Mon espace pro

Aux côtés du sociologue Arnaud Zegierman, les échanges ont permis de décrypter les mutations en cours et d’identifier des pistes concrètes pour recruter, fidéliser et transformer les pratiques.

Accéder à la présentation

Une société en mutation… mais souvent mal comprise

Pour Arnaud Zegierman, sociologue chez Viavoice, la première étape indispensable c’est : dépasser les idées reçues sur la société française.

« Pour savoir ce qui va se passer à l’avenir, il faut déjà essayer de comprendre ce qui se passe dans la société aujourd’hui. »

Contrairement à une vision souvent anxiogène :

  • 80 % des Français se déclarent heureux,
  • 56 % estiment que ce qui les unit est plus important que ce qui les divise,
  • et 9 Français sur 10 recherchent avant tout l’apaisement

Cela amène à un constat clé pour les entreprises : la perception médiatique du monde ne reflète pas toujours la réalité des attentes sociales.

Le travail : une valeur toujours centrale, mais en transformation

Contrairement à certaines idées reçues, 76 % des actifs déclarent que leur travail les intéresse et 74 % qu’il leur permet de se sentir utiles.

Le travail reste :

  • un bien social,
  • un lieu de lien et d’identité,
  • mais aussi un espace en recomposition.

Une évolution marquante

Ce qui change profondément, ce n’est pas le rapport au travail lui-même, mais les conditions de son acceptabilité :

  • recherche d’équilibre vie pro / vie perso,
  • besoin de sens,
  • attentes de flexibilité.

« Les jeunes ne refusent pas de travailler, mais souhaitent travailler autrement. »

Un choc démographique structurant pour l’emploi

L’un des enseignements majeurs des données partagées par Arnaud Zegierman concerne la démographie :

  • 17 % de la population a entre 18-30 ans contre 50 % de plus de 50 ans,
  • un vieillissement accéléré de la population,
  • et de nouveaux enjeux sociaux (aidants, familles monoparentales).

« Des jeunes, il y en a très peu. Ça devient une denrée rare. », Arnaud Zegierman.

Conséquence directe : les tensions de recrutement ne relèvent pas uniquement d’un problème d’image ou d’attractivité, mais aussi d’un déséquilibre structurel.

Des métiers du végétal encore mal connus

Tous les intervenants convergent : le principal frein au recrutement reste la méconnaissance des métiers.

« On n’est pas que des pousseurs de tondeuse. » souligne Marie-Hélène Jouannet, Secrétaire Générale de l’UNEP.

Les réalités du secteur :

  • forte diversité de métiers (conception, production, commercialisation),
  • intégration croissante de technologies (robotisation, IA, capteurs),
  • métiers non délocalisables et au cœur des enjeux écologiques.

Jean-Pierre Tabeur, Directeur régional adjoint IDF aux opérations chez France Travail précise : « Il y a un écart entre les représentations et la réalité des compétences attendues. »

 

Un paradoxe persistant : des candidats… mais peu adaptés

Malgré un nombre important de candidatures, les entreprises rencontrent un décalage qualitatif : « On reçoit des centaines de CV, mais pas avec les qualifications requises. » précise Clément Micheau, directeur du magasins « Les fermes de Gally ».

En cause :

  • manque de formations techniques,
  • reconversions professionnelles mal préparées,
  • représentations erronées des métiers.

De fait, les employeurs font évoluer leurs attentes et les décalent vers les soft skills. Clément Micheau précise : « Les compétences techniques s’acquièrent. L’engagement, la curiosité et la fiabilité, c’est plus difficile. »

Les compétences qui seront recherchées en priorité :

  • motivation pour le vivant,
  • sens du collectif,
  • capacité d’adaptation,
  • envie de progresser.

Une évolution stratégique pour la filière, qui doit adapter ses pratiques de recrutement.

Reconversion, diversité des publics et inclusion : des leviers clés

La filière attire de plus en plus :

  • des personnes en reconversion,
  • des profils issus d’autres secteurs,
  • davantage de femmes.

Jean-Pierre Tabeur souligne deux points essentiels : « La reconversion est ouverte à tous les âges. » et « Se limiter à certains profils est une aberration économique. »

Des dispositifs concrets pour recruter autrement

Plusieurs solutions opérationnelles pour recruter autrement ont été mises en avant, notamment les immersions professionnelles. C’est un excellent outil pour tester la motivation et casser les idées reçues.  Et les résultats sont notables : près de 80 % de recrutement après une immersion.

Ces dispositifs permettent :

  • de sécuriser les recrutements,
  • de mieux orienter les candidats,
  • de faire découvrir concrètement les métiers.

Adapter les organisations pour rester attractifs

Les entreprises doivent également faire évoluer leurs pratiques internes :

  • flexibilité des horaires,
  • adaptation aux contraintes familiales,
  • nouvelles formes d’organisation.

« Sinon, vous aurez du turnover et plus de difficultés à recruter. », Clément Micheau.

Une filière porteuse de sens et d’avenir

Au-delà des défis, les intervenants ont insisté sur les atouts structurants du secteur :

  • réponse aux enjeux écologiques,
  • contribution au bien-être (santé physique et mentale),
  • ancrage territorial fort,
  • emplois durables.

« Vous avez des formidables métiers, pourvoyeurs de plaisir et de carrière. » précise Stéphane Viry, Député dans la 1re circonscription des Vosges et membre de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée Nationale.

Changer le regard pour transformer l’attractivité

Le message partagé est clair :

« Il faut se faire connaître, montrer la réalité des métiers et partager leur sens. », Stéphane Viry.

L’enjeu n’est pas uniquement de recruter, mais de :

  • faire évoluer les représentations,
  • ouvrir la filière à de nouveaux publics,
  • et adapter durablement les organisations.

En somme, l’attractivité ne se décrète pas : elle se construit, collectivement, au croisement de la société, de l’économie et du sens donné au travail.

À télécharger

  • Attractivité des métiers du végétal : conférence du 27/05/26 à Jardins, Jardin