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Retour d'expérience sur l'extension du passeport phytosanitaire

La Commission européenne a publié en décembre 2021 un rapport relatif à l’expérience tirée de l’extension du système de passeport phytosanitaire à tous les déplacements de végétaux destinés à la plantation à l’intérieur du territoire de l’Union européenne.

Le passeport phytosanitaire est un document qui accompagne les végétaux et certains produits végétaux lorsqu’ils circulent à l’intérieur de l’Union européenne et qui certifie leur statut phytosanitaire, attestant ainsi du respect des dispositions réglementaires européennes relatives aux organismes nuisibles.

Jusqu’en 2019, un passeport phytosanitaire n’était requis que pour des espèces de végétaux et de semences visées et certains types de matériels végétaux, compte tenu des risques phytosanitaires définis de manière spécifique. Considérant que le système de passeport phytosanitaire ne fonctionnait pas dans sa pleine mesure, il a été convenu par l’Union européenne que l’obligation selon laquelle un végétal doit être accompagné d’un passeport phytosanitaire serait étendue à tous les végétaux destinés à la plantation, sauf certaines semences, dès lors qu’il y a vente à un opérateur professionnel ou vente à distance (e-commerce) [règlement (UE) 2016/2031].

Afin de faire un retour d’expérience de cette extension du passeport phytosanitaire, la Commission européenne a interrogé les 25 Etats membres via un questionnaire. Différents types d’acteurs ont répondu : Organisations Nationales de la Protection des Végétaux (ONPV), autorités compétentes d’Etats membres, opérateurs d’Etats membres, associations nationales…

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

- L’extension du passeport phytosanitaire a permis notamment une protection plus efficace contre les organismes de quarantaine1 de l’Union européenne, une meilleure préparation au recensement de nouveaux organismes nuisibles aux végétaux préoccupants pour l’UE, une meilleure compréhension et sensibilisation des parties prenantes concernées quant à l’importance de la santé des végétaux / de la sécurité sanitaire et des moyens plus importants de recensement des organismes nuisibles.

- L’extension du système de passeport phytosanitaire à tous les végétaux destinés à la plantation a toutefois été considérée par la plupart des parties prenantes comme contraignante et difficile.

- Les parties prenantes ont toutes indiqué que les nouvelles dispositions ont permis de renforcer la protection du territoire de l’UE contre les organismes nuisibles et que les coûts qu’elles ont déclarés n’étaient pas importants. Elles ont toutefois estimé que certaines des exigences entraînaient une augmentation de la charge administrative et des coûts associés qui l’emportait sur les avantages supplémentaires perçus. Les personnes interrogées ont également estimé que le fonctionnement global du secteur des végétaux destinés à la plantation et des semences n’avait pas connu de changement significatif.

- Afin d’améliorer l’efficacité et la mise en œuvre pratique de l’extension du système de passeport phytosanitaire et d’en améliorer l’utilité, il convient de poursuivre les discussions dans le but de définir les améliorations ciblées qui pourraient être nécessaires, avec toutefois une portée limitée puisqu’il s’agirait d’améliorer le système existant.

1 Organismes les plus nuisibles, susceptibles d’avoir une incidence économique, environnementale ou sociale inacceptable dans les territoires où ils s'établissent et se disséminent.

Sources : Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil pour présenter l’expérience tirée de l’extension du système de passeport phytosanitaire à tous les déplacements de végétaux destinés à la plantation à l’intérieur du territoire de l’Union européenne, 10/12/2021.

ENA

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Application des mesures phytosanitaires sur les importations de l'Union européenne

Conjointement au rapport de retour d’expérience de l’extension du passeport phytosanitaire, la Commission européenne a publié un rapport sur l’application et l’efficacité des mesures phytosanitaires sur les importations de l’Union européenne.

Jusqu’en 2019, le cadre législatif de l’UE relatif à ces mesures était fondé sur la directive 2000/29/CE du Conseil comprenant un système basé sur les risques conformément aux exigences sanitaires et phytosanitaires de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), assorti de certaines restrictions, telles que le besoin d’un certificat phytosanitaire, des exigences spécifiques à l’importation et certaines interdictions. A cela s’est ajoutée la mise en place d’un système de contrôles phytosanitaires officiels organisés et effectués par les États membres de l’UE.

Depuis 2019, un nouveau règlement européen sur la santé des végétaux est entré en vigueur : (UE) 2016/2031. Il maintient l’approche fondée sur les risques et le respect de l’accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires de l’OMC, mais, à la lumière de l’expérience acquise, des mesures ont été mises en place pour renforcer la protection du territoire de l’Union européenne et améliorer la préparation proactive à la gestion des crises.

Afin de mesurer l’application et l’efficacité des mesures sanitaires sur les importations de l’Union européenne, une consultation des parties prenantes a été menée au moyen d’un questionnaire. Ces parties prenantes sont les organisations nationales de protection des végétaux (ONPV) de l’Union européenne (UE) et de pays tiers, les autorités responsables des directives en matière de mise sur le marché (autorités compétentes en matière de certification), les associations au niveau de l’UE et des États membres (associations de l’UE et des États membres), les opérateurs et le grand public.

Principales conclusions du rapport :

A partir des données évaluées, on peut considérer que le règlement (UE) 2016/2031 et l’introduction des contrôles phytosanitaires dans le champ d’application du règlement concernant les contrôles officiels ont contribué à renforcer la protection phytosanitaire de l’UE et à renforcer la lutte proactive contre les organismes nuisibles tout en respectant la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) 1, au moyen d’approches transparentes et fondées sur les risques.

L’analyse des commentaires recueillis auprès des parties prenantes sur les modifications des exigences en matière de certificat phytosanitaire, les changements découlant du règlement concernant les contrôles officiels et l’introduction de l’interdiction temporaire d’importation pour les végétaux, produits végétaux ou autres objets présentant un risque élevé, ainsi que l’analyse des données commerciales disponibles (Soto et al. 2021) font état d’une situation dans laquelle les avantages l’emportent sur les coûts. Les activités de formation et de diffusion sont un aspect majeur qui pourrait avoir conduit à cette évaluation positive.

