Mon espace pro

Crédit photo : ASTREDHOR

Depuis le début d’année 2026, deux projets majeurs au profit de la filière horticole ont débuté. Trans’Herbe et Trans’Thrips bénéficient du financement du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures, le Plan PARSADA du ministère de l’Agriculture.

Genèse du plan d’action

Courant 2023, le gouvernement en place a souhaité développer un grand plan d’action de recherche de solutions face à la menace du retrait de substances actives au niveau européen. Connu sous le sigle PARSADA, ce dispositif est le premier axe de la stratégie Ecophyto 2030. Parmi les 75 substances actives menacées de retrait et identifiées par le ministère de l’agriculture, 26 concernent la filière horticole, soit donc environ 30 usages (couple culture/bioagresseur). Des priorités ont été établies à la vue de critères économiques, et qui tiennent compte de la possibilité ou non d’avoir recours à une autre molécule ou à des alternatives efficaces.

Deux plans d’actions ont été construits avec le ministère et ont débouchés sur deux projets d’envergure et pour 5 ans (2025-2030). Trans’Herbe concerne les problématiques prioritaires que sont les adventices en pépinière de pleine terre (jeunes plants, rosiers, sapin de Noël, fleurs coupées de pleine terre,…) et Trans’Thrips les thrips en floriculture.

Les deux projets visent, comme cela est signifié dans le titre développé du Plan PARSADA, à rechercher des solutions alternatives aux substances actives qui risquent de disparaître. Ces travaux complètent les solutions recherchées par l’institut en matière de protection des cultures, tel que la recherche de solutions chimique par la voie des usages mineurs ou par appui des démarches dérogatoires.

Le projet Trans’Herbe

Pour ce qui concerne le projet Trans’Herbe, celui-ci vise :

  1. À mieux identifier les stades des adventices problématiques et les seuils de gestion par les différentes solutions alternatives. Le développement d’un module de l’outil Baco (voir définition en bas de ce bloc) permettra cette aide à la décision. Il indiquera les moyens de gestion à utiliser pour gérer telle ou telle adventice en fonction de son stade phénologique. Un module de l’outil proposera aussi des traitements localisés, tandis qu’un autre  permettra d’identifier les secteurs critiques concernant l’application de PPP à risque (ZNT…).
  2. À développer des solutions techniques, des méthodes de gestion, viables sur le plan agronomique et économique pour chaque système de culture ciblé (développement d’une méthode pour en permettre l’évaluation), en identifiant les avantages et les inconvénients, leurs durabilités, leurs niveaux d’adaptations aux systèmes de cultures pleine terre.

Pour cela, les alternatives aux herbicides comme le paillage, l’écopâturage, la mécanisation et l’automatisation du binage, l’allélopathie ou les techniques d’autofertilité des sols seront évaluées individuellement et en association dans le but de valider leur efficacité et leur compatibilité avec les caractéristiques des productions horticoles (jeunes plants, arbres et arbustes, plants greffés, sapins de Noël et fleurs coupées de pleine terre).

Ces nouvelles références seront ensuite intégrées dans des itinéraires techniques innovants coconstruits avec des producteurs et validés dans leurs entreprises pour en permettre l’appropriation.

Pour rappel, l’outil BACO est une application métier numérique qui permet de centraliser, harmoniser et améliorer les informations et les pratiques relative à la surveillance des bio-agresseurs, et cela à l’échelle des parcelles. Cet outil d’aide à la décision (OAD) permet aux conseillers ASTREDHOR de réaliser un suivi des cultures des professionnels qu’ils accompagnent grâce à une interface conviviale, ergonomique et accessible en ligne sur smartphone ou ordinateur.

Projet Trans’Thrips

Pour ce qui concerne le projet Trans’Thrips, celui-ci vise à identifier des solutions innovantes et génériques à plusieurs filières :

  1.  Développement des systèmes d’identification automatisés par caméra des thrips, connexion d’un réseau de pièges connectés pour assurer un suivi à l’échelle des parcelles et implémentation des données dans l’outil Baco pour mettre à disposition les informations d’épidémiosurveillance aux producteurs.
  2.  Développement d’une méthode de diagnostic moléculaire permettant une discrimination fiable et rapide de certaines espèces thrips courantes ou préoccupantes, y compris aux stades larvaires
  3.  Identification des mécanismes de l’attractivité/répulsion de rosiers fleurs coupées vis-à-vis des thrips et amélioration de l’utilisation des molécules attractives/répulsives dans la méthode push-pull.
  4.  Développement de solutions automatisées opérationnelles pour l’aspiration des ravageurs et l’application mécanisées des agents de biocontrôle.
  5.  Développement de solutions de lutte biologique par lâchers d’auxiliaires ou par l’utilisation de plantes de service, produits de biocontrôle
  6.  Développement de l’outil Baco pour le suivi sanitaire des cultures et pour la transmission d’informations

Crédit photo : ASTREDHOR

Des vecteurs d’appropriation nombreux pour le résultat des travaux

Pour les deux projets, les résultats des travaux seront valorisés grâce au développement d’outils et l’utilisation de vecteurs de transfert des résultats aux professionnels pour leur en permettre l’appropriation : formations, articles techniques, module de l’outil Baco dédié au portage d’informations, sites internet (EcophytoPIC, RD-Agri, VALHOR et ASTREDHOR), fiches, forum et séminaires techniques lors des salons professionnels, visites des démonstrateurs, accueil d’apprenants, dispense de cours en lycées et écoles d’ingénieur, ateliers de co-conception, expérimentations sur sites producteurs, webinaires, Vidéos, Pod-Cast, etc.

Pour aller plus loin

Les deux projets regroupent des partenaires de la recherche académique et appliquée (Inrae, Universités de Saint Etienne, d’Angers, de Nice, Institut Agro d’Angers, Cirad), d’autres instituts techniques (IT2, Armeflhor, ITAVI et IFIP), des entreprises de l’agrofourniture (Cap2020, Agriodor, RobAgri, La Coccinelle), des structures de développement (Chambres d’agriculture IdF et Alpes-Maritimes), l’enseignement technique (Lycée du Fresne à Angers), et des entreprises de la filière (Meilland International et Roses et Pépinières DELBARD et d’autres entreprises à associer en cours de projet notamment pour le transfert).

Présentation du projet Trans’Thrips

Présentation du projet Trans’Herbe