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Retour sur l’actualité internationale de l’horticulture de mai 2026.  

[Durée de lecture : 10 minutes]

 Les préoccupations mises en avant en France

En 2026, la filière française de l’horticulture ornementale évolue dans un contexte contrasté. La demande de végétal reste soutenue grâce aux attentes sociétales liées au cadre de vie, à la nature en ville et à la transition écologique. Cependant, les entreprises doivent simultanément faire face à l’augmentation des coûts de production, aux tensions sur l’emploi, aux contraintes réglementaires et aux conséquences du changement climatique.

Pour les producteurs français, l’enjeu principal consiste à maintenir leur compétitivité tout en réduisant les intrants et en répondant aux exigences environnementales. Les itinéraires de production doivent être repensés dans un contexte où les marges se réduisent sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques, logistiques et des matières premières. Les normes environnementales et administratives renforcent cette pression économique, tandis que les difficultés pour trouver de la main-d’œuvre qualifiée et pour transmettre les entreprises deviennent plus visibles. Le principal défi de la production française est donc de réussir sa transition écologique avec des moyens financiers plus limités.

La distribution connaît également une profonde mutation. Le marché du végétal d’ornement est devenu plus prudent et plus volatil, obligeant les entreprises à recréer l’envie d’achat. Les consommateurs attendent désormais davantage de conseil, d’expérience et de services personnalisés. Les points de vente physiques doivent devenir des lieux d’inspiration et de pédagogie, complétés par une forte présence numérique, notamment sur les réseaux sociaux et via des services comme le click & collect. Les attentes en matière de traçabilité, de production locale et de confiance progressent fortement. Le défi des distributeurs consiste donc à vendre de manière moins classique, et plus orientée vers le conseil, et des nouvelles attentes.

Les entreprises du paysage bénéficient quant à elles d’une demande croissante, portée par les collectivités et les particuliers. Les besoins concernent notamment les jardins économes en eau, la végétalisation urbaine, la désimperméabilisation des sols et les aménagements adaptés au changement climatique. Toutefois, les difficultés de recrutement et la hausse des coûts réduisent la rentabilité des entreprises. Les paysagistes doivent ainsi répondre à des attentes écologiques et environnementales plus fortes tout en subissant une pression accrue sur les marges et les ressources humaines.

PANORAMA DE LA FILIÈRE HORTICOLE FRANÇAISE

À l’échelle européenne, des préoccupations sont communes à tous les pays : manque de main-d’œuvre, baisse des marges, transition énergétique et exigences environnementales. Néanmoins, les priorités diffèrent selon les contextes nationaux.

En Allemagne, les entreprises sont surtout préoccupées par les coûts énergétiques, le recrutement qualifié et l’importance des procédures administratives. Les distributeurs font face à des consommateurs très attentifs au prix, mais également plus exigeants sur la durabilité des produits.

Aux Pays-Bas, la principale inquiétude concerne le durcissement réglementaire. Les nouvelles orientations politiques imposent des contraintes environnementales importantes, notamment sur l’eau, le carbone et la logistique, alors même que les coûts augmentent fortement. Les professionnels redoutent également une hausse de la TVA sur les produits horticoles. Malgré une nette avancée en automatisation et en logistique, le pays, dépendant de l’import/export, reste très exposé aux tensions géopolitiques et aux risques liés au commerce international.

Au Royaume-Uni, les conséquences du Brexit continuent de peser fortement sur la filière. Les difficultés de recrutement, l’augmentation des coûts énergétiques et la complexité des procédures d’importation fragilisent producteurs et distributeurs. Les organisations professionnelles réclament un meilleur accord phytosanitaire avec l’Union européenne afin de fluidifier les échanges.

En Espagne et en Italie, les préoccupations sont davantage liées aux risques climatiques. La disponibilité en eau, les épisodes de sécheresse, le manque de main-d’œuvre saisonnière et les surcoûts logistiques pénalisent des économies horticoles très tournées vers l’exportation en Europe du Nord.

 

 

Dans ce contexte européen tendu, la filière française conserve néanmoins une position relativement solide face à ses voisins. La capacité d’adaptation, la réactivité des entreprises et l’accompagnement des transitions économiques et écologiques seront déterminants pour les années à venir. 

Article rédigé par Brand Wagenaar pour VALHOR.  

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  • Sources : veille internationale semaines 18 à 21 2026