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Sur le marché français des végétaux, plus de 2/3 des dépenses des particuliers sont effectués dans des circuits spécialisés : jardinerie, fleuriste, horticulteur, pépiniériste… 

Les données du panel consommateurs Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR montrent une tendance à la baisse des circuits spécialisés depuis la fin de la crise sanitaire, davantage en valeur qu’en volume. 

Point sur les circuits spécialisés vs non spécialisés

[Durée de lecture : 16 minutes]

Des facteurs qui pèsent sur le commerce spécialisé

Le commerce spécialisé doit faire face à une concurrence accrue des points de vente généralistes et des acteurs du e-commerce, qui se traduit par des pertes de part de marché et une baisse de la fréquentation des circuits spécialisés. Les fermetures et faillites progressent.

Par ailleurs, les commerces spécialisés disposent parfois de gammes complexes, difficiles à gérer. Le trafic en points de vente et les économies d’échelle sont également plus faibles. Une situation qui affaiblit la performance logistique en particulier en matière de livraison rapide par rapport au e-commerce.

Des opportunités à détecter à travers les changements de comportement de consommation

Le consommateur actuel est inondé de publicités et intègre ou prévoit d’intégrer de plus en plus l’IA dans sa recherche de produits. Les pratiques « classiques » de marketing perdent alors de leur efficacité. Parallèlement, les consommateurs recherchent une expérience, des conseils personnalisés.

D’après le Boston Consulting Group (BCG), les consommateurs, notamment les jeunes, expriment un regain d’intérêt vis-à-vis du point de vente physique  ; ils souhaitent vivre une expérience en magasin et être en contact direct avec le produit.

Quels leviers à activer pour valoriser les atouts du commerce spécialisé ?

Le BCG propose 5 leviers

  1. Créer une expérience sans précédent : par des expériences immersives, des conseils d’expert, des animations.
  2. Intégrer l’IA dans la relation client : utiliser des agents conversationnels pour conseiller, personnaliser l’offre, préparer l’achat
  3. Utiliser l’IA pour le marketing : créer rapidement des contenus, personnaliser plus facilement et largement, engager le consommateur via les réseaux sociaux et l’influence
  4. Repenser la logistique pour permettre une livraison plus rapide, une meilleure gestion des stocks et un approvisionnement local.
  5. Étendre sa présence sur les plateformes de vente en ligne : les market places représentent environ 2/3 du commerce mondial, d’après les estimations. Elles permettent d’atteindre de nouveaux clients.

Quels leviers concrets et adaptés à la filière du végétal pour transformer leurs atouts en avantages concurrentiels ?

Dans un contexte de montée en puissance du e-commerce, les commerces spécialisés apparaissent souvent fragilisés. Pourtant, les entreprises du végétal disposent d’atouts uniques : une expérience sensorielle, un produit vivant et une expertise métier difficilement reproductibles en ligne. L’enjeu n’est donc pas de rivaliser frontalement avec les grands acteurs du e-commerce mais de valoriser ces spécificités.

L’expertise humaine comme facteur clé de différenciation

Pour les entreprises du végétal, le point de vente reste un atout majeur à condition d’être repensé. Les initiatives les plus efficaces reposent sur la mise en situation et l’interaction : ateliers de plantation ou de composition florale, démonstrations de taille ou d’entretien, mise en scène saisonnière des produits. Ces dispositifs transforment l’achat en expérience et créent un lien durable avec le client. Ce positionnement est particulièrement pertinent dans la filière du végétal, où la dimension sensorielle et vivante du produit constitue un avantage concurrentiel naturel.

Autre levier essentiel : le conseil. Le conseil sur mesure, la connaissance fine des végétaux et la capacité à diagnostiquer les besoins d’un client (type d’exposition, niveau d’entretien, contraintes d’espace) sont autant d’éléments différenciants. Pour valoriser cet atout, plusieurs actions simples peuvent être mises en place : renforcer la formation des équipes, rendre visible l’expertise en magasin ou sur les supports digitaux ou encore structurer des parcours de conseil pour guider le client.

L’intelligence artificielle : un outil accessible pour gagner en efficacité

Des solutions simples adaptées aux petites entreprises permettent d’obtenir des bénéfices concrets. L’IA peut notamment être mobilisée pour produire des contenus marketing : fiches produits, newsletters, publications sur les réseaux sociaux ou FAQ automatisées. Elle peut également soutenir la personnalisation des recommandations clients via des outils de gestion de la relation client (CRM) basiques.

L’enjeu principal n’est pas technologique mais organisationnel : il s’agit avant tout de gagner du temps et d’améliorer la régularité des actions marketing.

 

Passer d’un marketing promotionnel à un marketing d’inspiration

Les attentes des consommateurs évoluent : au-delà du produit, ils recherchent désormais des idées, des solutions et des sources d’inspiration.
Pour les entreprises du végétal, cela implique de renouveler leur approche marketing en développant des contenus utiles et engageants. Vidéos courtes sur l’entretien des plantes, idées d’aménagement végétal, storytelling autour des saisons ou des producteurs : ces formats permettent de valoriser l’offre tout en accompagnant le client dans ses projets. Les exemples « avant/après » (jardin, balcon, intérieur) sont particulièrement efficaces pour illustrer la valeur ajoutée du végétal.

Simplifier le parcours d’achat

Un des freins majeurs à l’achat reste la complexité de l’offre. Face à une grande diversité de produits, le client peut rapidement se sentir perdu.
Dans l’univers du végétal, les entreprises peuvent simplifier la lecture de leur offre par la création de packs (ex : « kit balcon », « plantes faciles », « jardin sec »), une signalétique claire ou encore un classement des produits par usage (ombre, plein soleil, intérieur, extérieur…).Cette simplification améliore l’expérience client et facilite la décision d’achat.

ASTREDHOR a travaillé dans ce domaine avec le projet Créa Gam.

Renforcer la visibilité digitale

La visibilité en ligne constitue aujourd’hui un prérequis. Des solutions accessibles permettent déjà d’améliorer sa présence : référencement sur Google Shopping, utilisation des réseaux sociaux (Instagram, Pinterest), présence sur des marketplaces locales ou sectorielles. L’objectif n’est pas de multiplier les outils, mais d’assurer que l’entreprise soit facilement trouvable par ses clients potentiels.

Conclusion : prioriser les actions pour maximiser l’impact

Enfin, un point central pour les PME : la priorisation. Les ressources étant limitées, il est essentiel de concentrer les efforts sur quelques leviers clés.
Pour les entreprises du végétal, au regard des recommandations du Boston Consulting group, une stratégie réaliste repose sur quatre priorités : développer l’expérience client en point de vente, produire des contenus et renforcer la visibilité digitale, simplifier l’offre, utiliser des outils d’IA simples pour soutenir le marketing.