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Le cabinet EY a publié récemment le rapport intitulé « Comment gagner durablement le cœur des Français ? “ qui présente les résultats et enseignements 2026 de l’étude annuelle des enseignes. Pour ce faire, le cabinet de conseil a réalisé un sondage auprès de 12 000 adultes environ, représentatifs de la population française, évaluant 213 enseignes de 19 secteurs d’activité.  

Les résultats de l’étude confirment une transformation profonde des comportements d’achat. Entre arbitrages budgétaires, montée des attentes environnementales et basculement vers le digital et l’IA, les enseignes les plus performantes combinent accessibilité, qualité, expérience et lisibilité.  

Pour la filière du végétal, ces évolutions dessinent des opportunités majeures mais aussi des défis structurants pour rester attractive et compétitive. 

[Durée de lecture : 21 minutes]

Le prix seul ne garantit pas la préférence du consommateur

L’étude consommateurs EY indique clairement que le pouvoir d’achat domine les décisions. 38 % des ménages déclarent arbitrer en priorité selon leur budget et 85 % modifient leurs comportements d’achat face à l’inflation.

L’étude quantitative consommateurs Kantar pour VALHOR « Les Français et les labels et certifications pour les végétaux » confirme que le prix arrive en tête des critères d’achat.

Les consommateurs effectuent aujourd’hui des arbitrages de dépenses vers les produits indispensables : logement, alimentation, dépenses pour les enfants, vacances…

Toutefois, l’étude EY, au travers des enseignes préférées des Français, montre clairement que le prix, seul, ne garantit pas la préférence du consommateur. Cela suggère d’éviter de banaliser le prix. Les enseignes les plus performantes combinent : accessibilité prix, qualité de l’offre, confiance et expérience globale.

L’étude qualitative VALHOR « Quels freins à l’achat de végétaux et quelles pistes pour redynamiser la consommation » montre que si le prix reste un des éléments centraux du processus d’achat, le manque de conseils et la qualité insuffisante des végétaux génèrent clairement une déception dans certains circuits de distribution qui ne peut être compensée par des prix bas.

Arbitrages entre secteurs : le végétal en position fragile mais stratégique

L’étude révèle que les Français arbitrent fortement entre types de consommation. En 2026, les intentions d’achat sont orientées à la hausse pour les achats « plaisir » (sport, bijoux…) mais à la baisse pour plusieurs secteurs dont le jardinage (-1,1%).

Pour éviter de faire du végétal une dépense arbitrable, un levier possible consiste à le positionner comme un achat utile et un plaisir durable en valorisant les bienfaits sur l’individu (émotions suscitées par les fleurs, activité physique du jardinage…), les pratiques vertueuses (utilisation raisonnée de l’eau par exemple, voir kit eau développé par VALHOR), les végétaux comestibles mais aussi les végétaux qui agissent en faveur de l’environnement (accéder ici à la liste des plantes mellifères).

Praticité et gain de temps

Autre enseignement majeur du rapport EY :  les consommateurs cherchent de plus en plus à gagner du temps, ce qui profite aux formats de proximité, aux parcours digitaux (click & collect, livraison…) et aux offres simples et rapides. Les circuits qui progressent le plus sont alors la proximité (+6 % environ) et le e-commerce (+5 %).

Pour la filière du végétal, il s’agirait de:

  • faciliter l’offre (par une pédagogie autour du produit, par la mise en avant des végétaux nécessitant peu d’entretien ou encore à travers des kits),
  • simplifier le merchandising (signalétique claire, parcours lisible)
  • digitaliser le parcours d’achat (disponibilité en point de vente, réservation, conseils).

Le plaisir d’achat : une dimension à valoriser

L’étude consommateurs EY indique que les enseignes performantes savent combiner praticité et plaisir d’achat (expérience, mise en scène, découverte).

À cet égard, le végétal bénéficie d’un atout dans le domaine de l’achat plaisir grâce à sa dimension sensorielle, ses qualités esthétiques et ses bienfaits émotionnels (bien-être, nature, saisonnalité). Le Cahier de tendances VALHOR « Voir plus loin que le marché : replacer le végétal dans la société qui le fait vivre » souligne l’importance de réaffirmer la valeur émotionnelle du végétal et du jardin. « C’est un vecteur de lien et d’équilibre à remettre au cœur du discours » pour faire évoluer la filière vers une dynamique positive et fédératrice.

