Mon espace pro

Face aux contraintes de budget et aux préoccupations des Français en matière de santé mentale, informer et inspirer le consommateur pourrait aider la filière du végétal à consolider sa place dans les grands enjeux sociétaux. 

[Durée de lecture : 18 minutes] 

Dégradation de la santé mentale et des risques à prévoir

En France, près d’une personne sur cinq est concernée par un trouble psychique ou lié à la santé mentale.

D’après un sondage OpinionWay pour la Fondation Ramsay Santé, près de 6 Français sur 10 se disent stressés en 2025, une hausse significative (+ 18 points) par rapport à 2017. 43 % des Français estiment que leur niveau de stress a augmenté au cours des trois dernières années.

Dans les entreprises, le taux d’absentéisme a bondi de 25% en plus de six ans.

Les périodes de canicules, amenées à se renouveler davantage menacent aussi la santé mentale.

Le changement climatique, le choc intergénérationnel, le développement de l’IA ou encore l’augmentation de la précarité sont autant de facteurs susceptibles d’affecter également la santé au travail dans les années à venir.

D’autres facteurs environnementaux devraient augmenter dans les années à venir les risques sur la santé mentale (pandémies, exposition aux polluants chimiques, etc.).
Pour la deuxième année, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2026.

En 2018, en France, le coût des maladies mentales représentait 160 milliards d’euros (33 milliards de coûts directs et 126 milliards de coûts indirects : perte de qualité de vie, de productivité…).

Concernant la santé physique, si ces dernières années la proportion de personnes en surpoids en France a peu évolué, celle des personnes en situation d’obésité a augmenté en particulier chez les jeunes.

L’opportunité de valorisation des bienfaits du végétal et du jardin

Interrogés en avril 2026, plus de 1 000 Français ont participé à un sondage réalisé par OpinionWay pour Sofinco sur leur bien-être et leur budget pour en prendre soin.

Les résultats indiquent que 79 % des Français estiment avoir un bon état moral et 75% un bon état physique. Les trois sources de stress qui sont les plus importantes sont : l’avenir (75 %), le contexte économique et social (76 %) et le contexte géopolitique (72 %).

D’après Google Trends, en France, les recherches sur le web autour de la santé mentale ont cru de 250 % en 5 ans et celles de bien-être de 140 %.

Les résultats du sondage OpinionWay pour Sofinco montrent que le végétal et le paysage constituent déjà un terrain favorable pour le bien-être. Ainsi, pour se sentir mieux moralement ou physiquement 59% marchent / passent du temps à l’extérieur. 13% utilisent des plantes (tisanes, extraits de plantes, sprays naturels…).

Le Cahier de tendances Kantar pour VALHOR révèle que le végétal réapparaît comme un investissement personnel :

  • Sanitaire, soutenant l’équilibre mental et la régulation émotionnelle.
  • Émotionnel, procurant continuité et apaisement.

Réaffirmer la valeur émotionnelle du végétal et du jardin est l’un des trois leviers soulignés par Kantar pour faire évoluer la filière vers une dynamique positive et fédératrice.

 

Une opportunité de bien-être tout au long de l’année

Un article publié fin juin 2026 dans le magazine Garden Center met en évidence l’opportunité de promouvoir le bien-être apporté par le jardinage pour favoriser la fidélité des clients durant 52 semaines et pas uniquement lors des pics de vente de printemps.

« En janvier, les consommateurs se concentrent sur le renouveau, la routine et la santé mentale. En mars, ils recherchent le renouveau et l’intentionnalité. En été, ils privilégient la vie en plein air et les liens sociaux. À l’automne, ils aspirent au confort, aux récoltes et à un rythme plus lent. Durant les fêtes, les cadeaux et les expériences deviennent la priorité. », analyse le magazine Garden Center.

À travers les végétaux d’extérieur, d’intérieur – plantes et fleurs coupées -, la végétalisation au quotidien ne doit plus être un besoin de saison.

Lever les freins à l’entretien de son bien-être grâce au végétal et au jardin

Quels facteurs freinent aujourd’hui les Français lorsqu’il s’agit de prendre soin de leur bien-être ? Le coût financier empêche plus d’un Français sur 5 (22%) de prendre soin de son bien-être. Parmi les autres freins cités : le manque de temps (17%), la fatigue (12%) ou encore le manque de motivation (10%).

