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Détroit d’Ormuz -Crédit Google Map

L’incertitude économique qui en découle pèse sur la filière horticole. La production et le commerce des plantes et des fleurs sont impactés pour plusieurs raisons.

[Durée de lecture : 9 minutes]

Une hausse brutale des coûts de l’énergie pour les producteurs horticoles

Les tensions géopolitiques actuelles, notamment au Moyen-Orient, perturbent profondément la filière horticole en déstabilisant les marchés de l’énergie, des intrants et de la logistique. Cette situation crée une forte incertitude économique et fragilise l’ensemble de la chaîne de production et de distribution des plantes et des fleurs.

La hausse brutale des coûts énergétiques constitue un impact majeur, en particulier pour les producteurs sous serre, où le chauffage représente jusqu’à 40 % des charges. En période pré-printanière, le maintien de températures élevées accroît fortement la consommation d’énergie, entraînant une dégradation des marges et des tensions sur les trésoreries. Les producteurs adaptent leurs pratiques (baisse des températures, investissements dans des solutions économes), mais peinent à répercuter ces hausses sur des consommateurs sensibles aux prix.

Le conflit au Moyen-Orient ravive les inquiétudes sur le marché mondial des engrais

Le marché des engrais est sous pression, car leur production dépend du gaz naturel qui était bon marché au Moyen-Orient. Les perturbations dans des zones stratégiques, comme le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante des exportations mondiales, risquent d’entraîner une hausse des prix et des difficultés d’approvisionnement.

Pour les substrats, les coûts logistiques augmentent fortement, car ils représentent près de 50 % du prix final. Le renchérissement du fret maritime et routier, combiné aux tensions déjà constatées sur les matières premières, impacte toute la chaîne jusqu’aux utilisateurs, au moment de l’année où l’utilisation est la plus importante.

Les coûts logistiques en hausse pour les fleurs coupées importées

Le secteur des fleurs coupées est lui aussi touché, avec des risques sur la disponibilité et une hausse significative des prix à l’approche des pics de consommation. 85 % des fleurs vendues en France proviennent de l’étranger. La majorité est produite au Kenya, transite par le Moyen-Orient, arrive aux Pays-Bas, puis est acheminée par la route. La situation explosive au Moyen-Orient et ses effets sur les prix du pétrole et du gaz vont fortement impacter, selon l’ampleur et la durée du conflit, la logistique aérienne et la chaîne du froid en amont et la logistique routière pour la distribution. La disponibilité des fleurs coupées pour les fêtes des mères, qui se succéderont en Europe, n’est pour le moment pas garantie, et les prix seront probablement plus élevés.

Enfin, la demande des consommateurs, déjà fragilisée par le contexte économique incertain, pourrait se contracter. Pris en tenaille entre les augmentations inévitables des intrants en amont et la frilosité des consommateurs en aval, les producteurs absorberont, comme souvent, une partie du choc, mais la situation économique de ce segment de filière était déjà très tendue et son élasticité est à la limite du possible.

La concertation de tous les maillons de la filière est vitale pour mettre en place les moyens de traverser cette crise dont on ne connaît encore ni l’ampleur, ni la durée.

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  • Sources : veille internationale semaines 10 à 13 2026