La situation est moins claire en ce qui concerne les modifications des procédures à l’importation et, en particulier, des organismes réglementés non de quarantaine2.

Afin d’améliorer l’efficacité et la mise en œuvre pratique du règlement (UE) 2016/2031 et des dispositions du règlement concernant les contrôles officiels et d’améliorer leur utilité, certains domaines pourraient être examinés plus avant (amélioration de la cohérence des dispositions relatives aux organismes réglementés non de quarantaine et à leurs contrôles, procédures d’octroi de dérogations aux interdictions d’importation au titre de l’article 40 du règlement, renforcement de la transparence des procédures applicables aux végétaux présentant un risque élevé au titre de l’article 42, et contrôles officiels ciblés sur les végétaux et produits végétaux importés par vente à distance) avec toutefois là aussi un champ d’application limité dans la mesure où il s’agirait d’adaptations du système actuel.

1 Traité international signé par plus de 180 pays qui vise à garantir une action coordonnée et efficace permettant de prévenir et de lutter contre l'introduction et la dissémination d'organismes nuisibles aux végétaux et aux produits végétaux.

2 Les organismes réglementés non de quarantaine (ORNQ) sont des pathogènes et des organismes nuisibles particulièrement dangereux pour les végétaux qui sont déjà répandus sur le territoire de l'UE.

Sources : Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur l’application et l’efficacité des mesures phytosanitaires relatives aux importations sur le territoire de l’Union européenne, 10/12/2021.

ENA

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Décembre : de la circularité nécessaire à la décroissance probable

L’année se termine avec une poursuite de la pandémie, de la pression sur les ressources et les signes de plus en plus notables d’une croissance économique qui ne pourra se poursuivre.

Le 21ème siècle a 21 ans déjà, le temps s’est écoulé très vite depuis l’an 2000 avec de nombreux changements. Il faut faire le point sur ce qui s’est passé et sur ce que l’on peut envisager. La prise de conscience de l’importance du changement climatique et de ses conséquences redoutables est incontestable, mais les avis divergent sur les mesures à prendre. Les filières horticoles sont très bien vues par l’opinion publique en Europe et en Amérique du Nord pour leur contribution à l’amélioration de l’environnement.

Une poursuite du manque de ressources qui pèse sur la filière horticole

Au sein de ces filières et avec quelques variables selon les pays, la hiérarchisation des problèmes à résoudre pour s’adapter est sensiblement la même :

• Baisse de la disponibilité et augmentation rapide du prix de l’énergie fossile, alors que la production d’énergies alternatives est encore faible. Contraintes sur les émissions de CO2.

• Règlementation actualisée ou acheminement compliqué de certains intrants utiles à la production : tourbes, produits phytopharmaceutiques, phosphates, plastique recyclé, accès à l’eau dans certains pays.

• La disponibilité en main-d’œuvre et l’acquisition des compétences indispensables à l’évolution des métiers.

• Sans oublier bien entendu, les énièmes vagues de Covid qui n’en finissent pas d’arriver.

Rien que ces quatre facteurs récessifs vont induire une ère de décroissance probable qui va devoir être anticipée, acceptée et organisée. L’industrie horticole est l’une des mieux adaptées à la mise en place assez rapide d’une économie verte et circulaire, capable de faire face aux défis à venir. Les nouvelles formes de compétitivité vont se jouer sur les capacités de ces filières dans chaque pays à convaincre toutes leurs parties prenantes de participer à cette évolution inéluctable.

D’autres enjeux pour la filière : la circularité et la tourbe

Aux Pays-Bas, un accord de coalition a été passé avec le cabinet ministériel Rutte IV, l'horticulture sous serre se voit confier le rôle de leader de la transition énergétique. A Bleiswijk, au centre de la Hollande, la circularité en horticulture a déjà son « Living Lab ». Ce laboratoire a été officiellement inauguré en septembre 2021, pour la création de solutions visant à transformer les flux résiduels de l'horticulture en sources de revenus.
En ce qui concerne la tourbe, l’urgence s’installe, la règlementation s’emballe, mais la réalité oblige à temporiser. En Irlande et au Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles) la règlementation était très contraignante depuis 2019 pour l’extraction de la tourbe. Un nouveau projet de loi « prévoit des dispositions exceptionnelles pour l'extraction de tourbe à des fins horticoles pendant une période temporaire dans l'intérêt public afin d'atténuer les conséquences néfastes résultant d'une interruption de l'approvisionnement ».

Un contexte de pandémie favorable à la consommation de végétaux

Si l’automne 2021 avait donné un espoir en ce qui concerne la levée de la menace du Coronavirus, la fin d’année fait l’effet d’une douche froide, en raison de l’invasion ultra-rapide du variant Omicron. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et bientôt l’Allemagne reprennent des mesures de confinement qui vont considérablement gêner le commerce de fin d’année des fleurs et plantes. Les entreprises et les particuliers comprennent qu’ils devront se résigner à composer avec les contraintes sanitaires encore au moins pendant toute l’année 2022. Et pourtant, en 2021, la croissance des exportations de fleurs et plantes produites ou transitant par la Hollande n’a jamais été aussi forte. Les prévisions tablent sur un record de 7,2 milliards d'euros pour cette année, soit 15% de plus qu’en 2019.

