agriculture urbaine

L’agriculture urbaine actuelle répond à trois enjeux principaux : celui de l’alimentation raisonnée, de la ville durable et de la nature en ville.

L’autosuffisance et la sécurité alimentaire

L’alimentation (fruits et légumes ou produits d’élevage), si elle constitue l’objet même des fermes urbaines, n’en est curieusement pas la finalité. Ainsi, une étude menée aux Pays-Bas a démontré que l’agriculture urbaine ne contribue qu’à hauteur de 3% de l’alimentation citadine.

En revanche, l’enjeu se situe plus du côté de la sécurité alimentaire, particulièrement à l’aune des récents scandales agroalimentaires. Une culture urbaine raisonnée, biologique ou en permaculture est perçue comme une valeur sûre pour les citadins. Un jardin nourricier urbain donne ainsi la possibilité à des enfants de consommer des fruits et légumes frais, comme on l’a vu avec le projet associatif des « potagers de Nantes » pendant la crise sanitaire.

Les exploitations urbaines ou péri-urbaines permettent également de créer et garantir de nouveaux circuits de distribution plus vertueux. C’est le cas des circuits courts type AMAP qui produisent des fruits et légumes locaux à l’intention des populations urbaines sur abonnement.

Une place particulière doit également être apportée aux exploitations agricoles high-tech, en hydroponie, hors-sol… pour lesquelles le grand public doit être informé et sensibilisé. Ces fermes high-tech sont vectrices d’emploi et de grande valeur ajoutée. A cet égard, le rôle d’ASTREDHOR et des cellules de recherche agronomique appliquée doivent être encouragées, ainsi que le montre l’étude ci-après.

Des enjeux sociaux et le développement durable de la ville

Développer ces pratiques agricoles permet ainsi de :

  • Construire un lien social fort entre les populations ;
  • De pacifier les enjeux fonciers ;
  • De faire coopérer agriculture et territoire urbain, souvent opposés, en utilisant des essences et des ressources horticoles locales.

Reste encore à explorer les bienfaits de l’agriculture urbaine dans le climat. Une ferme citadine aura en effet deux grands effets :

  • Favoriser la biodiversité ;
  • Lutter contre le réchauffement climatique en captant la chaleur ;
  • Optimiser les déchets organiques (compostage).

L’agriculture urbaine, un modèle à protéger

Fragile, l’agriculture urbaine est un modèle qui doit être pérennisé par les acteurs publics. Difficultés techniques, pression foncière et rentabilité faible sont les principales menaces.

Dans cette optique, la filière horticole joue un double rôle :

  • En tant que distributeur de produits ou de services pour les fermes ou exploitations urbaines (semences horticoles, prestations paysagères…). VALHOR sensibilise ses ressortissants à la question de l’agriculture urbaine et aux caractéristiques de ce marché.
  • Comme partenaire dans le développement des zones urbaines et péri-urbaines grâce à des échanges d’expériences.
VALHOR a participé à la création d’enquêtes et guides de Plante & Cité et ASTREDHOR pour aider les pouvoirs publics à inscrire l’agriculture urbaine dans les PLUI(i) et PAT (Projet alimentaires territoriaux.).

Défis techniques de l’agriculture urbaine

Souvent contrainte et très exigeante, l’agriculture urbaine a tout à gagner à échanger avec les professionnels du paysage, de l’horticulture et du maraîchage. C’est l’objet de trois publications initiées par ASTREDHOR, « Agriculture urbaine : de nouveaux défis techniques à relever ».

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Agriculteurs urbains

Ce guide dirigé par ASTREDHOR s’adresse aux professionnels (horticulteurs, maraîchers, paysagistes) souhaitant se lancer dans l’agriculture urbaine des exemples de production végétale en ville à travers des témoignages et des documents. 

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Horticulteurs, pépiniéristes, paysagistes : des spécialistes au cœur de l’agriculture urbaine

Compte-rendu de la journée ASTREDHOR de 2016, organisée avec le soutien du ministère de l’Agriculture, de FranceAgriMer et du GNIS/SEMAE, consacrée à l’agriculture urbaine et à ses relations avec les professionnels de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage.

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Agir pour les agricultures des aires urbaines

Ce guide de Plante & Cité soutenu par VALHOR offre des outils de compréhension et d’action en matière d’agriculture urbaine à l’intention des producteurs et professionnels du paysage.

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