Horticulture

Etude des caractéristiques esthétiques de plantes ornementales à fleurs en situation de stress hydrique pendant la phase de post production

Période de réalisation : 2009 - 2012

Station d'expérimentation : CDHR CENTRE-VAL-DE-LOIRE

 

Intérêt

L'intérêt scientifique du programme est de focaliser l'étude sur les critères d'attrait des plantes en lien avec les mesures scientifiques du stress hydrique. Ces références orientées vers l'usage des végétaux constitueront les bases techniques indispensables d'un conseil aux professionnels autour de la problématique du fleurissement.
Dans un contexte de fleurissement accru de notre cadre de vie urbain la prise en compte du coût et de la disponibilité de la ressource en eau constitue l'enjeux socio-économique important de ce programme. De plus la documentation détaillée d'une gamme d'espèces tolérantes à la sécheresse participera à reconquérir des consommateurs aujourd'hui déçus par la tenue des plantes ornementales dans leur jardin en cas de stress hydrique.

Résumé des travaux 2012

Ce projet est mené par 4 stations en collaboration : GIE Fleurs et Plantes, SCRADH, RATHO et CDHR Centre Val de Loire.
Les restrictions d'eau qui découlent de la raréfaction des ressources poussent les professionnels de la filière des végétaux d'ornement à proposer une gamme de plantes tolérantes à la sécheresse. L'objectif de ce programme est de caractériser le niveau de tolérance de différentes espèces ornementales en post-production en évaluant avant tout leur capacité à demeurer décoratives même en situation de stress hydrique.L'année 2008 était destinée à faire un bilan des connaissances actuelles sur ce thème et à réaliser une enquête auprès des professionnels de la filière afin de recenser leurs attentes et dresser une première liste d'espèces tolérantes. Les résultats ont montré un réel intérêt pour la problématique de la part des professionnels et des particuliers.
Le projet a débuté en 2008 et s'est déroulé en 4 étapes :

Etape 1 (année 2008) : réalisation d'un bilan des connaissances actuelles sur ce thème, concernant les végétaux et la caractérisation d'un stress hydrique tant au niveau du sol ou du substrat qu'au niveau des plantes. De plus, les expérimentations mises en place cette année-là ont permis d'établir une méthodologie d'évaluation des végétaux harmonisée entre les quatre stations participantes. Cette phase s'est terminée par une session de coordination en hiver 2008/09, au cours de laquelle les pratiques expérimentales à mettre en oeuvre à partir de la deuxième année de recherche ont été définies.

Etape 2 (année 2009) :
* Application de la méthodologie commune dans les trois stations menant l'essai en conteneur et premier essai mené en pleine terre.
* Acquisition de références sur un premier groupe d'espèces. Nous avons pu ainsi caractériser en l'espace d'une année expérimentale leur niveau de tolérance à la sécheresse, leur type de réactions et surtout leur capacité à rester décoratives en situation de stress hydrique.

Etape 3 (année 2010) : Validation de la méthodologie et test de 10 nouveaux taxons. L'élaboration de fiches techniques pour les 14 références déjà testées est en cours. Elles seront disponibles en même temps que le compte rendu 2010. Ces fiches s'adressent aux professionnels, producteurs et distributeurs.
Il serait avantageux que ces fiches techniques soient valorisées par des actions communication des résultats via Val'hor, ce qui permettrait non seulement de sensibiliser d'avantage les consommateurs finaux à la problématique de l'eau dans le fleurissement, mais surtout de proposer de réelles solutions appuyées par les chiffres issus des résultats du programme de recherche.

Etape 4 (année 2011) : adaptation du dispositif afin de tester plus de taxons en une seule fois. 14 nouvelles références ont été testées et ont fait l'objet de fiches techniques.

Etape 5 (année 2012) : 18 nouveaux taxons testés. Rédaction de nouvelles fiches techniques pour un total de 50 fiches disponibles à l'issue du programme.

Compte-rendu étude des caractéristiques esthétiques de plantes ornementales à fleurs en situation de stress hydrique pendant la phase de post production - 2012

Compte-rendu étude des caractéristiques esthétiques de plantes ornementales à fleurs en situation de stress hydrique pendant la phase post production - 2011

Compte-rendu étude des caractéristiques esthétiques de plantes ornementales à fleurs en situation de stress hydrique - 2010

Crédit Photo : Astredhor/Ratho

Physiologie des pieds mères

Année de réalisation : 2005

Station d'expérimentation : GIE FLEURS ET PLANTES DU SUD-OUEST

Objectifs : Rechercher les conditions optimales de croissance et de ramification des pieds mères par l'étude de l'influence de différents facteurs :

Dipladenia
- âge de la plante
- applications de substances agissant sur la physiologie de la plante
Pelargonium
- applications de substances agissant sur la physiologie de la plante

Mettre en évidence les corrélation entre ces facteurs et les caractéristiques chimiques et biochimiques

 

