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La Global Garden Retail Conference, événement créé par plusieurs acteurs du secteur de la jardinerie issus de différents pays, s’est tenue du 1er au 3 février et a rassemblé en ligne plus de 1 400 personnes issues de 30 pays.
John STANLEY, consultant et conférencier australien spécialisé dans le secteur de la jardinerie et à l’origine de la première conférence internationale de ce type, présente au travers d’un article publié dans Greenlife Industry Australia les grands enseignements de cet événement.

L’arrivée de nouveaux consommateurs

Tout d’abord, il rappelle les tendances jouant en faveur du secteur : une attention accrue des individus pour leur habitat, une plus grande envie d’agir en faveur de l’environnement ou encore la tendance des «parents de plantes». Pour répondre à l’intérêt grandissant des consommateurs, notamment les nouveaux, il convient pour les jardineries de proposer des produits (pack de produits par exemple) qui leur facilitent le jardinage. Les consommateurs sont aussi davantage conscients du rôle des commerces locaux dans l’économie.
Le jeune consommateur de demain recherchera des changements saisonniers dans la jardinerie et son habitat. Disposant davantage d’argent pour son jardin, il voudra plus profiter de son espace extérieur et y faire moins d’efforts. Il s’agit donc de proposer au consommateur des produits et services qui répondent à ces attentes.
Ceux nés après 2000 s’intéressent aux tendances et à la mode des années 1960, 1970, 1980. Ces consommateurs créent un petit coin d’évasion en ville et favorisent les abeilles dans leur jardin.

Stratégie d’entreprise et dynamique d’équipe

Anna BALL, PDG de Ball Horticultural Company (US), recommande de renforcer les moyens en matière de ressources humaines afin de s’assurer que les salariés soient satisfaits de leur emploi, développent des compétences dans l’usage des outils technologiques mais aussi pour faire venir plus de personnes dans la filière.
John KENNEDY, consultant en management (US), est intervenu sur 3 thématiques : les valeurs, la vision et la volonté de l’entreprise. Les valeurs sont basées sur ce qui passionne les dirigeants de l’entreprise (bonheur, fun, beauté, honnêteté, succès…). La vision doit permettre à l’équipe d’être en phase avec les valeurs de l’entreprise. La volonté est la mise en pratique quotidienne de ces valeurs et de cette vision qui assure une expérience client répondant aux attentes du consommateur.

Pour des jardineries engagées dans le développement durable

En matière de développement durable, Todd BAKER (Canada), recommande de mettre cet enjeu au premier plan et au cœur de la stratégie marketing. Il constate la faible présence de nouveaux acteurs dans le secteur de la jardinerie et l’absence de valorisation de stratégies écoresponsables chez les jardineries présentes depuis plusieurs décennies. «Nous avons besoin d’être davantage écoresponsables et de promouvoir ceci comme un avantage pour acheter chez nous. Il n’est pas nécessaire d’opter pour une stratégie coûteuse.»
Pour répondre aux attentes des consommateurs en particulier les Millenials, il convient de nous passer de plastique, de revenir comme dans d’autres secteurs à nos bases avec «un retour à la nature» en tant que meneur plutôt que suiveur. Nous avons besoin de raconter notre histoire en matière d’écoresponsabilité, qui cultive et comment, explique Todd BAKER.

Technologie de l’information

Anna BALL identifie la technologie de l’information comme une faiblesse dans la filière. L’omnicanalité est maintenant la norme avec les fournisseurs vendant leurs produits aux gros détaillants via des plateformes et s’attendant à ce que les petits détaillants fassent de même. L’omnicanalité peut être divisée en 3 domaines : le marketing (site web, réseaux sociaux, mails…), l’engagement client (en magasin, en ligne…) et le service (retrait en magasin, transport à partir du fournisseur…).
Pour assurer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement, la donnée a besoin de passer du producteur au détaillant (information produit, inventaire, prix, statistiques des commandes…). De la même façon, l’information doit circuler du détaillant au producteur (état des stocks, livraisons…). L’efficacité des opérations signifie que le détaillant a besoin d’investir dans l’Ecommerce et les plateformes de vendeurs ont besoin d’être développées.

Une expérience client pour les petits et gros consommateurs

Regina RAZUMOVSKI, propriétaire d’une jardinerie en Ukraine souligne l’importance de la fidélisation client. Elle recommande aux jardineries à l’égard des clients venant 1 à 2 fois dans l’année de montrer qu’elles s’intéressent à leurs plantes, de leur fournir des vidéos de plantes et de leur passer un appel après leur achat.

Dans sa jardinerie, cette stratégie s’est traduite par une hausse de 34% des ventes chez ce segment de clients. Les consommateurs qui se rendent en jardinerie 5 à 9 fois par an génèrent quant à eux davantage de ventes, ont confiance en la marque (entreprise) et devraient bénéficier de conseils en matière de conception paysagère, de visites personnalisées par un professionnel et d’une livraison gratuite.

La mise en place de cette stratégie a entrainé un accroissement de 84% des ventes vers ce type de clients. Enfin, ceux qui visitent la jardinerie plus de 10 fois dans l’année représentent le plus grand soutien. Ils recommandent la jardinerie à leurs amis et partagent des avis positifs sur les réseaux sociaux. Pour cette 3ème catégorie de client, Regina RAZUMOVSKI recommande du coaching de façon privilégiée et des activités en jardinerie en remerciement de leur fidélité.

L’avenir de la jardinerie

Andrew BURTON, concepteur de jardineries (UK), doit prévoir à présent des entrepôts plus grands et des installations pour le click and collect et les livraisons à domicile. Ses conseils : « Soyez connus pour quelque chose en particulier », en identifiant ce dans quoi vous êtes bons. « Qu’allez-vous faire pour rester dans la concurrence en améliorant l’expérience client ?»
Kate ELZER-PETERS, experte en stratégie marketing digitale dans la filière du végétal a, lors de son intervention, exploré la façon dont une jardinerie pouvait constituer un espace communautaire, un endroit où les gens du quartier peuvent se regrouper, célébrer des événements, apprendre, partager des idées, rencontrer des amis, etc. Faire plaisir aux clients favorisera les ventes.
Elle présente 3 étapes de développement :

  • Monter la scène : cela peut être aussi simple que des chaises et des fauteuils, un espace pour faire des selfies et disposer des miroirs
  • Inviter : faites savoir au quartier que l’on a quelque chose de nouveau à offrir aux habitants
  • Contribuer : engagez-vous auprès des communautés locales et soutenez les événements locaux

Les trois jours de conférence ont permis aux entreprises du secteur du jardin d’apprendre et de repenser leur activité et leur métier.