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Retour sur les enseignements d’une enquête BPI France sur les difficultés et les critères de décisions dans la transmission d’entreprise. Cédants, repreneurs mais aussi experts de la transmission partagent leur expérience de ce projet majeur dans la vie d’une entreprise.

[Temps de lecture : 10 minutes]

L’enquête BPI France Le Lab

Une étude Bpifrance Le Lab (Laboratoire d’idées pour les PME-ETI) conduite en 2025 en partenariat avec CCI France, CMA France et le C.R.A s’intéresse à la transmission et à la reprise d’entreprises afin de déterminer les difficultés et les leviers d’accompagnement.

5 000 dirigeants de TPE, PME et ETI françaises ont été interrogés, dont près de 1 500 dirigeants ayant l’intention de transmettre leur entreprise, 2 000 repreneurs mais aussi 51 dirigeants et experts de la transmission au travers d’entretiens.

Le potentiel d’entreprises d’au moins un salarié à transmettre est trois fois plus élevé que le nombre effectivement transmis en 2024.

D’après BPI France, la transmission nécessite du temps et un besoin de se préparer psychologiquement. D’après l’enquête, les cédants sont souvent mal préparés. « On observe qu’une période de 12 à 18 mois minimum est nécessaire pour un processus de transmission fluide », indique Frédéric Vincent, président de l’association Cédants et Repreneurs d’Affaires (C.R.A).

Plus de la moitié des repreneurs ont rencontré au moins un obstacle significatif pour reprendre. Le financement du projet est le premier obstacle cité avec des proportions différentes selon le mode de reprise : 44 % pour les repreneurs salariés, 23 % pour les repreneurs familiaux et 30 % pour les repreneurs externes.

L’étude indique aussi qu’un tiers des repreneurs ont dû reporter voire diminuer les investissements nécessaires au bon développement de l’entreprise en raison des charges financières liées à l’emprunt ayant servi à financer la reprise. Toutefois, 7 repreneurs sur 10 ont atteint, cinq ans après la reprise, les objectifs qu’ils s’étaient fixés.

La manque de repreneurs et des offres de reprise à un prix jugé trop faible sont des obstacles importants cités par les cédants potentiels (avec 19 % et 18 % des citations).

Le critère le plus important pour 48 % des cédants est de garantir la pérennité de son entreprise et de préserver les emplois. Les deux autres critères importants sont les qualités humaines du repreneur (40 %) et ses compétences (38 %). « L’alignement du repreneur avec la vision pour l’entreprise est essentiel, tout comme la relation de confiance entre les deux parties », analyse BPI France.

Plateforme BPI France pour les professionnels ayant des projets de cession ou de reprise

23 % des cédants potentiels (hors transmission familiale et aux associés) perçoivent l’absence d’offres de reprise comme l’un des principaux obstacles en vue de leur transmission. Du côté des repreneurs externes, 22 % rencontrent des difficultés pour trouver une entreprise à reprendre.

BPI France a créé la Bourse de la Transmission : une plateforme où les professionnels peuvent notamment déposer un projet de cession ou reprise. L’utilisation du moteur de recherche par mot clé (jardinerie, fleur, paysage…) permet de trouver des projets dans la filière du végétal. Sur la page des résultats, un bouton à droite permet de créer une alerte mail.

Accéder à la Bourse de la Transmission

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Dans la filière du végétal, la question de la transmission se pose aussi pour beaucoup d’entreprises

Par exemple, dans le commerce de gros de fleurs et plantes, les chiffres clés des grossistes par AIR coop pour FranceAgriMer et VALHOR indiquent que parmi les entreprises envisageant une transmission à court ou moyen terme, 75 % envisagent une vente à un tiers et 25 % une transmission intrafamiliale. Les dirigeants concernés évoquent plusieurs difficultés majeures rencontrées dans la préparation de cette étape :

  • La rareté de repreneurs jugés sérieux ou compétents,
  • La complexité de la mise en place du plan de transmission,
  • Ainsi que la frilosité des établissements bancaires à financer ce type d’opération.