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Une stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes (EEE) vise à en limiter les impacts négatifs en s’appuyant sur la synergie de plusieurs acteurs sous la houlette du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, et de l’Office Français de la Biodiversité.

Un plan d’action pour prévenir l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes prolonge et approfondit la stratégie nationale pour la période 2022-2030. Il met l’accent sur la sensibilisation et la mobilisation de tous les acteurs susceptibles de contribuer à propager les EEE (touristes, usagers de la nature, filières de production et de vente, établissements détenteurs, entreprises du BTP, transporteurs, etc.) et prévoit un renforcement des contrôles sur les voies d’introduction possibles.

En qualité de représentant des professionnels de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, VALHOR contribue activement à la réflexion sur les plantes exotiques envahissantes et à la mise en place d’outils pratiques pour tous les opérateurs de la filière horticole. 

Les plantes exotiques envahissantes, définition et enjeux

Une plante exotique envahissante (PEE), dite aussi plante invasive, est une plante dont certaines populations peuvent acquérir un avantage compétitif dans un territoire nouveau et devenir localement dominantes dans des milieux spécifiques. 

C’est ainsi le cas pour la Jussie (Ludwigia sp.), la Renouée (Reynoutria sp.), le Baccharis ou encore le Rosier rugueux (Rosa rugosa) dans le Nord. Pour savoir quelles sont les autres plantes envahissantes, nous vous recommandons de vous reporter aux listes éditées par le code de conduite des plantes envahissantes et sur le site de l’Office Français de la Biodiversité

Les impacts de ces PEE sont au nombre de trois : 

  1. Sur la biodiversité : baisse des espèces indigènes et impact sur la faune et le fonctionnement des écosystèmes.
  2. Sur la santé humaine : le plus connu est l’ambroisie et les fortes réactions allergènes qu’elle provoque.
  3. Sur les activités économiques : en agriculture (baisse des rendements), mais aussi pour les activités touristiques et de loisirs. Citons ainsi les plans d’eau envahis par des PEE aquatiques, compromettant alors les activités nautiques. 

Le tableau n’est pas forcément noir, car certaines plantes peuvent présenter des bénéfices non négligeables pour l’économie (les cannes de Provence se transformaient en paniers, paillassons, instruments de musique… et sont désormais utilisées pour stabiliser les sols ou comme biocombustible), la faune locale (le buddléia très mellifère encourage les populations de papillons), voire la réputation d’une région (avec la forte popularité du mimosa dans le Sud).

Le contexte législatif des espèces exotiques envahissantes

Le Gouvernement français, conscient des risques engendrés par les espèces exotiques animales ou végétales envahissantes a mis en place des garde-fous contre ces invasions biologiques. 

Il s’appuie sur la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes de mars 2017 et le règlement (UE) n° 1143/2014 du 22 octobre 2014 relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes et ses règlements d’exécution successifs : 

Depuis juillet 2019, 66 espèces dont 36 espèces végétales sont définies comme envahissantesLa liste devrait évoluer prochainement avec l’ajout de 22 nouvelles espèces considérées préoccupantes pour l’Union Européenne, dont 5 végétaux.

Code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes

Le code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes, lancé en 2015, permet aux professionnels de la filière de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage commercialisant des végétaux de s’engager de manière proactive afin de limiter les éventuels impacts négatifs des plantes exotiques envahissantes sur la biodiversité, la santé humaine ou les activités économiques.

Il permet également de sensibiliser les consommateurs et les donneurs d’ordre en ce sens.

Les plantes relevant du Code de conduite professionnel sont réparties en deux listes correspondant à des risques et à des engagements différents :

  • La liste de consensus (interdiction totale d’utilisation) recense les plantes que tous les acteurs concernés souhaitent ne plus voir produites, vendues, prescrites ou utilisées sur l’ensemble du territoire.
  • La liste de plantes soumises à recommandation (restrictions partielles d’utilisation) recense les plantes qui ne sont envahissantes que dans certains milieux où elles peuvent avoir des impacts négatifs. Elles ont cependant des aspects positifs importants pour les utilisateurs. Des conditions précises d’utilisation sont définies.

Règles professionnelles pour les entreprises du paysage

Cet ensemble de règles professionnelles a été publié en septembre 2019 par l’UNEP – Les Entreprises du Paysage, avec le concours de VALHOR. 

Il définit les bonnes pratiques d’intervention pour la gestion de plantes considérées comme non désirées dans un milieu donné, pour des raisons environnementales, de sécurité, de santé publique et/ou d’esthétique. Les mêmes plantes peuvent cependant avoir des populations qui présentent des aspects sociaux, économiques, culturels ou écologiques positifs.

Ce guide très pratique décrit les principaux gestes d’élimination des plantes invasives (comme l’abattage, le broyage, le sarclage, le désherbage thermique…) et donne des prescriptions techniques pour chacun de ces gestes. 

Ces prescriptions comprennent des conseils de prévention, de préparation des interventions, puis le catalogue des interventions par type  :

  • Interventions mécaniques en surface 
  • Interventions mécaniques en profondeur 
  • Techniques éco-environnementales 
  • Méthodes de désherbage thermique 
  • Produits phytopharmaceutiques 
  • Gestion des déchets et résidus 

Pour télécharger le document Gestion de populations de plantes exotiques envahissantes et d’adventices

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Pratiques des gestionnaires d’espaces verts

Plante & Cité avec le soutien de VALHOR, a publié en 2019 un recueil d’expériences sur la gestion des plantes envahissantes. Ce recueil se base sur une cinquantaine de retours de professionnels des Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures vertes. Il donne à voir quelles sont les pratiques mises en œuvre à travers des fiches action sur les itinéraires techniques, des fiches sur le matériel, une synthèse sur les facteurs qui influent le choix d’un plan de gestion et une synthèse sur la gestion des résidus.

Pour télécharger le recueil d’expérience Plantes envahissantes : pratiques des gestionnaires d’espace vert

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