Résumé

Dipladenia
Les données sur la productivité des pieds mères en fonction de l'âge confirment que l'âge est un facteur important. Sur des pieds mères de plus d'1 an, les tailles successives obligent la plante à se ramifier, ce qu'elle fait assez difficilement de manière naturelle. Nous avons constaté une amélioration d'environ 40% de la productivité en fonction de l'âge du pied mère. Pour favoriser la ramification, nous avons réalisé un entretien du pied mère en cours de culture, qui « simule », une taille de prélèvement. Si cet entretien est bénéfique pour la plante, car il favorise la pénétration de la lumière en son cœur, et facilite le prélèvement des rameaux (ceux-ci, en raison de leur jeunesse, sont érigés), il peut perturber la plante si la taille est trop sévère, ou limiter la productivité si la taille a lieu moins de 4 mois avant la période de prélèvement.
Afin d'améliorer la ramification, nous avons également procédé à des applications d'éthéphon (PRM 12) à différentes doses et périodes. La période d'application est capitale. Il faut charpenter la plante le plus tôt possible, ce qui implique d'appliquer le produit très tôt pendant la phase de culture, ou longtemps avant la période de prélèvement. Nous n'avons pas toujours observé un effet dose du PRM, la dose de 500 ppm étant celle qui donnait les meilleurs résultats.
L'optimisation de la qualité des boutures est importante. Les rameaux prélevés sur les pieds mères comportaient de 4 à 8 boutures, dont le niveau de lignification était variable selon leur position sur le rameau. Cette lignification est un frein à un bon enracinement, si la bouture est trop tendre ou à l'inverse si elle est trop lignifiée : ce phénomène explique l'hétérogénéité du comportement des différents tronçons de rameau lors de la phase d'enracinement. Nous avons étudié la qualité des boutures afin d'analyser les pieds mères à l'aide de 2 techniques, l'une très (trop) précise par la RMN (Résonance Magnétique Nucléaire), l'autre plus simplement par le calcul du taux d'enracinement d'un échantillon suffisamment représentatif de boutures.
L'analyse de la qualité des boutures par la mesure du taux d'enracinement permet une approche plus simple mais plus discriminante de la qualité des boutures et du pied mère. Cependant la réussite de l'enracinement dépend de très nombreux facteurs, qu'il est difficile de contrôler et tout particulièrement les conditions climatiques. Les différentes conditions d'enracinement testées en 2005 (complément d'éclairage, application foliaire de Rhizopon B®, différentes bâches plastiques, différentes profondeurs d'enracinement) n'ont pas donné de résultats probants.
Plusieurs constats concernant l'enracinement. Les prélèvement réalisés pendant des périodes climatiques favorables et notamment sur le plan de la luminosité, permettent d'obtenir un taux d'enracinement élevé, en général supérieur à 80%. A l'inverse, en novembre, le taux d'enracinement s'établit plutôt autour de 40 à 70%. Le taux d'enracinement dépend également du niveau de lignification des boutures, plus elles le sont plus le taux d'enracinement est faible.
Dans l'ensemble, la qualité des boutures tend à s'améliorer avec l'âge du pied mère dont elles sont issues. Le taux global d'enracinement qui tient compte de la proportion de boutures lignifiées et peu lignifiées produites par les pieds mères et de leur taux d'enracinement respectif, évolue de 57% à 92%, en fonction de l'âge. La taille régulière du pied mère en cours de saison (« l'entretien »), n'influence pas de manière importante la qualité des boutures (le taux global d'enracinement est de 85% contre 92%). Les applications d'éthéphon, semble ne pas influencer de manière importante la qualité des boutures, les taux d'enracinement observés étant peu différents, quelles que soient la dose d'éthéphon utilisée, l'âge ou la conduite culturale du pied mère (pied mère de 1 ou de 2 ans en pot, conduite en sac).

Pelargonium
Les données de la productivité des pieds mères en fonction d'applications d'éthéphon, confirment de manière très nette l'intérêt de ce régulateur. Précurseur de l'éthylène, une hormone végétale, ce produit limite la dominance apicale et favorise le développement des axillaires. Utilisé seul ou en association avec le bonzi, il permet une augmentation de la productivité de 30 à 60 % selon les variétés (cette augmentation a même atteint près de 70 % en 2004). De manière générale, le PRM 12 présente un « effet dose » sur le Pelargonium, la dose 1000 ppm (et surtout PRM 1000 ppm + bonzi) étant plus intéressante comparativement à la dose 500 ppm. Si on cumule tous les prélèvements de boutures, les plantes traitées donnent un nombre plus important de boutures. Néanmoins, cette différence tend à s'atténuer lors des derniers prélèvements. Enfin, l'éthéphon présente l'intérêt de faire sécher les fleurs ouvertes et d'annuler les boutons floraux initiés, ce qui limite le travail de nettoyage des pieds mères et réduit la pression de ravageurs floricoles comme le thrips.
Concernant la qualité des boutures produites, les applications d'éthéphon permettent d'obtenir des boutures significativement plus courtes. La différence de taille peut atteindre près de 20 % pour les variétés de géranium lierre (40.03 mm contre 62.34 mm pour ‘Doblino') à près de 40 % pour les variétés de géraniums zonale (22.88 mm contre 38.96 mm pour ‘Dijon'). Compte tenu des entrenoeuds très courts, les boutures prélevées présentent 2 ou 3 entrenoeuds. Les plantes issues de ces boutures se ramifieront très rapidement lors du rempotage. Par ailleurs, bien que le PRM permette d'accélérer l'enracinement des boutures, cette tendance n'est pas généralisable sur toutes les variétés. En revanche, l'éthéphon appliqué sur les pieds mères conduit à un retard d'environ 1 à 2 semaines, de la floraison des plantes issues des boutures.
Les mesures qualitatives réalisées par RMN ne mettent en évidence aucun marqueur biochimique. En effet aucune variation n'est constante pour toutes les variétés. On distingue seulement quelques tendances que l'on peut tenter de rapprocher des résultats qualitatifs et quantitatifs obtenus au niveau des pieds mères. Cette tendance suit les différences de productivité et d'enracinement.

 

Compte-rendu physiologie des pieds mères - 2005

Crédit Photo : Astredhor/GIE Fleurs et Plantes du Sud-Ouest