Dans le reste du monde : malgré l’épidémie et les problèmes logistiques, les exportations vers nos pays de consommation ont progressé alors qu’en Europe le nombre de producteurs décroit lentement mais régulièrement. Si l’on estime qu’en définitive, les mesures de restriction sanitaire, les nouvelles règles de travail à domicile et les mesures d’isolement ont bénéficié aux filières du végétal en favorisant l’intérêt pour les fleurs et plantes, il est probable que ces conditions sanitaires restrictives se prolongeront en 2022. L’intérêt des consommateurs et des collectivités pour un environnement plus vert et mieux végétalisé va perdurer. Influencés par les médias, ces consommateurs vont devenir de plus en plus exigeants quant à la provenance des végétaux et à l’impact environnemental de leur mode de production. Pour les années à venir, le chemin devient de plus en plus étroit entre la décroissance raisonnée nécessaire et l’évitement d’une crise économique généralisée. Toutefois, la résilience des filières horticoles étant avérée, nous avons de bonnes raisons de rester optimistes.

Brand WAGENAAR, le 27 décembre 2021.

 

Novembre : Neutralité carbone et horticulture

La mesure de l’empreinte carbone tout au long de la chaîne de valeur devient un enjeu stratégique de plus en plus important dans l’horticulture mondiale.

Tous les médias du monde ont parlé de la COP26 qui s'est tenue la 1ère quinzaine de novembre à Glasgow au Royaume-Uni pour des négociations cruciales sur le climat. Si les résultats de ces échanges sont limités quant aux solutions concrètes à envisager pour mitiger la hausse des températures, l’élévation du niveau des mers, la fonte des glaciers, la prévention des événements météorologiques intenses, la préservation des espèces en danger ; les conséquences conditionnent l’opinion. Les préoccupations environnementales passent maintenant en tête des questions à traiter.

Mesurer l'empreinte carbone en horticulture

Horticulture et empreinte carbone : les méthodes de calcul s’affinent. C’est une attente sociétale et une demande de l’Union européenne que les filières en Europe puissent travailler avec des règles identiques pour arriver à des résultats plus fiables et comparables en utilisant un même périmètre de calcul. Cette année, une règle plus précise sera développée pour un calcul spécifique de l’empreinte fleurs et plantes : la Florifootprint (FLORIPEFCR = FLORI Product Environmental Footprint Category Rules). La version définitive sera présentée en août 2022 à l’approbation de l’UE et devrait être opérationnelle fin 2022. L’Analyse du Cycle de Vie (LCA) va mesurer et comparer 16 catégories d’impact, dont : l’utilisation du matériel végétal de multiplication, les substrats, les pesticides, les engrais et autres matériels de culture, les émissions en phase de culture, en phase logistique et en phase de distribution vers les clients.

Retour sur la conférence AIPH / Floraculture International sur le développement durable

Organisée par l'Association internationale des producteurs horticoles (AIPH) en partenariat avec FloraCulture International (FCI), une conférence en ligne intitulée « The Path to Sustainability in Ornamental Horticulture » a eu lieu le 30 septembre 2021. Cette conférence a posé les contours des conséquences prévisibles du changement climatique, évoqué les actions à envisager pour y faire face, conseillé d’avoir une attitude pro-active et non défensive et recommandé de travailler en transversalité avec toutes les industries connexes à nos métiers.

Royaume-Uni : engagement en matière de développement durable et manque de main-d'oeuvre

Au Royaume-Uni, la HTA (Horticultural Trades Association) a présenté une démarche engagée visant d’ici 2025 à préparer les adhérents, rassurer les médias, sensibiliser les élus. Il s’agit pour la HTA, à l’occasion de la COP26 à Glasgow, de montrer les progrès obtenus en un an, depuis son rapport inaugural de 2020, en matière de réduction des émissions de carbone, de résilience à l’eau, de supports de culture plus durables, de réduction des plastiques en horticulture et de diminution des pesticides utilisés.

Si les conséquences post pandémiques sont plus visibles au Royaume-Uni que dans le reste de l’Europe en raison de sa situation insulaire et de son isolation post Brexit, elles illustrent bien les menaces pouvant atteindre les filières des autres pays. C’est surtout la pénurie de main-d’œuvre qualifiée ou non qualifiée qui est dramatique au Royaume-Uni.

Quelles perspectives de la consommation de fleurs et plantes dans ce contexte sanitaire ?

Le rapport 2021 de Salience Search Marketing apporte un éclairage sur le marché des plantes en ligne au Royaume-Uni en soulignant la baisse récente du nombre de requêtes en ligne (sur Google). Cela signifie-t-il que nous sommes arrivés en haut de la courbe d’intérêt des consommateurs pour les végétaux d’ornement ? Probablement pas, car la reprise pandémique qui gagne rapidement notre pays depuis la mi-novembre a déjà fait des ravages chez nos voisins, allemands, belges, hollandais. Les mesures prises dans l’urgence sont différentes selon les pays, mais dans l’ensemble il s’agit de renforcer les gestes barrières, d’intensifier les contrôles par pass sanitaire même au sein des entreprises, de réduire l’amplitude horaire d’ouverture dans les commerces, d’instaurer un couvre-feu. Ces mesures ne vont certainement pas faciliter l’achat des fleurs et plantes pour les fêtes de fin d’année qui s’annonçait pourtant sous de très bons auspices.

Brand WAGENAAR, le 30 novembre 2021.

 

Brexit : mise à jour du guide des procédures de contrôle aux frontières

Une mise à jour du « Border Operating Model » a été publiée le 18 novembre 2021 avec un calendrier modifié de mise en place des contrôles sanitaires et phytosanitaires.

Le Royaume-Uni a publié le 18 novembre 2021 une nouvelle version du « Border Operating Model » qui fixe les mesures de contrôle pour les importations et exportations de produits. Cette nouvelle version modifie le calendrier de mise en place des contrôles des végétaux :

- A partir du 1er juillet 2022, tous les contrôles de certification, physiques et d'identité, seront introduits pour tous les végétaux et produits végétaux réglementés.

- La prénotification est maintenue au 1er janvier 2022.

- Concernant les contrôles physiques des végétaux et produits végétaux hautement prioritaires (qui se font pour le moment à destination), ils se feront dans les postes de contrôles frontaliers à partir du 1er juillet 2022.