Les points de vente de végétaux doivent constituer des lieux créant une expérience immersive et inspirante. Parmi les leviers identifiés : théâtralisation des espaces (inspiration, mise en situation), renouvellement fréquent de l’offre (effet nouveauté), conseil humain renforcé ou encore animation (ateliers, événements…).

Une attente forte des consommateurs en matière de RSE

Près de 60 % des Français sont prêts à payer plus pour des produits responsables, et 17 % accepteraient un surcoût supérieur à 10 %, indique l’étude annuelle EY sur les enseignes préférées des Français. De plus, le jardinage fait partie des rares secteurs bien notés en RSE.

Parmi les leviers d’action possibles, on peut citer la mise en avant des engagements (labels, transparence), la pédagogie auprès des consommateurs et la cohérence globale (produits, transport, emballage).

En outre, l’étude VALHOR « Les Français et les labels et certifications pour les végétaux » montre que pour 61 % des Français « le fait que l’étiquette d’un végétal mentionne son origine française n’est pas suffisant, il faut un label pour en attester ». De plus, 63% estiment que « le fait que l’étiquette d’un végétal mentionne que son mode de culture est respectueux de l’environnement n’est pas suffisant, il faut un label ou une certification pour en attester ».

Pour en savoir plus sur les labels et certifications, rendez-vous sur le site Les certifications du végétal.

L’influence de l’intelligence artificielle dans le parcours d’achat

L’un des changements les plus structurants chez le consommateur observés par EY concerne l’essor de l’intelligence artificielle. 24 % des adultes utilisent l’IA pour rechercher/comparer des produits et près de 48  % prennent déjà des décisions d’achat basées sur l’IA. Ces comportements transforment profondément la visibilité des offres.
Concrètement, il s’agit pour les entreprises notamment de structurer l’information relative aux produits pour les rendre comparables, proposer une offre et des bénéfices produits clairs.

Fidéliser le consommateur

Le Bilan FranceAgriMer / VALHOR réalisé par Kantar sur les achats des Français en végétaux en 2025 révèle une baisse de la proportion de foyers acheteurs qui contribue nettement au recul des dépenses. Parmi les acheteurs, le poids des occasionnels augmente au détriment des gros acheteurs.
Dans l’étude annuelle EY sur les enseignes préférées des Français, parmi les indicateurs étudiés, « le taux de fans (proportion de clients déclarant être fan d’une enseigne) est un indicateur majeur de la santé d’une enseigne puisque les enseignes membres du premier quartile en taux de fans voient en moyenne leurs ventes croître 6 fois plus vite que celles du dernier quartile. »

L’étude « Quels freins à l’achat de végétaux et quelles pistes pour redynamiser la consommation ? » montre que les lieux d’achat de végétaux sont appréciés tantôt davantage pour la diversité de l’offre, tantôt pour la qualité des végétaux et le savoir-faire des professionnels du végétal.

Il ne suffit plus uniquement de satisfaire, il faut créer de l’attachement. Les facteurs clés seront donc la confiance, la qualité perçue, l’expérience globale ou encore la relation client. Ces dimensions impliquent de travailler l’image et la promesse de l’entreprise, la cohérence des points de contact et bien sûr la fidélisation (programmes de fidélité, expérience client).

Conclusion

L’étude consommateurs EY met en lumière 4 grands enseignements :

-« L’accessibilité prix et les bonnes affaires, encore au cœur des priorités – mais aussi la praticité et le plaisir ! »

-« Des arbitrages majeurs entre secteurs et entre canaux »

-« Responsabilité sociétale et environnementale : des attentes qui restent fortes et une meilleure acceptation de la prime de prix »

-« Montée de l’intelligence artificielle dans les parcours d’achat »

Pour la filière du végétal, même si l’accessibilité en termes de prix est importante, dans la mesure où il constitue le premier critère d’achat de végétaux, créer de la valeur reste une priorité. L’achat doit être simplifié avec comme priorité la praticité, la fluidité renforcée par la digital et une offre claire. Les entreprises du végétal doivent capitaliser sur les bienfaits apportés par le végétal et créer une expérience client en phase avec les aspirations autour du végétal. Enfin, les efforts et l’engagement des professionnels du végétal peuvent être valorisés pour créer un levier différenciant et visible.

Pour aller plus loin

Source : « Comment gagner durablement le cœur des Français ? » qui présente les résultats et enseignements 2026 de l’étude annuelle des enseignes.