Etude d'impact du Covid-19 sur la filière

LA FILIERE FORTEMENT AFFECTEE PAR LA CRISE ET CONFRONTEE A DE NOUVEAUX ENJEUX

D’après l'étude PwC - AND International - I+C / Xerfi pour VAL’HOR avec le soutien de FranceAgriMer relative à l'impact de la crise sur la filière du végétal, le chiffre d’affaires des entreprises a diminué de 14% sur la période mars à juin 2020. Le confinement a renforcé l’envie de végétal du grand public, nécessité des adaptations du côté des entreprises et généré de nouveaux enjeux de long terme pour l’ensemble de la filière.

Le cabinet PwC réalise avec AND International et I+C / Xerfi pour VAL’HOR avec le soutien de FranceAgriMer une étude sur l’impact de la crise de la Covid-19 sur la filière du végétal. La première partie de cette étude, réalisée cet été, a porté sur la période mars à juin 2020.

Les résultats de l’étude quantitative confirment un mois de mars particulièrement difficile pour l’ensemble de la filière avec une baisse du chiffre d’affaires de 35% par rapport à mars 2019. L’absence de préavis et le caractère périssable d’une part importante de végétaux ont entraîné de fortes destructions de stocks. En avril, mois complètement en confinement, le chiffre d’affaires a diminué de 28%. La situation du marché s’améliore à la sortie du confinement (-2% en mai) et devient même positive en juin (+17% de chiffre d’affaires par rapport à juin 2019) mais sans pour autant compenser la période de confinement puisqu’au final, le chiffre d’affaires de la filière régresse de 14% pour la période mars à juin 2020 par rapport à mars-juin 2019.

Les producteurs, fleuristes, les grossistes et les paysagistes concepteurs ont été les plus touchés durant cette période en matière de chiffre d’affaires. Ainsi, la période de confinement a eu des répercussions sur l’ensemble de la chaîne de valeur et réduit les moyens des entreprises pour s’adapter aux contraintes de la pandémie.

Le confinement a entraîné la destruction de plus de 3 600 emplois, en majorité des CDD / saisonniers / apprentis. Près de ¾ des entreprises de la filière ont eu recours au chômage partiel. 6% des entreprises de la filière ont dû cesser définitivement leur activité, dont beaucoup de fleuristes. D’autres disparitions d’entreprises et d’emplois risquent d’avoir lieu durant ce semestre. D’après les estimations, d'ici la fin de l'année, 7% des entreprises de la filière pourraient disparaître et près de 1 800 emplois sont menacés.

Pour beaucoup d’entreprises, la crise a eu des conséquences durables sur leur stratégie : elle a rendu nécessaire la flexibilité, la capacité d’adaptation (rapide) mais aussi la modernisation (digitalisation) et l’évolution de pratiques commerciales (collaboration avec d’autres acteurs, nouveaux canaux de vente). Pour s’adapter aux contraintes du confinement, 41% des entreprises de la filière ont mis en place de nouvelles pratiques commerciales. 44% d’entre elles envisagent de continuer ces pratiques dans les mois à venir pour développer leur chiffre d'affaires (23%) ou répondre à de nouvelles opportunités apparues durant le confinement (21%). Les possibilités de mise en place de nouvelles pratiques dépendaient bien sûr des métiers et de l’accès aux végétaux.

Près d’1/5ème des grossistes ont revu leur approvisionnement (changement / diversification des fournisseurs). 43% des producteurs ont fait de la livraison à domicile et 31% de la vente en ligne. 40% des fleuristes ont fait de la livraison à domicile et 24% ont fait de la vente en ligne. 69% des jardineries / libre-service agricoles ont effectué de la vente en ligne, 47% ont atteint de nouveaux types de clients et 22% ont pratiqué la livraison à domicile.

Globalement, les acteurs les plus diversifiés sont ceux qui ont le moins souffert de la crise.

Par ailleurs, la crise aura mis davantage en exergue certains des grands enjeux de la filière, tels que le Made in France, la transformation numérique, l’équilibre entre les maillons de la filière, le rôle du végétal et du paysage pour la société.

Concernant les mois à venir, si les professionnels de la filière s’inquiètent de l’évolution de leur activité pour fin 2020 - début 2021, ils sont aussi conscients des perspectives favorables de certains segments : saison 2021 des mariages à la suite de nombreux reports, poursuite du développement du commerce en ligne ou encore engouement des Français pour le végétal et le potager qui pourrait s’inscrire dans une tendance durable.

Etude d'impact économique du Covid-19 par PwC, AND International et I+C / Xerfi pour VAL’HOR et FranceAgriMer, septembre 2020.


Crédit photo : ASTREDHOR