Sources : Cellule Post Brexit de FranceAgriMer

HM Government UK Transition, The Border with the European Union, Importing and Exporting Goods, Border and Protocol Delivery Group – November 2021.

Accéder au communiqué qui présente les grandes modifications de la mise à jour

Acccéder au Border Operating Model mis à jour

Retour sur le webinaire FloraCulture international dédié au secteur du mariage

Le 25 octobre s’est tenu le premier webinaire international en horticulture sur le thème du mariage organisé par FloraCulture International avec le soutien de l’AIPH, Bloom’s Accademy et Flower Academy (Italie) en présence de professionnels de différents pays. Tous s’accordent à dire que le secteur du mariage devrait croître fortement en 2022 si la pandémie se termine, et que celle-ci a rendu nécessaire pour les professionnels de la fleur de repenser leur façon de travailler.

L’AIPH et FloraCulture International organisent régulièrement des webinaires afin de croiser les regards d’experts de différents pays et de réfléchir avec les professionnels de la filière aux enjeux communs de l’horticulture mondiale. Le 25 octobre a eu lieu un webinaire destiné à mieux comprendre comment le secteur du mariage a été perturbé par la crise sanitaire et quelles sont les perspectives pour les mois à venir.

Des goûts plus affirmés

D’après Patrizia BRAIDA, fleuriste italienne et organisatrice d’événements, le budget consacré aux fleurs pour les mariages a augmenté ces dernières années. Par ailleurs, les futures mariées ont une idée plus claire de ce qu’elles veulent en matière d’arrangement floral. « Les couples ne veulent plus de bouquets standards, ils recherchent quelque chose de spécial », ajoute Reinier HAASNOOT, dirigeant de l’entreprise hollandaise Oz export. En outre, la sensibilité aux pratiques écoresponsables concerne aussi aujourd’hui la décoration florale dans les mariages, indique Jules LEWIS GIBSON, Présidente de Florists’ Review Media Group aux Etats-Unis.

Combiner des produits locaux et importés

Selon R. HAASNOOT, la chaîne de valeur doit être la plus optimale possible. Les entreprises locales savent exactement ce qui est disponible et à quel moment. Associer des fleurs locales et des fleurs importées constitue la combinaison d’avenir pour répondre à ce désir de personnalisation mais aussi pour réunir nos forces.

J. LEWIS GIBSON rappelle qu’il est difficile selon certaines régions et saisons de disposer de fleurs pour les mariages. Si la tendance est aux fleurs locales, le secteur floral reste un secteur mondial. « Nous pouvons acheter local mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’importations pour assurer la disponibilité. C’est une combinaison. », explique J. LEWIS GIBSON.

Des méthodes de travail qui doivent évoluer

Avec l’augmentation des coûts (notamment le carburant), il devient de plus en plus difficile de rentrer dans le budget des futurs mariés, indique R. HAASNOOT. A cela s’ajoute la diminution de capacité du fret aérien.

Dans ce contexte, le partenariat et la coopération deviennent encore plus importants en particulier pour les mariages afin de s’assurer que les risques soient les plus faibles possibles. Concrètement, il s’agit par exemple d’informer de la commande le plus tôt possible pour pouvoir anticiper d’éventuelles difficultés (retard d’avion, problème sur le produit) explique R. HAASNOOT.

J. LEWIS GIBSON considère que dans le contexte actuel, nous devons être plus créatifs, faire davantage avec moins de mains, repenser nos méthodes de travail et la façon de faire du business, avec par exemple des ateliers, de la pédagogie auprès du consommateur.

Une exigence de qualité

Les futurs mariés recherchent chez le fleuriste de la qualité et du service car bien évidemment la dimension la plus importante se trouve à la fin du processus, lors de la livraison le jour de l’événement, rappelle J. LEWIS GIBSON.

Perspectives du marché du mariage

Durant le webinaire, les intervenants n’ont pas manqué de faire part de leur enthousiasme et de celui de l’ensemble des professionnels de la fleur, compte tenu de la perspective d’une forte augmentation du nombre de mariages (suite aux nombreux reports) l’an prochain. Le retour des salons professionnels est également bien accueilli. Le contact humain étant très important dans la relation B to B mais aussi bien sûr le contact avec le végétal, pouvoir sentir les fleurs, indique Filippo FACCIOLI (un des organisateurs du salon international MyPlant&Garden en Italie).

« Il n’y a pas de mariages sans fleurs, mais aussi sans bonne logistique », conclut Tim BRIERCLIFFE, secrétaire général de l’AIPH.

Sources : FloralDaily, The future of wedding flowers: “The budget continues to increase”, Tue 26 Oct 2021.

"Scent with love: matchmaking global cut flower growers with the wedding industry", Webinar AIPH / FloraCulture International, Flower Academy, 25/10/2021.

Rachel WAKEFIELD, FCI matchmakes the wedding flowers market altogether in a global webinar, AIPH, 02/11/2021.

En savoir plus

 

Octobre : la filière marquée par les pénuries et l'inflation

L’augmentation du prix de l’énergie impacte la production et la distribution dans la filière horticole à travers le monde. En Europe, les règlementations liées aux enjeux climatiques nécessitent une stratégie claire.

Les salons professionnels reprennent avec quelques changements notables post-crise.

Fortes pressions dans le monde autour de l’énergie

De même que très peu de gens avaient prévu l’ampleur de la pandémie, très peu de gens ont su prévoir l’ampleur de l’envolée des prix de l’énergie, particulièrement celle du gaz. Pour la production néerlandaise, il y a un an, le prix du gaz était de 0,20 € le m3, il est actuellement près d’1,20 € le m3. Le phénomène est conjoncturel et politique. Le gisement de Groninge dans le nord de la Hollande est épuisé, les plateformes en Norvège sont à l’arrêt pour rénovation, le gaz liquéfié en provenance des Etats-Unis ou d’Afrique du Nord est capté sans limitation de prix par l’Asie, surtout par la Chine. L’Europe reste donc très dépendante de la Russie qui réduit ses livraisons principalement pour des raisons politiques.

