Mon espace pro

Crédit photo : Freepik / Juicy Fish

Chaque année, le Forum Économique Mondial1 publie le rapport des risques mondiaux. Ce rapport a pour vocation de guider à la prise de décision en trouvant un équilibre entre la gestion des crises actuelles et les priorités de long terme.

Ce rapport repose entre autres sur les enseignements de l’enquête de perception des risques mondiaux 2025-2026 (Global Risks Perception Survey – GRPS) ayant recueilli les insights de 1 300 experts à travers le monde entre le 12 août et le 22 septembre 2025. L’étude s’intéresse aux risques actuels ou à venir dans un futur très proche (2026), les risques à court et moyen terme (2028) et ceux à plus long terme (2036). Le rapport traite également des conséquences de ces risques et de leurs interconnections.

« Le « risque global » se définit comme la possibilité de la survenance d’un événement ou d’une situation qui, s’il se produit, aurait un impact négatif sur une part importante du PIB mondial, de la population ou des ressources naturelles. » indique le Forum Économique Mondial dans sa publication.

1 ONG réunissant chaque année de grands dirigeants issus du monde politique et économique, des membres d’ONG, du monde scientifique et des médias.

[Durée de lecture : 17 minutes]

Principaux constats en matière de risques mondiaux

L’incertitude pèse sur les perspectives mondiales : 50% des répondants de l’enquête GRPS anticipent une situation turbulente ou orageuse dans les deux prochaines années. Une proportion qui monte à 57 % lorsque l’on considère les dix prochaines années.

Une situation plus calme à partir de 2029 ?

Les résultats de l’enquête GRPS 2026 montrent par rapport à 2025 une augmentation de 14 points de pourcentage du nombre de répondants prévoyant des perspectives turbulentes ou orageuses pour les deux prochaines années.

En revanche, la proportion de répondants anticipant une situation turbulente ou orageuse dans les dix prochaines années passe de 62 % en 2025 à 57 % en 2026. Le nombre de répondants prévoyant à dix ans des perspectives calmes ou stables ou incertaines augmente légèrement (trois points et deux points de pourcentage respectivement).

« Le système multilatéral est sous pression.

La baisse de la confiance, la diminution de la transparence et du respect de l’État de droit, ainsi que la montée du protectionnisme, menacent les relations internationales établies, le commerce et les investissements, et accroissent le risque de conflit ».

Dans l’enquête GRPS, parmi un ensemble de 33 risques, celui qui apparaît en tête de ceux ayant la plus forte probabilité de déclencher une crise matérielle à l’échelle mondiale en 2026, avec 18% de réponses, est la confrontation géoéconomique. C’est également le risque qui arrive en tête à horizon 2028. Dans un monde fragilisé par les rivalités, l’instabilité des chaînes d’approvisionnement et les conflits qui perdurent génèrent des effets systémiques et mondiaux. Le deuxième risque mondial est celui d’un conflit armé.

Crédit photo : Pixabay

 

Les risques économiques montent en puissance

Si l’on réunit les différents risques économiques (ralentissement économique, dettes, inflation…), on observe qu’ils progressent par rapport à 2025. Le risque de ralentissement économique qui était en 2025 à la 14e place monte à la 6e place en 2026.

D’ici deux ans, les préoccupations croissantes concernant la soutenabilité de la dette associées à des bulles économiques potentielles – dans un contexte de confrontation géoéconomique croissante – pourraient générer une nouvelle phase de volatilité, qui risque de déstabiliser davantage les pays et leurs entreprises.

Crédit photo : Pexels /Mike Norris

Les risques technologiques progressent

Si le développement de la technologie et ses innovations génèrent des opportunités réelles et potentielles pour de nombreux domaines (santé, éducation, agriculture, infrastructures), ils créent aussi de nouveaux risques dans tous les domaines. Au final, le risque de mésinformation et de désinformation occupe la 5e place du classement des risques mondiaux en 2026 et la cybersécurité la 9e place. Le risque d’effets néfastes liés à l’Intelligence Artificielle (IA) occupe en 2026 la 8e place.

L’accélération des technologies quantiques peut offrir des opportunités considérables aux sociétés et aux économies, avec par exemple une modélisation climatique et météorologique plus précise et plus rapide et la découverte de nouveaux médicaments. Toutefois, d’après Le Global Risk Report, cette accélération risque également de devenir une nouvelle facette de la rivalité stratégique, de la bifurcation économique et de la polarisation politique.

Crédit photo : Pixabay

 

Une situation dangereuse pour les sociétés

La démocratie est mise sous pression par la concentration de forces sociales et politiques. Les mouvements sociaux, culturels et politiques extrémistes mettent à l’épreuve la résilience institutionnelle et la confiance du public. Les citoyens doutent de plus en plus de la capacité des politiques publiques à améliorer concrètement leurs conditions de vie.

Les inégalités occupent en 2026 la 10e place des risques mondiaux. Dans l’enquête de perception des risques mondiaux, les répondants désignent en 2026 comme en 2025 les inégalités comme le risque mondial le plus interconnecté ; le deuxième étant le ralentissement économique. La richesse reste concentrée, d’importantes pressions sur le coût de la vie demeurent. Dans les pays où la situation financière des individus est très disparate, cette situation représente un risque particulièrement élevé pour la société et son financement.

Crédit photo : Pexels /Sami TÜRK

Les préoccupations environnementales deviennent moins prioritaires

Face à la montée des risques non environnementaux identifiés par les répondants dans l’étude GRPS 2026, ceux ayant un caractère environnemental reculent. Ainsi, par rapport aux années précédentes, la majorité des risques environnementaux pour les deux années à venir ont reculé dans le classement des risques mondiaux : phénomènes météorologiques extrêmes, pollution, perte de biodiversité, effondrement des écosystèmes… Leur niveau de gravité est également en recul pour les deux années à venir. Ces deux tendances marquent un affaiblissement des préoccupations environnementales.

À plus long terme (2036), les risques environnementaux ont conservé leur rang parmi les risques les plus graves.

Dans l’enquête RGPS 2026, il a été demandé aux individus de classer les grandes catégories de risques – sociétaux, technologiques, économiques, environnementaux, géopolitiques – selon leur degré à long terme (10 ans) : calme (risque négligeable de catastrophe mondiale), stable (perturbations isolées, faible risque de catastrophe mondiale), instable (risque modéré de catastrophe mondiale), turbulences (bouleversements et risque accru de catastrophes mondiales) et tempête (des risques catastrophiques mondiaux se profilent). Si 8 à 18% des répondants ont classé les risques non environnementaux en catégorie « tempête », ils sont 40% à les classer à ce niveau pour les risques environnementaux.

En outre, le rapport souligne la menace des phénomènes météorologiques extrêmes et du changement climatique sur les infrastructures vieillissantes (telles que les tensions sur les réseaux électriques) pouvant impacter la chaîne d’approvisionnement.

Crédit photo : Pexels / Kelly

Un nouvel ordre concurrentiel apparaît

La géoéconomie se transforme et l’environnement concurrentiel est marqué par le protectionnisme, les politiques industrielles stratégiques et les actions des gouvernements pour protéger les chaînes d’approvisionnement de première importance. Face au besoin de protéger ses intérêts nationaux, interroge sur la capacité de la communauté internationale à relever les défis communs, tels que le changement climatique, la santé mondiale et la stabilité économique.

La collaboration stratégique, même en période de compétition reste possible pour faire face à ces enjeux globaux.

Crédit photo : Pixabay