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Crédit photo : Wikimedia commons

Plusieurs détections récentes d’organismes nuisibles réglementés de quarantaine rappellent l’importance d’une vigilance accrue de l’ensemble des professionnels du végétal.

En juin 2026, la France a notamment été confrontée à des détections de scarabée japonais (Popillia japonica) et à la poursuite des mesures de lutte contre le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus). En raison des mesures réglementaires qui accompagnent leur découverte, ces deux organismes sont susceptibles d’entraîner des conséquences économiques importantes.

Scarabée japonais : de nouvelles détections en France

Le scarabée japonais, organisme de quarantaine prioritaire au niveau européen, a été détecté pour la première fois en région Bourgogne–Franche-Comté, sur la commune d’Écot (Doubs) (Popillia japonica détecté dans le Doubs : consignes de signalement | DRAAF Bourgogne – Franche-Comté ). Son identification a été confirmée par l’ANSES le 22 juin 2026.

Quelques jours plus tard, deux individus ont également été capturés à Cannes, constituant la première détection de l’espèce en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Première détection du scarabée japonais Popillia japonica en région PACA | DRAAF PACA ). Les autorités considèrent cette dernière comme une interception, mais ont néanmoins mis en place une surveillance renforcée.

Ces détections interviennent alors que la pression du ravageur continue de progresser dans les pays voisins. En Allemagne, plusieurs captures ont été signalées en 2026, avec plus de 200 spécimens recensés dans le district de Groß-Gerau et la poursuite des mesures de surveillance dans le Bade-Wurtemberg.

 

Un dépliant d’identification

Le scarabée japonais est particulièrement préoccupant en raison de son très large spectre d’hôtes et de sa capacité à causer des dégâts sur de nombreuses cultures, arbres et plantes ornementales (planteshotespopillia.pdf ). Les professionnels sont invités à signaler rapidement toute suspicion. Les caractéristiques visuelles de l’insecte sont rappelées dans la campagne de sensibilisation des services de l’État.

Au-delà des dégâts directs, l’enjeu économique réside également dans les conséquences réglementaires associées à une détection. La mise en place de zones délimitées, de mesures de surveillance renforcée, de restrictions de circulation de végétaux et d’obligations de gestion peut générer des coûts importants pour les entreprises de production, de commercialisation et de logistique.

Dépliant scarabée japonais

Nématode du pin : une situation toujours sous haute surveillance dans les Landes

La situation reste également très suivie concernant le nématode du pin dans les Landes. Fin juin 2026, des insectes vecteurs capturés dans un piège situé à proximité des foyers de Seignosse et d’Angresse ont été confirmés porteurs du nématode par le laboratoire national de référence de l’ANSES. Les autorités ont toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau foyer mais d’une interception d’insectes contaminés.

Les informations publiées début juillet (Nématode du pin dans les Landes : les mesures de lutte et de surveillance se poursuivent | DRAAF Nouvelle-Aquitaine ) montrent l’ampleur des opérations de gestion engagées autour du foyer landais. Au 1er juillet 2026, plus de 6 900 arbres avaient déjà été abattus en forêt privée dans le cadre des mesures de lutte. Parallèlement, la surveillance reste particulièrement intensive avec un réseau de 52 pièges et des contrôles renforcés pour détecter rapidement tout nouveau symptôme de dépérissement. La découverte d’insectes porteurs du nématode dans la forêt communale de Saubion a notamment conduit à la suspension temporaire de certains chantiers forestiers dans un périmètre d’un kilomètre.

La menace du flétrissement du pin

Le nématode du pin provoque une maladie appelée « flétrissement du pin », qui entraîne un dépérissement très rapide des arbres sensibles (Fiche_Diagnostic_BURSXY_Bursaphelenchus_xylophilus.pdf ). Les premiers symptômes se traduisent généralement par un jaunissement puis un brunissement progressif des aiguilles, accompagné d’un arrêt de la production de résine. Les aiguilles se dessèchent mais restent souvent attachées aux branches, tandis que l’arbre meurt en quelques semaines ou quelques mois selon les conditions climatiques et l’espèce de pin concernée. Ces symptômes peuvent apparaître sur des arbres isolés ou par petits foyers, ce qui justifie une surveillance renforcée des peuplements afin de détecter rapidement tout dépérissement suspect.

Le nématode du pin est principalement transmis par des insectes vecteurs du genre Monochamus, qui transportent le parasite d’un arbre à l’autre lors de leurs déplacements et de leur alimentation sur les jeunes rameaux. Il peut également être disséminé sur de plus longues distances par les activités humaines, notamment via le transport de bois, d’écorces ou de matériaux d’emballage en bois provenant de zones contaminées.

Cette situation illustre les conséquences économiques potentiellement très lourdes associées à un organisme de quarantaine. Les mesures imposées peuvent inclure l’abattage d’arbres, la création de zones réglementées, des restrictions de transport de bois et de végétaux ainsi que des contraintes supplémentaires pour les entreprises forestières, les pépinières et les opérateurs commerciaux. Ces détections ont également un impact sur les exportations de végétaux et produits végétaux français.

La vigilance de tous reste essentielle

Face à ces organismes réglementés, la rapidité de détection constitue le principal levier pour limiter leur dissémination et éviter l’application de mesures de gestion encore plus contraignantes. Les producteurs, pépiniéristes, entreprises du paysage, gestionnaires d’espaces verts et distributeurs sont donc invités à renforcer leur surveillance et à signaler sans délai toute observation suspecte aux services régionaux de l’État.

Une mobilisation précoce de l’ensemble des acteurs permet non seulement de protéger les productions végétales et les espaces forestiers, mais aussi de limiter les impacts économiques liés à la mise en œuvre des dispositifs de quarantaine.

À télécharger

 

  • Dépliant de prévention contre le scarabée japonais – DRAAF Grand Est – 2026

  • Affiche de prévention contre le scarabée japonais – DRAAF Grand Est – 2026