L’augmentation du prix de l’énergie et les perturbations de la logistique mondiale provoquent d’autres explosions de tarifs en chaîne : engrais azotés, prix des transports, plastiques, intrants de culture, matériel de construction de serres. Dans toute l’Europe, les producteurs cherchent à trouver un équilibre entre diminution de la consommation d’énergie et conservation d’une qualité acceptable pour répondre à la demande. Les détaillants vont devoir répercuter ces augmentations de prix en espérant que l’engouement pour les fleurs et plantes occasionné par la pandémie ne soit pas cassé par les hausses de prix qu’ils vont devoir appliquer.

Une demande qui continue de dépasser l’offre

L’offre de fleurs et plantes est insuffisante pour satisfaire la demande en Europe, au Royaume-Uni, en Amérique du Nord, et même en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui change radicalement les rapports de force entre production et distribution. Les pépinières d’Europe doivent faire des choix qu’elles n’ont jamais eu à faire pour gérer la pénurie : quels clients servir? Et sur quels critères? Le relationnel client, le prix, la solvabilité? Les demandes de réservation pour le printemps 2022 dépassent déjà les quantités qui seront disponibles.

Brexit et mesures environnementales

Le Royaume-Uni, suite au Brexit, est l’exemple très préoccupant de ce qui pourrait arriver en Europe si la crise d’approvisionnement se poursuit : retard de livraison conséquents, rayons vides, pompes à sec, prix non maitrisables, main-d’œuvre insuffisante, avec en plus un regain de crise Covid. En Irlande, les producteurs horticoles, manifestent devant le Parlement. Cette manifestation met en évidence les défis actuels liés à la récolte de la tourbe horticole très règlementée et à son rôle central pour la filière. Les producteurs sont maintenant entièrement dépendants de la tourbe importée transportée dans des conteneurs qui n’arrivent pas.

Pour prévenir les effets de règlementations trop brutales, les organisations professionnelles dans tous les pays d’Europe vont devoir se mobiliser pour défendre leurs ressortissants contre des décisions environnementales précipitées par la pression climatique et sociétale. Elles doivent afficher une stratégie clairement communiquée et datée sur les principaux sujets qui affectent les filières horticoles : empreinte CO2, plastiques, tourbe et substrats, protection des cultures. Ces sujets auraient tout intérêt à être abordés à un niveau supra national.

Le retour des salons professionnels

Les mois de septembre et octobre 2021 ont marqué le retour des salons sous forme mixte, en présentiel et en ligne. Tous ont été des succès affichant la puissante dynamique des filières horticoles : Green is Life (Pologne), GreenTech (Pays-Bas), Groot Groen + (Pays-Bas), Iberflora (Espagne). Mais le style a changé : plus petits stands, plus d’espace et de moments de rencontre et d’échanges, des communications bien médiatisées sur les grands thèmes, la création d’une communauté virtuelle et réelle agrégée autour de l’évènement. Les nouvelles technologies de production, l’innovation variétale pour adapter les végétaux aux changements climatiques, la gestion de la donnée pour la production, la logistique ou le marketing ont la part belle dans tous les concours de nouveautés de cette année.

 

Les braises de la Covid ne sont pas encore tout à fait éteintes que la grande question du moment, dans pratiquement tous les pays, est l’équilibre à trouver entre le calcul d’un prix de vente particulièrement difficile à déterminer au vu de la volatilité des tarifs et le seuil d’acceptabilité de ce prix par les consommateurs, certainement bien disposés, mais qui ont également leurs limites de pouvoir d’achat.

Brand WAGENAAR

Septembre : La préoccupation environnementale prend la place de la préoccupation pandémique

Alors qu’à travers le monde, la filière horticole continue d’être affectée par des bouleversements d’offre et de demande suite à la pandémie, deux sujets marquent particulièrement l’actualité : l’engagement environnemental des entreprises et le manque de main-d’œuvre. Parallèlement, dans différents pays, les relations entre les maillons de la filière évoluent pour mieux faire face aux défis à venir.

Après dix-huit mois d’une pandémie mondiale, l'industrie de l'horticulture ornementale se retrouve dans une situation inhabituelle et assez contrastée selon les acteurs de la chaîne d'approvisionnement et selon les continents. Dans certains pays, les producteurs ont du mal à répondre à l'énorme demande de plantes d'intérieur et de jardin, stimulée par de multiples confinements et de nouvelles règles de « travail à domicile ». Dans d'autres pays, l'effondrement du marché de l'événementiel, des évènements d’entreprise aux évènements familiaux (célébrations, mariages, funérailles), a poussé de nombreux acteurs des filières à lutter pour leur survie. De plus, les flux et coûts logistiques peinent à revenir à la normale.

Priorité à la lutte contre le changement climatique

La lutte pour diminuer l’impact du changement climatique prend progressivement la place de la pandémie dans l’actualité ; elle impose de nouvelles règles, de nouvelles contraintes. La mesure de l’empreinte carbone de toutes les activités et de tous les produits va devenir un élément de concurrence déterminant pour ceux qui vont savoir et pouvoir la mettre en avant. L’université de Wageningen (WUR) aux Pays-Bas a organisé un consortium pour arriver à une norme uniforme standardisée (baptisée Hortifootprint) s'inscrivant dans le programme de la Commission européenne qui, depuis 2010, élabore ce type de normes pour 19 catégories de produits (produits laitiers, fruits et légumes, peinture, détergents...).

