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La Fédération des Jardineries et Animaleries de France pilote un panel distributeurs du marché du jardin, réalisé en partenariat avec la Fédération des Magasins de Bricolage et de l’Aménagement (FMB) et complété par des données provenant de la grande distribution via NielsenIQ et du e-commerce.

L’étude montre qu’en 2025, le marché français du jardin atteint 8,52 milliards d’euros, affichant une quasi-stabilité à -0,3 % sur un an. Derrière cette tendance se cache une réalité beaucoup plus contrastée, marquée par des évolutions différenciées selon les circuits de distribution et les catégories de produits, révélant une transformation progressive du secteur.

[Durée de lecture : 9 minutes]

Des dynamiques variables selon les circuits de distribution

Les jardineries et Libres-services agricoles conservent leur rôle central dans l’univers du jardin, avec 3,39 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit près de 40 % du marché. Cependant, elles enregistrent un recul de -2,3 % dans un contexte concurrentiel renforcé.

Les grandes surfaces de bricolage (GSB) avec 2,78 milliards d’euros de ventes, affichent une baisse de -0,9 %.

À l’inverse, deux circuits progressent : la grande distribution alimentaire (GSA) qui progresse de +2,2 %, atteignant 1,39 milliard d’euros. L’autre circuit étant l’e-commerce qui poursuit sa montée en puissance avec +5,2 %, à 0,96 milliard d’euros, représentant désormais plus de 11 % du marché.

Cette évolution confirme une tendance de fond : la multiplication des parcours d’achat et la montée du digital, qui modifient les équilibres du marché.

Des performances produit révélatrices de nouvelles attentes

L’analyse par segments de produits met en lumière des dynamiques très différentes.

Du côté des équipements, les outils motorisés de jardin reculent nettement (-4,7 %), dans un contexte de saturation post-période Covid. Les ménages, déjà équipés, renouvellent moins, ce qui pèse sur la croissance de cette catégorie.

À l’opposé, les segments liés à l’agrément et aux usages extérieurs affichent une dynamique positive. Ainsi, les loisirs au jardin (mobilier, plein air, cuisson extérieure) progressent de +3,8 %. La décoration extérieure enregistre une hausse de +4,4 %.

Ces évolutions traduisent un changement structurel de la demande : le jardin n’est plus seulement un espace de production ou d’entretien de végétaux, mais devient un lieu de vie à part entière, valorisé pour son confort, son esthétique et sa dimension sociale.

L’influence des conditions climatiques et de l’évolution des comportements

La performance des segments liés aux loisirs et à l’agrément s’explique en partie par des conditions météorologiques favorables, avec un ensoleillement en hausse de 7 % durant l’été 2025.

Mais au-delà de cet effet conjoncturel, c’est bien une évolution des comportements qui est à l’œuvre. Les consommateurs arbitrent davantage leurs dépenses en faveur de produits apportant plaisir immédiat et valorisation de l’espace extérieur.

Le rayon végétal reste globalement stable, sans toutefois capter les dynamiques de croissance observées sur d’autres segments.

L’enjeu pour assurer la croissance de ce marché ne porte pas uniquement sur les volumes ou les prix, mais sur la capacité à répondre à des attentes plus larges en matière d’expérience et de cadre de vie.

Une lecture du marché enrichie par un nouvel outil lancé par Jardineries et Animaleries de France

Ces analyses s’appuient sur un dispositif de suivi du marché piloté par Jardineries et Animaleries de France, combinant plusieurs sources avec au total plus de 9 000 points de vente physiques et des données issues du e-commerce.
Ce panel permet de croiser les informations provenant des jardineries et LISA, des enseignes de bricolage, de la grande distribution alimentaire et des ventes en ligne via des données de paiement.