Environnement et climat

Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique

 

Impulsé par le Président de la République et lancé le 28 mai 2021, le Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique est un ensemble de travaux qui vise à anticiper les défis environnementaux autour de la gestion de l’eau. Cette concertation a permis de réunir plus de 1400 participants et 523 structures, pour favoriser les synergies en une intelligence collective et co-construire cette transition écologique.
Afin d'anticiper les effets du changement climatique sur notre agriculture pour mieux la protéger et s'adapter, VALHOR propose de répondre aux défis de l’eau à travers différentes pistes : assurer l’équilibre entre la variété et la qualité des produits horticoles, diffuser les pratiques pour renforcer la résilience des plantes et améliorer la gestion de l’économie d’eau en production comme en ville.

Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique : VALHOR partie prenante de cette initiative gouvernementale forte


Genèse du Varenne

Le territoire français a subi ces dernières années nombre d’évènements météorologiques extrêmes (sècheresse, gel tardif, inondations, orages de grêle…), qui ont durablement affecté le secteur agricole et horticole.

Alerté, le Gouvernement a souhaité dresser un état des lieux des mutations climatiques et de leurs répercussions. Les scénarios climatiques ont ainsi montré l’urgence d’agir et surtout la nécessité d’anticiper ces évolutions majeures.

Les Assises de l’Eau d’avril 2018 avaient d’ores et déjà entériné un certain nombre de mesures, dont la création de 50 Projets de Territoires pour la Gestion de l’eau (PTGE).

Le Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique, ouvert le 28 mai 2021 sous l’égide de Julien DENORMANDIE, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, et de Bérangère ABBA, Secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, s’inscrit dans cette continuité.

 

Les ambitions du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique


Le Varenne agricole répond à deux ambitions fortes et chères au Gouvernement :
● Au niveau national : assurer la souveraineté alimentaire et la sécurité sanitaire sur le territoire français
● Au niveau mondial : répondre au défi climatique

Adapter l’agriculture au changement climatique s’avère également vecteur d’emplois locaux et de mise en valeur du territoire.
Pour répondre à ces enjeux, le Varenne se doit d’apporter une feuille de route opérationnelle claire et concrète. Du 28 mai 2021 au 1er février 2022, 1412 participants issus de 523 structures ont participé et témoigné lors de réunions thématiques nationales ou territoriales et d’évènements en ligne, et contribué aux travaux sous forme de documents écrits.

Entre juin et décembre 2021, des groupes de travail se sont répartis au sein de trois thématiques :

● THEMATIQUE 1 : Se doter d’outils d’anticipation et de protection dans le cadre de la politique globale de gestion des aléas climatiques. Ce plan stratégique sur 7 ans vise à protéger les Hommes et prévenir les risques. Dans cette optique, la principale mesure cible l’universalité de l’Assurance Récoltes des agriculteurs.

● THEMATIQUE 2 : Renforcer la résilience de l’agriculture et de l’horticulture dans une approche globale en agissant notamment sur les sols, les variétés, les pratiques culturales et d’élevage, les infrastructures agroécologiques et l’efficience de l’eau d’irrigation.
Cette thématique a mobilisé 35 interprofessions dont VALHOR, 7 conseils spécialisés de FranceAgriMer et 58 parties prenantes. Elle fait l’objet d’un focus dans le chapitre ci-dessous.

 ● THEMATIQUE 3 : Partager une vision raisonnée des besoins et de l’accès aux ressources en eau mobilisables pour l’agriculture sur le long terme : réalisations, avancées et perspectives.

Pour en savoir plus, consultez le dossier de presse consacré aux conclusions du Varenne de l’eau et de l’adaptation aux changements climatiques. (Varenne de l'eau | Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation)



La contribution de VALHOR à la thématique 2


Lancée en juillet 2021, la thématique 2 s’est appuyée sur de nombreuses contributions, dont celle de l’Interprofession de l’horticulture, la fleuristerie et du paysage.

Enquête VALHOR auprès des professionnels de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage
L’Interprofession VALHOR a remis le 30 septembre 2021 au  ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation les conclusions de l’enquête conduite du 1er août au 27 septembre 2021 auprès de ses 10 fédérations professionnelles et de ses partenaires.