Pénurie de main-d’œuvre

La seconde grande préoccupation de cette rentrée, pratiquement dans tous les pays, est le manque cruel de main-d’œuvre, qualifiée ou non. Les acteurs du secteur logistique font leur possible pour trouver des chauffeurs. En production, dans tous les pays en Europe et en Amérique, le manque de main-d’œuvre qualifiée est préoccupant et la mobilité de la main-d’œuvre d’appoint s’est grippée. L’introduction et la progression des techniques high-tech en production change rapidement le niveau des compétences attendues. Pourtant, les métiers verts redeviennent attractifs, la pénibilité de ces métiers peut être contournée par les progrès très rapides de l’Intelligence Artificielle et de la « cobotique ». Toutefois, dans tous les pays, les besoins en formation pour adapter les salariés à ces nouvelles méthodes sont nombreux et urgents. Autre préoccupation en Europe : le peu de candidats à la reprise des entreprises pour en assurer la continuité.

De bonnes dispositions

Moins visibles mais plus prometteuses, les évolutions des relations entre les différents maillons des filières. Entre la production et la distribution, de nouvelles relations s’installent. Les difficultés logistiques et le manque de produits en sont la principale raison, mais on constate aussi une ouverture certaine à la recherche de situation gagnant-gagnant pour faire face aux nombreux défis à venir. Par ailleurs, les métiers de la finance regardent maintenant l’ensemble des filières ornementales avec bienveillance, mais surtout avec un intérêt croissant pour les multiples solutions que propose le végétal pour atténuer les conséquences du changement climatique.

Pour l’horticulture, les autres grands défis sont :

-Les recherches concernant le remplacement de la tourbe par des matières premières durables et renouvelables. Ce sujet fait l’objet de beaucoup de colloques et de réunions avec les instances gouvernementales pour tenter d’obtenir des moratoires, permettant de gagner du temps pour la mise en place de nouvelles solutions.

- Les recherches d’alternatives aux plastiques vont aller plus loin que le seul remplacement par d’autres matières et elles vont aussi remettre en question la disparité de dimensions des contenants pour l’optimisation du recyclage, de la réutilisation des contenants et l’automatisation des opérations de manutention. En effet, peu d’entreprises de l'industrie ornementale utilisent les dimensions universelles ISO 60 x 40 cm ou 30 x 40 cm. C'est la norme CC/DC pour les caisses ornementales 31 x 56 cm qui est utilisée. Pour optimiser, il faudra simplifier, sur quelles dimensions ?

Les pénuries de matières premières et de fournitures vont impacter les producteurs mais aussi les constructeurs de serres, pénalisant ainsi durablement la mise en œuvre des nouveaux projets. Par le passé, les constructeurs de serres étaient concurrents, mais poussés par les difficultés d’approvisionnement, ils s’engagent maintenant dans une concertation pour échanger leurs données de conception et de réalisation dans un système commun appelé Hortivation Hub.

Brand WAGENAAR.

Retour sur Cultivate'21

Développer une stratégie en matière de merchandising visuel, favoriser l’environnement à travers l’alimentation des pollinisateurs, augmenter la valeur perçue du végétal…. Voici quelques-uns des conseils apportés par les intervenants de la dernière édition du salon américain Cultivate de la filière horticole.

 

La dernière édition de Cultivate, plus grand Salon américain consacré à la filière horticole, s’est tenue au mois de juillet. Lors de conférences, les intervenants ont donné un aperçu de la situation des secteurs, des tendances dont certaines concernent également la filière française.

Parmi les interventions présentées dans Garden Center Magazine :

1. « L’art du merchandising visuel1 » par Joe BAER, co-fondateur et CEO de ZenGenius

« Après les plantes, l’élément n°1 que les jardineries peuvent offrir aux clients est l’expérience d’achat. » Il s’agit de favoriser la vente, célébrer nos produits, services et nos marques. » Rappelons que d’après une étude Kantar pour VAL’HOR et FranceAgriMer, 67% des consommateurs français considèrent que la jardinerie est un lieu d’inspiration.

  • identifiez vos cibles
  • mettez en œuvre ensemble une stratégie, planifiez-la
  • testez la stratégie et observez le résultat

 

2. « Se mettre dans la tête des jardiniers amateurs » par Bridget BEHE, de l’Université d’Etat du Michigan

Le docteur Bridget BEHE, professeur de marketing appliqué à l’horticulture, a présenté les conclusions d’une étude faite durant l’été 2020 auprès de 1 200 personnes de différentes générations (Génération Z, Millennials et Baby Boomers2) ayant ou n’ayant pas jardiné au début de la crise sanitaire.

« Les plantes sont devenues un refuge pour les personnes cherchant à améliorer leur santé de différentes façons. »

« Ce qui a poussé les consommateurs à jardiner ne fut pas tant le résultat final mais d’autres motivations, telles que recréer du lien avec les autres, sortir de l’ennui et améliorer sa santé (en cultivant sa propre nourriture). »

B. BEHE partage quelques idées pour répondre à ces attentes du consommateur :

Plantes comestibles : Aidez le consommateur à produire ses fruits et légumes en favorisant le dialogue. Dans les supports marketing, montrez des personnes représentatives des groupes d’âge et appréciant les plantes que vous avez.

Amélioration du lieu de vie :

  • apportez une dimension artistique aux contenants
  • associez différentes catégories de produits en mettant par exemple un arbuste à fleurs dans un pot ou des plantes aromatiques avec des fleurs et des plantes comestibles
  • favorisez l’environnement à travers l’alimentation des pollinisateurs
  • optez pour des contenants permettant un assemblage de différentes façons

Dimension sociale du végétal : Il ne s’agit pas d’une base de clients mais d’une communauté. Cet esprit de communauté en ligne autour des plantes ne s’affaiblit pas. Nous devons maintenir l’engouement du consommateur, cette tendance, explique B. BEHE.

