Bienfaits du végétal

Effet des plantes d'intérieur sur la qualité de l'air

D’après une nouvelle étude britannique, certaines plantes d’intérieur contribueraient à réduire le niveau de pollution présente dans l’air, notamment dans les petits espaces en milieu urbain.

Le dioxyde d’azote (NO²) est un polluant présent à la fois dans nos espaces intérieurs et extérieurs. L’exposition à ce polluant peut entraîner de graves problèmes respiratoires, une diminution de la fonction pulmonaire et une inflammation des voies respiratoires. Des chercheurs de l’Université de Birmingham en collaboration avec la Royal Horticultural Society (UK) ont étudié le potentiel de dépollution de 3 plantes - Spathiphyllum wallisii ‘Verdi’, Dracaena fragrans ‘Golden Coast’ et Zamioculcas zamiifolia. « Les scientifiques ont placé chacune d'entre elles dans une chambre d'essai contenant des niveaux de NO² comparables à ceux d'un bureau situé près d'une route très fréquentée » explique un article paru sur le site tameteo.com. Au bout d'une heure, les chercheurs ont pu constater que chaque plante était capable d'absorber environ la moitié du NO² présent dans la chambre d’essai.

Les résultats indiquent une réduction de concentration de NO2 dans les environnements urbains à différents degrés. Ainsi, dans un petit bureau mal ventilé, l’étude démontre que cinq plantes d'intérieur suffiraient à réduire le NO2 de 20%. Dans un bureau plus grand, mesurant environ 100 m³, la réduction du NO2 est plus faible (3,5%) mais pourrait augmenter si on ajoutait des plantes.

Au final, à différents degrés selon le niveau de ventilation du bâtiment et de concentration de NO2 en intérieur et extérieur qui varie fortement entre zones urbaines et rurales, les plantes en pot possèdent un potentiel évident d’amélioration de la qualité de l’air, en particulier dans les espaces intérieurs confinés mal ventilés et/ou situés dans des zones très polluées.

Sources : Gubb, C., Blanusa, T., Griffiths, A. et al. Potted plants can remove the pollutant nitrogen dioxide indoors. Air Qual Atmos Health 15, 479–490 (2022). Spinger Link. Information diffusée dans Hortweek.

Rory MORROW, Qualité de l'air : mettre des plantes chez vous est essentiel !, tameteo.com, 14/03/2022.

Le contact avec le végétal pour réduire le sentiment de solitude

Une nouvelle étude anglaise indique que le contact avec la nature est associé à un moindre sentiment de solitude.

L’environnement influence le sentiment momentané de solitude

Se déroulant entre avril 2018 et mars 2020, une enquête du King’College de Londres conduite auprès de 756 britanniques adultes en utilisant l’application mobile Urban Mind s’est intéressée aux interactions pouvant exister entre le sentiment momentané de solitude et des facteurs sociaux et environnementaux. Le contact avec la nature a été mesuré à partir de 5 questions : pouvez-vous maintenant voir des plantes / des arbres / le ciel / de l’eau ? Pouvez-vous maintenant entendre des oiseaux ?

Les données produites en temps réel mettent en avant le fait que l’impression de surpeuplement et la densité de population mesurée sur le territoire britannique accroissent le sentiment de solitude tandis que le sentiment d’appartenance sociale et le contact avec la nature le réduisent. La relation entre contact avec la nature et réduction du sentiment de solitude se confirme en tenant en compte des critères socio-démographiques. Les auteurs de l’étude recommandent de prendre en considération ces enseignements dans le cadre de politiques publiques en matière de santé. Une étude Ifop indique que 8 Français sur 10 pensent que la solitude devrait être considérée par les pouvoirs publics comme un enjeu de santé publique (au même titre que le tabagisme et l’obésité).

Davantage de solitude depuis la pandémie

39% des Français déclarent souffrir davantage de la solitude depuis la crise (données décembre 2021). 1 Français sur 2 se sent seul, parfois voire toujours. L’amélioration et la protection des espaces verts ainsi que le renforcement de leur accès pourraient réduire le sentiment de solitude, notamment dans les villes densément peuplées comme en concluent les auteurs.

 

Sources : Baromètre Ifop Les Français et la solitude, 24/01/2022.

Michael d’ESTRIES, Green Spaces Help Alleviate Loneliness in Urban Areas, Study Shows, Treehugger, January 12, 2022.

Ryan HAMMOUD, Stefania TOGNIN, Ioannis BAKOLIS, Daniela IVANOVA, Naomi FITZPATRICK, Lucie BURGESS, Michael SMYTHE, Johanna GIBBONS, Neil DAVIDSON & Andrea MECHELLI, Lonely in a crowd: investigating the association between overcrowding and loneliness using smartphone technologies, Nature, 20 December 2021.

Accéder à l'étude (en)

Ville verte : une prise en compte du rôle du végétal sur la santé

Les résultats de la dernière enquête de l’Observatoire Unep – Hortis des villes vertes montrent que l’influence du végétal sur la santé est reconnue par les villes vertes mais que les informations sur ce sujet doivent être davantage diffusées auprès des décideurs publics et des citoyens.

La santé publique prise en compte dans la politique des espaces verts

En octobre – novembre 2021, l’Observatoire Unep – Hortis a interrogé un panel de villes pour mieux comprendre comment les bienfaits du végétal sur la santé étaient pris en compte. 34 responsables de nature en ville ont répondu à l’enquête.

Les résultats du sondage indiquent en premier lieu que l’impact du végétal sur la santé influence directement les projets d’espaces verts. ¾ des municipalités interrogées déclarent que la protection de la santé publique est un critère pris en considération dans la politique de développement des espaces verts. Il s’agit même d’un critère prioritaire pour 1 ville sur 5. Par exemple, 14 villes interrogées ont conçu ces dernières années des jardins thérapeutiques.