Elle y rappelle les chiffres-clés et les spécificités de la filière, comme la longueur du cycle de vie des produits (contrairement aux productions destinées à l’alimentation humaine ou animale, les arbres et plantes commercialisés continuent de vivre après la vente), la part importante de culture hors-sol et la grande dépendance à l’arrosage.
Cette contribution permet de dresser un état des lieux des conséquences du changement climatique pour la filière :
● L’impact sur la qualité des végétaux utilisés au jardin ou dans les espaces verts publics (sensibilité aux maladies, capacité de reprise…)
● L’adaptation nécessaire des modes de production et notamment de l’efficience de l’eau d’arrosage
● L’augmentation de la demande globale de produits horticoles (pour réguler par exemple les ilots de chaleur urbains)

Pour la chaîne de valeur qu’est la production horticole, le négoce et la distribution, les métiers du paysage et les espaces verts privés et publics, 5 leviers d’action sont identifiés et des bonnes pratiques définies :

1. Étudier une offre végétale plus adaptée : ce volet demande une synergie avec les organismes de recherche et de R&D que sont l’INRAe, ASTREDHOR, Plante & Cité….
Collège production :  choisir des espèces résistantes au stress biotique et abiotique
Collège négoce et distribution : proposer une offre végétale adaptée aux conditions locales
Collège métiers du paysage : encourager l’installation de plantes résilientes et sobres
Espaces verts privés et publics : s’adapter aux conditions pédoclimatiques dans les marchés publics.

2. Par des pratiques culturales adaptées, favoriser la disponibilité en eau pour les plantes
Collège production : arroser au bon moment, éviter l’excès d’arrosage, limiter les pertes par évapotranspiration…
Collège négoce et distribution : optimiser la logistique pour présenter des plantes fraîches
Collège métiers du paysage : réalisation de prestations paysagères et conception d’aménagements dont l’entretien nécessite moins d’arrosage.
 Espaces verts privés et publics : développer des pratiques vertueuses telles que le paillage ou le maintien d’un bon taux de matière organique dans le sol.

3. Recommander des équipements de précision pour apporter la plus juste quantité d’eau qui garantisse la croissance et la bonne santé des végétaux et promouvoir le recyclage de l’eau excédentaire
Pour le collège production : déploiement d’arrosage de précision, encouragement des serres bioclimatiques et mise en avant de substrats à forte rétention d’eau.
Collège négoce et distribution : promotion de méthodes d’arrosage ciblées pour les clients (drips, sondes…)
Collège métiers du paysage : arrosage ciblé à certaines périodes seulement
Espaces verts privés et publics : arrosage efficient

4. Diversifier l’approvisionnement en eau
Collège production et Collège négoce et distribution : stockage des eaux pluviales, collecte et filtrage de l’eau en général et encouragement du recyclage de l’eau
Collège métiers du paysage : diversifier l'origine des eaux d’arrosage et optimiser la collecte des eaux pluviales (eaux grises notamment).
Espaces verts privés et publics : favoriser l’arrosage issu de collecteur

5. Encourager la formation et l’emploi local.[CC1]
Collège production : aider à l’installation d’entreprises à proximité d’entreprises productrices d’eaux grises
Collège négoce et distribution : former le personnel et les clients pour optimiser la durée des plantes
Collège métiers du paysage : accompagner les collectivités dans la gestion des zones humides ou des haies
Espaces verts privés et publics : inciter et former au recyclage des eaux grises

VALHOR conclut cette contribution en rappelant d’abord la forte implication de la filière (de la production horticole au secteur du paysage) dans la mise au point de solutions de gestion de l’eau.
Elle insiste ensuite sur la place essentielle qu’occupe la filière horticole au sein de l’agriculture afin de répondre aux défis posés par le climat.

La charte d’engagement pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique
La finalité d’intérêt général de cette charte est d’accompagner les mutations de l’agriculture face au changement climatique en préservant les capacités de production des entreprises agricoles et l’emploi du secteur, tout en organisant une utilisation efficace, utile et durable des ressources en eau.

Signée en février 2022, la charte rassemble, outre le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et la Secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, les représentants des chambres d’agriculture et les acteurs des filières agricoles et agroalimentaires.

En apposant sa signature, VALHOR s’engage donc à mettre en place un ensemble d’actions :
● définir une gouvernance à l’échelle de son secteur, permettant de suivre les travaux d’adaptation des exploitations et entreprises ;
● finaliser en 2022 la feuille de route de sa stratégie d’adaptation et d’atténuation nationale en cohérence avec les plans de filières et les plans d’adaptation régionaux ;
● conduire son plan d’actions d’ici à 2025 afin d’adapter toutes les exploitations, les entreprises et contribuer ainsi à la valorisation des productions horticoles ;
● impliquer autant que possible les acteurs des territoires au cœur de la transition afin de renforcer les liens entre eau, agriculture, biodiversité et alimentation.