Quelques pistes pour valoriser les bienfaits du végétal par les professionnels de la filière :

  • Communiquer sur les bienfaits : émotions par les fleurs, activité physique par le jardinage, bien-être par les plantes… pour montrer que le végétal représente une solution financièrement accessible pour prendre soin de soi et un investissement durable
  • Partager des conseils simples pour créer un balcon, une terrasse ou un jardin apaisant, qui invite au bien-être pour favoriser la motivation et permettre à tous d’en profiter
  • Proposer une gamme de plantes demandant peu d’entretien pour lever le frein du manque de temps
  • Valoriser le service apporté par les professionnels du paysage pour profiter de ses espaces extérieurs en particulier si l’on manque de temps, d’énergie ou de motivation pour s’en occuper.

Au final, à travers le végétal et le jardin, il s’agit d’offrir un moment de respiration mentale.

D’après le magazine Garden Center, les Millenials et la génération Z seraient particulièrement réceptifs à la valorisation du bien-être apporté par le végétal et le jardin. Ces générations accordent beaucoup d’importance à la santé mentale et au bien-être. Cependant, ils ne se considèrent pas comme des jardiniers amateurs. Plutôt que de parler de jardinage, ce qui limiter la cible, il conviendrait d’après le magazine de parler de plantes comme outils au service du bien-être pour attirer ceux qui ne jardinent pas ou pas encore, ceux qui ne possèdent pas de jardin et n’ont pas l’habitude de se rendre en jardinerie.

Faire des points de vente des lieux de ressourcement

Comme l’indique le sondage OpinionWay pour Sofinco, les Français recherchent des solutions concrètes pour prendre soin de leur bien-être. Les points de vente de végétaux peuvent devenir des lieux d’inspiration et des destinations bien-être :

  •  parcours de découverte sensorielle ;
  •  ateliers de jardinage, de rempotage ;
  •  « pause végétale » ;
  •  espaces inspirants pour ralentir et s’évader.

Les jardineries peuvent organiser leur offre en fonction des besoins des clients, explique l’article de Garden Center :

  • Pour le sommeil : lavande, jasmin, camomille, plantes apaisantes pour la chambre
  • Pour la concentration : plantes de bureau, romarin, menthe, plantes d’intérieur nécessitant peu d’entretien
  • Pour réduire le stress : plantes aux propriétés sensorielles, plantes aromatiques, feuillages au toucher doux
  • Une meilleure alimentation : micro-pousses, graines germées, plantes aromatiques, fleurs comestibles, légumes pour terrasse

Un enjeu pour toute la chaîne de valeur du végétal

Un autre article de Greenhouse Grower interviewe l’universitaire Charlie C. Hall et donne des pistes pour mettre en valeur les atout du végétal.

Les plantes apportent des bienfaits fonctionnels, économiques, environnementaux, sur la santé et le bien-être. Cependant, le grand public ne mesure pas encore l’ensemble de ces bienfaits. Il convient de toucher à la fois « le cœur et la tête » du consommateur en faisant comprendre les apports du végétal dans les espaces où l’on vit, travaille, se détend.

D’après Charlie Hall, cet enjeu concerne l’ensemble de la chaîne de valeur du végétal.

« Trop de gens pensent que cela relève du travail de la distribution parce qu’elle est en contact direct avec le consommateur. Mais c’est un sujet de filière. »

Durant le confinement en début de crise sanitaire, les gens ont voulu s’occuper de leurs végétaux pour les bénéfices en termes de santé qu’ils apportent. Pour continuer d’influencer l’élasticité de la demande par rapport au prix (dans ce contexte d’inflation) C. Hall recommande de parler des fonctionnalités du végétal en plus des caractéristiques esthétiques. D’après lui, cet enjeu constitue l’une des grandes opportunités pour la filière.

En France, selon l’étude Les Français et le végétal réalisée par Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR fin 2020- début 2021, 32% des Français attribuent au végétal un rôle purement décoratif tandis que 71% considèrent qu’il apporte une touche de naturalité indispensable à leur bien-être.

Au final, comme l’explique le magazine Garden Center, il s’agit de passer :  

  • Du produit au résultat
  • Du prix à la valeur
  • De la transaction à l’expérience