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Une étude qui permet de connaître les comportements des possesseurs de jardin, de balcon, terrasse ou cour dans un contexte de sensibilité croissante aux enjeux environnementaux.

[Durée de lecture : 14 minutes.]

Méthodologie de l’enquête SNHF sur les pratiques culturales des jardiniers·ères amateur·rice·s

La Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) a pour mission de diffuser les connaissances et savoir-faire horticoles aux amateurs de jardinage. La plateforme « Jardiner Autrement » soutenue par l’Office Français de la Biodiversité constitue pour la SNHF un outil dédié aux jardiniers amateurs, de sensibilisation et de vulgarisation aux pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement.

La SNHF a réalisé une enquête en ligne entre juillet et octobre 2025 sur un échantillon varié de 1810 individus (sans pondération au regard de la structure de la population française). À noter que les 40-74 ans sont surreprésentés dans l’enquête : ils constituent 78% des répondants contre 43% de la population française (source : INSEE). Les 60-74 ans représentent 49% des répondants contre 17% de la population française. Les femmes sont également davantage représentées (67% de la population interrogée contre 51% de la population française).

L’étude identifie trois profils : les amateurs possesseurs de jardin – ornemental, ou jardin potager / verger – et les amateurs de jardinage « hors-sol ».

Dans cette enquête SNHF, plus de 7 répondants sur 10 jardinent depuis au moins 10 ans.

Étude SNHF : Perception du jardin

Lorsque l’on demande aux possesseurs de jardin ce que ce dernier évoque pour eux, ce qui ressort le plus est :

  • bien-être et détente (75% de réponses),
  • espace d’ornement (64%),
  • espace de production (61%),
  • espace pour accueillir la biodiversité (59%).

« L’analyse montre que les jardiniers situés en zone rurale accordent davantage d’importance aux fonctions liées à la biodiversité et à la production alimentaire » indique l’étude SNHF.

Les personnes qui jardinent sur leur balcon, terrasse, cour voient leur espace extérieur avant tout comme un espace d’ornement (77%), de bien-être et de détente (72%), un espace de loisir (55%) ou encore de convivialité (41%).

Lutte contre les maladies et ravageurs

Pour lutter contre les maladies et ravageurs, les possesseurs de jardin potager et de verger mettent en place des abris pour favoriser la biodiversité (20%), cultivent des plantes compagnes (19%), réalisent ou utilisent des concoctions naturelles (18%) ou encore mettent en place des méthodes de protection mécaniques (13%).

Ceux qui disposent d’un balcon, d’une terrasse ou d’une cour luttent contre les maladies et ravageurs avant tout en réalisant ou en utilisant des concoctions naturelles (23%), en achetant des produits bio ou de bio contrôle (16%), en cultivant des plantes compagnes (16%) ou encore en plaçant des abris pour promouvoir la biodiversité (14%).

Parmi les possesseurs de jardin potager / verger déclarant acheter en jardinerie des produits pour lutter contre les maladies et ravageurs : 47% achètent des fongicides et 45% des insecticides compatibles avec l’agriculture biologique.

Amendements / supports de culture

Les possesseurs de jardin ornemental effectuent principalement :

  • un apport de matières organiques solides d’origine végétale (32%),
  • un apport de matières organiques solides d’origine animale (23%),
  • ou réalisent des intercultures (17%).

Les possesseurs de balcon, terrasse ou cour utilisent davantage comme support de culture des matières organiques solides d’origine végétale (38%) et des fertilisants (engrais) biologiques achetés en jardinerie (31%).

Soutien à la biodiversité

Pour accueillir la biodiversité, les possesseurs de jardin potager / verger installent des nichoirs, mangeoires ou abreuvoirs (13%), cultivent des plantes mellifères (12%), mettent en place un tas de bois mort (12%) ou encore laissent des zones non tondues (10%).

Pour gérer les plantes spontanées, 42% des possesseurs de jardin potager / verger optent pour du désherbage mécanique (manuel ou tonte) et 31% occultent la lumière. Pour occulter la lumière, ils recourent essentiellement à du paillage organique (53%), à des plantes couvre-sol (20%) et dans une moindre mesure à une bâche plastique (12%) ou à du paillage textile (9%).

En matière de travail du sol, 67% possesseurs de jardin potager / verger déclarent aérer le sol avant la plantation, 16% travaillent en profondeur le sol avant la plantation (retournement) et 14% ne pratiquent aucun travail du sol.

Utilisation de la ressource eau

Sur l’ensemble des jardiniers amateurs répondants (quel que soit leur espace de végétalisation), pour s’approvisionner en eau 47% récupèrent de l’eau de pluie, 32% utilisent de l’eau du robinet, 10% récupèrent des eaux grises (eau ménagère) et 11% utilisent d’autres sources (puits, source d’eau naturelle, rivière). 

Le croisement des résultats avec la surface du jardin indique que les jardins de plus de 300 m² utilisent moins l’eau du robinet que les surfaces de moins de 300 m². 

Les résultats montrent aussi que « le degré d’urbanisation du lieu d’implantation des jardins influence fortement la source d’eau utilisée ».  

Voir aussi l’enquête Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR sur les pratiques des Français en matière de gestion de l’eau.

Sujets de préoccupation et besoins d’information des jardiniers amateurs

Plus de 8 personnes interrogées sur 10 déclarent ne pas rencontrer de difficultés pour obtenir des réponses à leurs questions concernant leurs espaces de jardinage.

Les trois principaux sujets qui préoccupent les possesseurs de jardin sont :

  • la gestion des ravageurs (17%),
  • la gestion des maladies (15%)
  • l’impact du changement climatique (12%).

Les trois sujets qui préoccupent le plus les jardiniers amateurs « hors-sol » (balcon, terrasse, cour) sont : la gestion des maladies (20%), la gestion des ravageurs (19%) et la gestion de l’arrosage (16%).

Les supports de communication les plus utilisés par les personnes interrogées sont les vidéos YouTube, les lettres d’information et la presse jardinage pour 19% chacune contre 8% pour les réseaux sociaux. Rappelons toutefois que la population des répondants est plus âgée que la population française. D’ailleurs, le détail par tranche d’âge indique que les jeunes générations utilisent davantage les vidéos et réseaux sociaux.