Ces travaux seront suivis par FranceAgriMer.

En réponse, l’État s’engage à mobiliser :
● les ressources de la recherche appliquée, de la formation et du développement agricole.
● les outils  PIA4 (programme investissement d’avenir), France2030 et les fonds CASDAR (Compte d’Affectation Spéciale Développement Agricole et Rural).


Pérenniser l’engagement de VALHOR sur la question de l’eau


En signant cette charte, VALHOR pérennise sa volonté de s’impliquer sur le sujet de l’eau, thématique qu’elle approfondit depuis  plusieurs années avec l’appui des instituts techniques ASTREDHOR et Plante & Cité ou dans le cadre de la certification d’entreprises Plante Bleue gérée par Excellence Végétale.

Innovation végétale
VALHOR valorise ainsi les travaux conduits par ASTREDHOR et Plante & Cité sur des végétaux plus sobres et plus résilients1.

3 pistes de recherche sont ainsi travaillées :
● Maîtriser la floraison ou la mise à feuille pour se prémunir des gels tardifs par exemple
● Obtenir des plantes plus efficientes face à l’eau
● Produire des végétaux résilients, qui se remettent mieux après un épisode de sécheresse

D’une manière générale, ASTREDHOR et PLante & Cité contribuent depuis plusieurs années à la recherche de solutions technico-économiques et écologiques pour une meilleure gestion de l’eau, au bénéfice des professionnels du végétal et des gestionnaires d’espaces verts.

Gestion de l’eau dans les aménagements paysagers
L’Interprofession est aussi partie prenante dans la compétence GEMAPI2 consacrée à la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations.

Des enquêtes et dossiers sur la gestion de l’eau au jardin ou dans les espaces verts sont également régulièrement publiés sous l’égide de VALHOR, ainsi que des études réalisées par Plante & Cité, par exemple sur les revêtements de sols perméables et la gestion de l’arrosage :
> Le végétal, allié naturel pour la gestion de l'eau
> L’arrosage dans les espaces verts publics : pratiques et stratégies d’économie de la ressource en eau

> Guide "Revêtements perméables des aménagements urbains : Typologie et Caractéristiques techniques"

1 voir article ci-dessous Plantes tolérantes à la sécheresse.
2 Publications en lien à la Gemapi

Plantes tolérantes à la sécheresse

Porteur du projet / auteur : ASTREDHOR / CDHR CENTRE-VAL-DE-LOIRE

Période de réalisation du projet / date de publication : 2009 - 2012

De quoi parle-t-on ? De l'identification de végétaux résistants à la sécheresse.

Pour qui ? Les producteurs, distributeurs et professionnels du paysage

Méthode / source(s) : Essais en station d'expérimentation

Principaux résultats : Ce guide présente des fiches réalisées à partir de l’indentification d’une gamme de plantes conservant un caractère décoratif dans des conditions de sécheresse : Agastache aurantiaca ‘Apricot Sprite’, Amarantine globuleuse ‘Fireworks®’, Angelonie ‘AngelMistTM Purple’, Asclépiade de Curaçao ‘Red Butterfly’, Baguettes de Tambour ‘Drumstick’, Bégonia hybride ‘BigTM Rose Dark Foliage’, Bégonia tubéreux Swift F1 ‘Yellow’, Cuphea ignea ‘Magine’, Diascie ‘MiracleTM Carmine’, Dipladenia ‘Sundaville® Rouge’, Euphorbe x ‘Diamond Frost’, Géranium lierre ‘Balcon Impérial Rouge’, Géranium zonale ‘Toscana Liske’, Ipomée ‘Siderik Black’, Pavot de Californie, Pelargonium X grandiflorum ‘Angeleyes® Randy’, Pervenche de Madagascar ‘Geraldine’, Pourpier commun ‘Grand Cherry Red’, Primevère du Cap ‘Blue’, Venidium hybrida ‘Orange Flame’, Zinnia ‘Profusion Yellow’.

Quel intérêt / quelle utilisation ? Répondre aux attentes des consommateurs et aux enjeux environnementaux par une connaissance de végétaux résistants à la sécheresse à valoriser auprès des distributeurs et consommateurs.

