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Les épisodes caniculaires de 2025 et 2026 montrent que l’horticulture européenne entre dans une nouvelle phase d’adaptation climatique. Les conséquences ne concernent plus uniquement les producteurs du pourtour de la Méditerranée.

Les Pays-Bas, la Belgique, l’Allemagne, le Danemark ou le Royaume-Uni sont désormais confrontés aux mêmes problématiques : baisse de la production en qualité et en quantité, baisse de la demande des consommateurs, baisse des prix de vente et obligation de s’adapter à la disponibilité en eau.

[Durée de lecture : 16 minutes.]

Difficultés de production et de commercialisation

Les exportations néerlandaises de fleurs et de plantes sont un indicateur fiable de l’évolution en Europe en raison de leur part importante sur ces marchés. Selon l’analyse fournie par le VGB1 via l’outil FLORIDATA2, en raison de températures plus élevées, la baisse des ventes en valeur s’établit à 2,4 % au premier semestre 2026, et cette tendance s’accentue en juillet et en août.

La coopérative Royal FloraHolland affiche également, pour l’été, des chiffres en recul en raison de la diminution des arrivages, conjuguée à une baisse des prix due à une demande moins forte.

Le commerce international de la filière horticole subit les conséquences des tensions géopolitiques. En particulier, les troubles au Moyen-Orient perturbent les chaînes logistiques et les liaisons aériennes de fret. De ce fait, les exportations de fleurs coupées en provenance de pays, tels que le Kenya et l’Éthiopie sont pénalisées.

1- Groupement des grossistes exportateurs néerlandais de fleurs et plantes 
2- Outil qui permet de suivre les tendances mensuelles des exportations néerlandaises,

Recul de la demande pour la filière horticole

L’Allemagne, qui constitue l’un des plus grands pays clients des Pays-Bas, enregistre un recul de 3,2 % en valeur au premier semestre ; vers ce marché, les exportations de fleurs coupées ont particulièrement souffert ; celles des plantes ont mieux résisté. Le Royaume-Uni (-1,7 %) et la France (-1,0 %) ont également enregistré une légère baisse.

Les consommateurs, déjà impactés par des conditions économiques plus difficiles, hésitent à acheter et planter des végétaux d’ornement en raison des fortes chaleurs. Les jardineries et autres points de vente sont donc triplement pénalisés par la persistance des périodes de canicule. Les clients boudent les points de vente lors des journées très chaudes, et, en outre, un arrosage plus fréquent et plus coûteux en main-d’œuvre est nécessaire pour préserver les plantes. Les dégâts et pertes de plantes sont souvent inévitables.

Cependant, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ont fait exception : la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Roumanie ont de nouveau enregistré une hausse de leurs importations. Le recul de la demande en Europe est plus marqué dans le segment des fleuristes que dans celui des grandes surfaces.

Disponibilité de l’eau

Les pays du pourtour méditerranéen, comme la Grèce, l’Italie, le sud de la France et l’Espagne, sont confrontés depuis longtemps, à l’alternance entre des périodes de fortes précipitations et des périodes de plus en plus longues de rationnement en eau.

En réponse à ces défis, les producteurs qui le peuvent investissent dans l’irrigation de précision, inspirée par les technologies israéliennes, qui pratiquent ces techniques depuis longtemps. Les producteurs de ces régions se forment au pilotage informatique de l’irrigation, aux unités de stockage de l’eau, ainsi qu’à la récupération et au retraitement des eaux d’écoulement.

Dans certaines régions, le dessalement de l’eau de mer est à l’étude, bien que le coût de cette opération demeure prohibitif. Le choix des cultures est également remis en question, en éliminant les plus gourmandes en eau et en privilégiant les variétés les plus résistantes à la chaleur, répondant ainsi aux demandes des clients et des collectivités.

Situation d’urgence pour la filière horticole aux Pays-Bas

Les Pays-Bas, considérés comme le pays de l’eau, subissent une double contrainte : des périodes de sécheresse inhabituelles qui pèsent sur les ressources en eau douce disponibles et une pression accrue des pouvoirs publics obligeant les producteurs à dépolluer totalement les eaux de ruissellement ou les eaux de rejet des exploitations. Accompagnés par leurs centres de recherche, les producteurs investissent massivement dans le recyclage des eaux d’irrigation, la culture en circuit fermé, les bassins de récupération, la sélection des variétés résistantes et l’intelligence artificielle pour le pilotage climatique, afin d’optimiser chaque litre d’eau. Les Pays-Bas sont aujourd’hui le laboratoire européen de la gestion de l’eau en horticulture.

Un article publié dans le média néerlandais FloralDaily le 10 août 2026 fait état d’un besoin urgent d’eau pour l’horticulture sous serre aux Pays-Bas. « Une interdiction de prélèvement d’eau de surface est en vigueur dans l’ouest des Pays-Bas depuis le 5 août. Dès l’annonce de cette décision par l’Office des eaux du Delfland, le secteur horticole sous serre a fait entendre sa voix. Les conséquences d’une interdiction de prélèvement d’eau peuvent être importantes. Les réservoirs d’eau de pluie des producteurs sont vides, et les cultures ne peuvent survivre longtemps sans eau. » rappelle l’article.

L’Office des eaux du Delfland et l’organisation Glastuinbouw Nederland ont tenu le 8 août 2026 une réunion sur la sécheresse. Suite à celle-ci, ils ont décidé d’étudier trois options pour l’approvisionnement en eau supplémentaire destiné à l’horticulture sous serre :

  • transporter de l’eau de surface douce depuis l’extérieur de la région de Delfland par camions-citernes ;
  • installer une usine de dessalement temporaire sur le Nieuwe Waterweg ;
  • purifier davantage les eaux usées traitées pour une utilisation en horticulture sous serre.

Drought Monitor a classé l’agriculture et l’horticulture l’échelle de sécheresse au niveau préoccupant à sévère. « Selon la banque Triodos, les vagues de chaleur extrêmes pourraient réduire à néant la quasi-totalité de la croissance économique des Pays-Bas cette année. » indique un article de HortiDaily publié le 12 août. Des agriculteurs disposant encore d’eau aident d’autres qui en manquent.

En conclusion : une filière horticole sous tension malgré son efficacité avérée contre les aléas climatiques

Les producteurs des pays d’Europe centrale et ceux de l’Europe du Nord, comme l’Allemagne, le Danemark, la Belgique, le Royaume-Uni ou même la Pologne, connaissent désormais des périodes inhabituelles de sécheresse répétées et prolongées. Le stockage de l’eau en période d’abondance est une solution à l’étude, l’adaptation du choix des variétés et des itinéraires de culture en est une autre, mais ce sont les nouvelles technologies de l’arrosage de précision qui sont les plus étudiées, bien souvent pilotées par des entreprises néerlandaises. La baisse de la demande de fleurs et de plantes entraîne également une diminution des marges, ce qui limite les capacités d’investissement des entreprises.

Pratiquement toutes les organisations publiques ou privées en Europe reconnaissent l’efficacité des végétaux d’aménagement paysager et d’ornement pour protéger les populations contre les aléas climatiques et assurer leur bien-être au quotidien. Cependant, les solutions pour soutenir et aider les producteurs et distributeurs de végétaux à assurer leur survie tardent à venir et les mesures réglementaires que doivent prendre en considération les acteurs de la filière se développent : examinez les solutions explorées par VALHOR et ses partenaires.

Brand Wagenaar, juillet/août 2026. 

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  • Sources : veille internationale août 2026