 

3. « Le grand casse-tête » par Charlie C. HALL, Economiste, Professeur à l’Université A&M du Texas

« Les coûts des intrants augmentent, nous allons donc avoir besoin d’augmenter les prix pour maintenir les marges. La manière de le faire est d’augmenter la valeur perçue du végétal à travers le marketing, qu’il s’agisse des bienfaits économiques, des bienfaits sur la santé, de l’expérience d’achat ou encore des effets sur la qualité de vie. » Charlie C. HALL explique que les consommateurs ont davantage dépensé en plantes d’intérieur, prestations de paysage et fleurs quand ils étaient contraints de rester chez eux, mais que cette dépense ne se maintiendra pas au même niveau. D’où le rôle des professionnels du végétal de continuer à communiquer sur les bienfaits des plantes.

 

4. De la crise à l’innovation

Enfin, parmi les intervenants, Katie DUBOW, Présidente de Garden Media Group, est venue présenter les tendances 2022 du jardin, révélées dans le rapport annuel « Garden Trends Report » du groupe. Ces grands enseignements feront l’objet d’un dossier spécial diffusé dans un prochain numéro d’En Quête de Vert.

 

1Optimisation visuelle de l’espace en point de vente

2En France, la Génération Z correspond aux personnes nées entre 1997 et 2010, les Millennials correspondent à ceux nés entre 1984 et 1996 et les Baby Boomers sont nés entre 1943 et 1960.

Sources : Kate SPIRGEN, Get inside gardeners’ heads, Garden Center Magazine, 07/12/2021.

Kate SPIRGEN, The Great Conundrum, Garden Center Magazine, 07/13/2021.

Julianne MOBILIAN and Kate SPIRGEN, Together again, Garden Center Magazine, 08/09/2021.

En savoir plus

 

Hausse des exportations françaises de fleurs et plantes vers le Royaume-Uni au 1er semestre 2021

Sur le marché britannique des végétaux, le premier semestre 2021 a été marqué par la mise en place, à partir de janvier, de mesures commerciales dans le cadre du Brexit mais aussi par une demande en fleurs et plantes particulièrement forte.

15% d’augmentation des exportations françaises au premier semestre 2021 par rapport à 2020

Sur l’ensemble des catégories de végétaux (bulbes, fleurs coupées et feuillages frais, plantes d’intérieur, d’extérieur, arbres, arbustes), les exportations françaises ont cru en valeur de 15% par rapport à 2020 et de 0,5% par rapport à 2019. Les exportations françaises de végétaux vers le Royaume-Uni sont composées à 97% de plantes d’extérieur (87% en 2019) et le premier semestre représente 69% des exportations annuelles (donnée 2019). Derrière l’évolution globale au premier semestre 2021 se cachent des évolutions différentes selon les catégories : en valeur, les exportations françaises de plantes d’extérieur vers le Royaume-Uni augmentent mais celles des autres catégories diminuent.

Le Brexit impacte l’activité des entreprises britanniques

D’après Brand WAGENAAR, expert en horticulture internationale « Le Royaume-Uni connaît actuellement une forte demande intérieure en végétaux et de grosses difficultés de production, notamment en raison d’un manque de main-d’œuvre. Les Pays-Bas qui connaissent aussi une hausse des exportations vers le Royaume-Uni en 2021 ne pouvant répondre entièrement à la demande du Royaume-Uni, ce dernier se tourne vers la France. »

Du côté du Royaume-Uni, les exportations de plantes vers l’Union européenne ont diminué de 39% tandis que celles vers le reste du monde sont restées relativement stables.

Sources : Direction générale des douanes, FranceAgriMer.

Ron VAN DER PLOEG, Impact of Brexit sees the horticultural business export almost 40 per cent fewer plants to EU, Floraculture International, 15/08/2021.

 

Mois de juillet /août : l’actualité horticole internationale au fil de l’été

Les évolutions météorologiques atypiques et la résurgence de la Covid avec le variant Delta ont profondément marqué l’évolution horticole internationale durant cet été.

A l’ouest du continent américain et au sud de l’Europe, une canicule destructrice et persistante perturbe profondément l’activité et provoque des incendies majeurs. En Europe de l’Ouest et Europe centrale, des orages et précipitations anormalement fortes ont provoqué des inondations catastrophiques avec un temps plus automnal qu’estival. Dans l’hémisphère sud, au Brésil et en Afrique du Sud, ce sont les records de froid qui ont perturbé l’activité.

La Covid qui semblait avoir lâché prise en juin ressurgit en quatrième vague en juillet et en août avec son variant Delta dans toutes les parties du monde.

Les conséquences sur l’horticulture sont importantes. La production est perturbée depuis le printemps 2020. Pour commencer, il a fallu jeter en mars et avril 2020 ce qui n’était pas vendu, puis la demande a largement dépassé l’offre en mai, juin et juillet. Pour un bon nombre de produits, surtout en pépinières, les stocks n’ont pas eu le temps de se reconstituer, car la demande est restée soutenue au printemps 2021. Les conditions météo très difficiles et le manque de main-d’œuvre causé par la résurgence pandémique ne favorisent pas le retour vers une production suffisante et retardent le rééquilibrage de l’offre et de la demande, même si cette demande s’est un peu tassée à cause des difficultés météorologiques de cet été.

Sur le marché de la fleur coupée, les problèmes logistiques et climatiques pénalisent la production malgré une reprise des évènements

En ce qui concerne les fleurs coupées, les difficultés logistiques persistantes, l’augmentation significative des coûts de transport et la détérioration des conditions climatiques ont pénalisé les producteurs en Afrique de l’Est et en Amérique centrale, principales sources de fleurs coupées importées. Dans le même temps, les évènements reprennent progressivement, donnant une chance certaine aux productions locales. Celles-ci sont vivement encouragées par des campagnes de communication générique, par exemple en Irlande et aux Etats-Unis.