 

Crédit Photo : Astredhor Sud-Ouest

Mise au point de biofiltres végétalisés pour l’épuration de l’air

Porteur du projet / auteur : ASTREDHOR / Arexhor Seine Manche

Période de réalisation du projet / date de publication : 2014-2017

De quoi parle-t-on ? De l’analyse de solutions techniques, basées sur la biofiltration végétale, pour diminuer les concentrations en polluants atmosphériques en conditions intérieurs et extérieurs.

Pour qui ? Les producteurs et professionnels du paysage

Méthode / source(s) : Etudes en laboratoires, espaces confinés enrichis en polluants de l'Université de Lille. Suivi des essais sur des ouvrages existants en collectivités (Fauville-en-Caux, Paris). Mise en conditions réelles par ASTREDHOR Seine-Manche.

Principaux résultats / résumé : Les deux systèmes végétalisés / biofiltres sont en place et fonctionnent correctement avec des plantes installées et adaptées à ces systèmes. Les phases d’analyses de dépollution ont débuté depuis l’été 2015 pour la tour « Air de Caux » de la station d’épuration de Fauville en Caux, et 6 séries ont été réalisées pour la partie « Air intérieur ». Les résultats encourageants ont été confirmés pour les polluants soufrés en conditions extérieures avec des rendements de dépollution compris entre 96 et 99%. Ces résultats sont significatifs sur toutes les saisons, permettant un abattement conséquent d’H2S.

Cependant, en ce qui concerne le monoxyde de carbone pour la partie « Air intérieur », les résultats auront été fluctuants pendant les 6 séries, bien que les données obtenues sur la dernière série soient à nouveau encourageantes. Les expériences réalisées semblent montrer que, associées à certains substrats, les murs végétaux peuvent avoir des propriétés d’épuration du CO dans l’air. Le facteur arrosage apparait déterminant dans l’efficacité du système. Il n’a pas été possible de vérifier si cet effet existe pour d’autres polluants.

Partenaires : Université de Lille 2, Plant'Aipur, Plante & Cité et sociétés privées

Partenaires financiers : FranceAgriMer, VAL'HOR

Quel intérêt / quelle utilisation ? Proposer des filtres végétalisés capables de dépolluer l'air d'un milieu donné et ainsi améliorer la qualité de l’air tout en élargissant la gamme pour la filière horticole.

Crédit Photo : ASTREDHOR Seine Manche

Dépollution des sols par les plantes

Porteur du projet / auteur : ASTREDHOR, GIE Fleurs et plantes du Sud Ouest, Arexhor Seine Manche, ASTREDHOR Loire Bretagne

Période de réalisation du projet / date de publication : 2014-2017

De quoi parle-ton ? De la phytoremédiation, technique de dépollution de l’eau ou des sols à partir de plantes et de leurs interactions avec le sol et les microorganismes.

Pour qui ? : Les producteurs et professionnels du paysage. 

Méthode / source(s) : Essais

Principaux résultats / résumé : ASTREDHOR a en 2014 évalué un procédé de dépollution des sols contaminés par des éléments traces métalliques à l’aide de plantes ornementales avec association de champignons mycorhiziens. La symbiose entre champignons et racines d’une plante permet ensuite d’agir sur la pollution. A partir d’une sélection de plantes mises en avant lors de travaux antérieurs pour leur qualité dépolluante, plusieurs espèces ont été cultivées sur des sites pollués, en association avec des champignons (microorganismes), et suivies pendant plus d’an.

Parmi les plantes testées, le géranium (qui est cultivé en pots sous serres) se révèle particulièrement efficace pour capter le plomb. D’autres plantes ayant un effet significatif mais moindre se sont révélées également intéressantes pour la dépollution : le lilas de Californie, le grévilléa et la potentille. Les résultats de l’expérimentation montrent que l’association du géranium avec des champignons mycorhiziens permet d’augmenter les effets sur le plomb. Une sélection d’autres plantes cette fois cultivées en pleine terre pourraient apporter d’autres solutions à la fois rapides et peu coûteuses pour gérer les sites industriels pollués.

Quel intérêt / quelle utilisation ? La phytoremédiation pourrait représenter un nouveau débouché pour les producteurs français, l’occasion de repenser leur métier et plus largement l’opportunité de créer et de valoriser toute une filière de plantes dépolluantes.

Partenaires : Université de Besançon, CNRS-Université de Lorraine, Université Henri Poincaré, Inra Bordeaux, Laboratoire LCA, Laboratoires d'analyses industrielles La Rochelle, Agrauxine, Agronutrition.

Partenaires financiers : FranceAgriMer, VAL'HOR

Crédit Photo : ASTREDHOR