La protection de l’environnement est mise au service de la santé des habitants ; les actions concernent en priorité l’amélioration de la qualité de l’air (61% de réponses) et la protection de la qualité des sols (52%).

Des liens à renforcer avec les autres services de la ville

Des marges de progrès existent pour inscrire les bienfaits du végétal dans une réflexion plus large autour de la santé : seuls 26% des responsables d’espaces verts indiquent entretenir des liens forts voire très forts avec d’autres services notamment les services sportifs. 40% (14 villes) entretiennent des liens faibles voire inexistants avec leurs homologues des autres services sur le thème de la santé. La réflexion ne demeure toutefois pas interne puisque 50% des villes interrogées déclarent faire appel à des spécialistes ou des professionnels de santé dans leurs projets de végétalisation.

Mieux informer les acteurs de la société

Autres marges de progrès à envisager : l’information et la sensibilisation des bienfaits du végétal sur la santé. 85% des responsables d’espaces de nature en ville interrogés estiment que le rôle du végétal dans la protection ou l’amélioration de la santé publique n’est pas suffisamment reconnu par les citoyens. 68% des responsables d’espaces de nature estiment que les décideurs publics, pourtant à l’origine des politiques mises en œuvre, ne sont pas assez informés des liens existants entre végétal et santé. Les associations, comme le soulignent 71% des villes interrogées, sont bien sensibilisées sur le sujet du végétal et de la santé, ce qui constitue un atout non négligeable pour mieux faire connaître et reconnaître ces bienfaits du végétal.

 

Source : Observatoire Unep -Horti des villes vertes, enquête octobre -novembre 2021.

En savoir plus

Des espaces verts au service du développement des enfants

Plusieurs résultats de recherche récemment publiés mettent en lumière les bienfaits des espaces verts sur la santé des enfants. Parallèlement,  l’Unicef a publié il y a quelques mois « La nécessité de l’espace vert urbain pour le développement optimal des enfants ». Ce document, appelé à ouvrir la discussion, rappelle les bienfaits des espaces verts pour la santé et fournit des recommandations aux acteurs publics et privés de la société pour développer ces bienfaits et assurer leur pérennité.

De nouvelles études soulignent le rôle des espaces verts dans la santé des enfants

En observant les données de 800 000 personnes nées entre 1992 et 2007 ainsi que les données cliniques d’enfants diagnostiqués comme souffrant de troubles de l’attention / d’hyperactivité, une étude danoise montre que les enfants exposés à une moindre quantité d’espaces verts durant leur enfance (jusqu’à 5 ans) ont davantage de risque de développer des symptômes de troubles de l’attention / d’hyperactivité.

Une analyse américaine reposant sur près de 300 études indique que la présence d’espaces verts à proximité des écoles et maisons est fortement associée à un meilleur niveau de santé physique et mental chez les enfants.

Publication d’un document de travail par l’Unicef sur les espaces verts et la santé des enfants

L’Unicef a récemment publié un document de réflexion (en anglais) intitulé « La nécessité de l’espace vert urbain pour le développement optimal des enfants ». Cette publication, qui appelle à ouvrir la discussion, précise que l’accès des enfants aux espaces verts est en cohérence avec les enjeux de la Convention des Droits de l’Enfant et les Objectifs Mondiaux du Développement Durable à l’horizon 2030.

Elle rappelle les bienfaits prouvés des espaces verts sur le développement physique, mental et social des personnes, du stade prénatal au milieu de l’adolescence : poids à la naissance plus élevé, davantage d’activité physique, meilleures capacités d’équilibre et de coordination, développement cognitif amélioré et performance scolaire, risques de myopie réduits, santé mentale améliorée et bien-être, stress et dépression réduits, réduction du stress parental, moindres problèmes comportementaux, meilleure cohésion sociale, plus grande sensibilité à la nature. Le document de l’Unicef rappelle aussi les bienfaits qu’offrent les espaces verts pour la ville : réduction de la violence, réduction des coûts de santé, réduction des déséquilibres sociaux en matière de santé, augmentation de la valeur immobilière, bénéfices écologiques (qualité de l’air, gestion de l’eau, réduction de la température, biodiversité, absorption de CO2...).

Des recommandations à destination de différents acteurs de la société

La publication fournit des recommandations pour répondre à ce besoin d’espaces verts pour le développement des enfants, parmi lesquelles :

-Actions communautaires : organiser des opérations de nettoyage des espaces verts, créer des partenariats avec des entités privées pour améliorer les espaces verts, assurer une gestion communautaire non discriminatoire des espaces verts…

-Ecoles et garderies : préserver, améliorer, créer ou maintenir des espaces verts accessibles et sûrs sur les terrains de ces établissements, consacrer du temps durant la journée pour un moment récréatif dans les espaces extérieurs, intégrer l’éducation à l’environnement dans la formation...

-Municipalités : prévoir des espaces verts accessibles et sûrs pour les enfants dans les projets urbains, fournir un soutien financier et technique pour installer des espaces verts autour des écoles et garderies…

-Gouvernements : instaurer une norme pour garantir un niveau minimum en matière d’accès à des espaces verts sûrs, mettre en place un service ministériel technique qui supervise et fournit des conseils en matière de végétalisation urbaine, d’allocation et de gestion des ressources.

 

Sources : Children’s Risk for Developing ADHD May Be Associated With Access to Green Spaces, Pharmacy Times, 16/08/2021.

Nature is the key to children's health: Study, The Economic Times, 30/09/2021

Unicef, Discussion Paper: The Necessity of Urban Green Space for Children’s Optimal Development.

Accéder à la publication de l'Unicef "The Necessity of Urban Green Space for Children’s Optimal Development"