Offre insuffisante de produits de pépinières par rapport à la demande

En ce qui concerne les pépinières, les problèmes sont bien différents. En raison d’un très bon printemps 2021, la demande supérieure à l'offre a généré des prix élevés pour toutes les espèces d’arbres et arbustes. Les nouvelles productions pour l'automne prennent plus de temps que les autres années, en raison du froid du printemps et du temps gris et pluvieux de l’été en Europe. Par ailleurs, le manque de main-d’œuvre disponible en raison des mesures sanitaires Covid n’a pas facilité les remises en culture. Aux Pays-Bas et en Allemagne, les professionnels sont obligés de servir temporairement les clients avec des espèces alternatives, car beaucoup de variétés ne sont plus disponibles. Si la consommation «ornementale» des particuliers reste soutenue et si la consommation «fonctionnelle» des institutions se poursuit, il va y avoir un manque considérable de produits, de variétés et de tailles dans toute la production européenne d'arbres.

Pour les plantes d’extérieur, vivaces, bisannuelles et annuelles, les évolutions de concentration et de consolidation des entreprises d’obtention et de production se poursuivent dans tous les pays d’Europe et d’Amérique du nord. D’importantes structures de production s’installent, mettant en avant les technologies les plus récentes afin de pouvoir afficher un bilan carbone le plus faible possible.

Dans tous les pays de production horticole, les principaux défis à venir se ressemblent : adapter les cultures et les assortiments aux changements climatiques, organiser une gestion préventive des déchets plastiques, trouver des substrats de substitution pour palier à la raréfaction progressive de la tourbe, faire face à la réglementation accrue visant à restreindre l’usage des produits phytosanitaires.

Les prix restent soutenus dans un marché porteur, les coûts de production augmentent très rapidement. La rentrée devra trouver un équilibre entre le maintien de prix de vente rémunérateurs et la maîtrise des augmentations des coûts de production et de commercialisation.

Brand WAGENAAR.

Retour sur le webinaire FloraCulture International sur la tendance des plantes d’intérieur

Comment capitaliser sur le succès actuel des plantes d’intérieur ? C’est la question à laquelle le webinaire organisé par le magazine FloraCulture International avec le soutien de l’AIPH le 30 juin avait pour ambition de répondre.

 

Une période très favorable 

La filière profite aujourd’hui d’un fort engouement des consommateurs pour les plantes, qui s’est renforcé avec la pandémie et avait déjà débuté avant la crise pour le cas des plantes d’intérieur. D’après Joseph ROBERTS, de ForemostCo Inc (Etats-Unis) qui avance une hausse des ventes du secteur de 25% au premier trimestre 2021 par rapport à l’an dernier, « il faut non seulement réfléchir à la façon dont nous gardons ces nouveaux consommateurs mais aussi la façon dont nous répondons à cette demande ».

Leo de VRIES de KP Holland (obtenteur), convaincu que ce haut niveau de demande se maintiendra, estime que c’est une bonne période pour investir dans des aménagements supplémentaires pour fournir à la fois de la quantité et de la qualité.

Deux enjeux à ne pas négliger : le niveau de production et le prix

« Il y a toujours des économies d’échelle associées à l’augmentation de la production mais il y a aussi un risque de surproduction ». « Nous devons regarder avec attention l’évolution des prix, compte tenu de la demande, mais d’une manière durable afin de rester compétitifs », rappelle J. ROBERTS. Si répondre à la demande constitue le défi de court terme, celui de long terme sera de garder tous ces nouveaux clients. Pour durer, il est essentiel d’être reconnu de façon sérieuse pour dépasser l’effet de mode (J. ROBERTS).

Des attentes sociétales qui influencent le secteur

L’enjeu du développement durable et celui du local ont également été abordés lors du webinaire. D’après J. ROBERTS, il convient désormais de chercher à concevoir une chaîne de valeur durable. Le marché de demain ne sera pas entièrement local mais certaines productions pourront l’être, en particulier grâce à la technologie.

L'opportunité d'une coopération tout au long de la chaîne de valeur

Il est nécessaire de bien comprendre le comportement des consommateurs pour que la filière puisse prendre les bonnes décisions. Il serait profitable aussi d’agir collectivement. « La coopération dans la chaîne de valeur est importante pour bien répondre à la demande. », souligne Leo de VRIES. Il convient également de mener des actions collectives pour promouvoir les plantes. L’amélioration du partage de l'information et la communication au sein de la chaîne de valeur contribueront aux pratiques écoresponsables, à la réduction de la perte de fleurs coupées, à la réduction de l’usage du plastique et autres ressources, avance Alice VAN VEEN de chez Royal Lemkes (Pays-Bas). La transparence dans la chaîne de valeur aidera à améliorer la perception du consommateur en matière de développement durable et de qualité des végétaux. Dans ce contexte, le marketing et ce qui contribue à raconter une histoire autour du végétal sont particulièrement opportuns, ajoute A. VAN VEEN.

Un rôle reconnu des réseaux sociaux dans la promotion de la filière

Nous bénéficions du succès d’Instagram car les plantes sont très visuelles et cela nous permet d’attirer de jeunes consommateurs, explique Michael PERRY, fleuriste et influenceur britannique (Mr Plant Geek). Il est important de rendre le végétal facile et chaque petit projet réalisable, par des conseils pour éviter les échecs. En outre, ces nouveaux consommateurs représentent une véritable opportunité d’évolution pour la filière car il est plus facile de changer de stratégie d’entreprise avec les nouveaux consommateurs qu’avec les anciens, ajoute M. PERRY. De VRIES recommande à la filière d’utiliser davantage les médias sociaux pour communiquer auprès des consommateurs en partenariat avec des influenceurs. « Le cycle de création de nouvelles plantes est plus long que celui des tendances de court-terme sur Instagram. Nous avons besoin de jouer un plus grand rôle pour influencer ces tendances ».

Sources : FloraCulture International, Webinar ‘How to capitalise on the recent houseplant trend’?, 30/06/2021.

Spence GUNN, Between pandemic and plantdemic, 05/07/2021.

 

Résumé du webinaire FloraCulture International (en)